Cela faisait seize ans que l’île Maurice attendait ça. Seize ans qu’elle attendait de vibrer de nouveau à l’unisson au doux son des Jeux des Îles.

Réputé pour sa ferveur nationale, le peuple mauricien est au rendez-vous en ce jour d’ouverture au stade Anjalay. Les bouchons gratinés qui en découlent en sont la preuve irréfutable. Mais petit à petit, l’enceinte se remplit en attendant d’assister au défilé des délégations.

Dehors, l’impatience est elle aussi palpable dans le camp des acteurs. Ça trépigne, ça chante, ça crie… Le clan 974 est déjà installé depuis belle lurette à l’entrée du stade. Les basketteurs mettent l’ambiance. Les athlètes ne sont pas en reste. Juste devant, la fanfare de la police nationale a sorti ses habits du dimanche en ce vendredi à marquer d’une pierre quadricolore pour le sport mauricien. Mais à quelques instants d’entrer en scène, alors que l’hymne mauricien résonne dans le stade, une pluie glaçante vient casser le délire.

Dans les rangs de La Réunion, ça s’éparpille, façon puzzle. Et même les policiers mélomanes finissent par se carapater un à un, leur trombone sous le bras. La cérémonie d’ouverture est en train de partir en sucette. Les gradins se vident à leur tour et tout le monde scrute désormais le ciel en espérant une clémence divine. Dieu étant grand et l’averse pas tant que ça, la délégation 974 reforme les rangs, le brass band from Mauritius aussi et la véritable cérémonie peut enfin démarrer. Halleluia !

Diplomatie, mon amie

Réunion, Comores, Madagascar, Seychelles, Maldives… Les nations se succèdent et l’on attend désormais avec impatience de voir sous quel drapeau Mayotte va faire son apparition. Il y a quatre ans, au stade olympique de Saint-Paul, les dirigeants comoriens avaient moyennement goûté que le clan mahorais défile sous les couleurs bleu-blanc-rouge, qui sont pourtant les leurs. Un épineux problème diplomatique vieux comme le monde, cette fois-ci habilement contourné. Mayotte arbore le drapeau des Jeux à l’île Maurice. Sa majesté Azali Assoumani étant présente dans les tribunes, tout le monde respire un grand coup.

Les centaines d’athlètes réunis sur le pelouse d’Anjalay, ainsi que les quelque milliers de spectateurs présents pour cette cérémonie d’ouverture à guichets fermés, attendent désormais LA star de la soirée, à savoir la flamme des Jeux. Plus attrayante que les discours politiques interminables qui l’ont précédée, Dame Flamme embrase le stade comme prévu. Et un feu d’artifice vient ponctuer son arrivée en beauté. Les Jeux sont officiellement ouverts.

Officiellement seulement. Car les footballeurs et les nageurs, qui ne font rien comme tout le monde, avaient déjà entamé les hostilités. Jeudi, les « manchots » réunionnais ont étrillé les Maldives (4-0) en ouverture du tournoi de foot. Et quelques heures avant la cérémonie d’ouverture, la natation péi avait ouvert en fanfare le compteur des médailles en décrochant quatre breloques en or d’entrée. Alizée Morel et Ambroise Petit ont régné sur le 400 quatre nages et les deux relais 4×100 ont triomphé dans les eaux de la bien nommée piscine de Côte d’Or, plaçant La Réunion en tête au tableau des médailles. Pourvu que ça dure…

Ravanne Legentil
Photos: Tonio Baracchini

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

1 COMMENTAIRE

  1. Belle ambiance malgré la pluie qui s’est invitée…. bonne chance et que les meilleurs gagnent… Allez La Réunion ?

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