Le « Chinois volant » a ménagé un sacré suspense tout au long des six épreuves de l’année écoulée. Et confirmé qu’il était bien le meilleur pilote péi actuel à la faveur d’un doublé acquis de haute lutte… pour 17 petits centièmes de seconde !

Le 16 décembre dernier, lorsqu’il remporte le Rallye des 1000 km de l’ASA Sud pour 17 petits centièmes de secondes devant Christophe Vassor et coiffe son adversaire sur le fil pour s’adjuger un deuxième titre de champion de La Réunion, Thierry Law Long se dit qu’il a fait encore mieux que Sébastien Ogier, vainqueur du 87e Rallye de Monte-Carlo, un mois plus tard, pour deux petites secondes sur le Belge Thierry Neuville. Mieux en terme comptable et encore mieux en terme de suspense. Car le pilote de la Skoda Fabia R5, épaulé par le précieux Jean-François Law Man Too, était encore en retrait de 93 centièmes avant l’ultime spéciale, déterminante pour le titre régional.

Et si l’on considère que la pénalité de liaison de 40 secondes infligée en début de rallye avait pu paraître rédhibitoire, on mesure l’ampleur de l’exploit. Un exploit que l’intéressé a tenu à relativiser sitôt le drapeau final baissé : « Christophe [Vassor] méritait ce titre tout autant que moi, avouait-il au micro des reporters. On avait prédit que ça allait se jouer à très peu de choses et ça a été le cas. » Associant son adversaire malheureux aux éloges d’usage, le « Chinois volant » avait pourtant conscience d’avoir accompli une saison extraordinaire.

Auteur d’un départ « canon » avec trois victoires de rang (rallye de l’Est, rallye Réunion Sud et Tour Auto, sans doute une première dans les annales de l’île pour un pilote péi), l’Etang-Saléen disposait à mi-championnat d’un matelas qualifié de « confortable » par notre confrère du Quotidien Charles-André Bigot. Modeste, le champion en titre ne fanfaronnait pourtant pas plus que cela : « Cette marge de manœuvre de me donne pas le droit de ‘faire le couillon’. En menant de bout en bout [lors du Tour Auto], et en signant 9 temps scratch sur 13 spéciales, on a mérité notre victoire. » Une victoire qu’il avait dédiée à « toute [son] équipe, également à l’expérimenté Jo Merlo, « avec lequel je collabore depuis quatre ans maintenant ».

La saison 2019 s’annonce haute en couleur

Le retour de bâton redouté était au rendez-vous. Alors pointé à la quatrième place du classement provisoire du championnat fin juillet, l’autre pilote d’une Fabia RS R5, l’Etang-Saléen Chistophe Vassor, entamait un retour tonitruant. Deux victoires de rang – rallye national de Bourbon en septembre et rallye national RC Sport-NTR en octobre – le propulsaient en tête du classement provisoire alors que la mécanique si bien huilée de Thierry Law Long manifestait des ratés inquiétants avec un abandon et une deuxième place lors de ces mêmes épreuves. Un peu à l’image de la saison 2017 où le trentenaire avait terminé au rallye de la Plaine des Palmistes avec une belle pression à gérer. Ça n’était rien comparé à celle de l’ultime épreuve 2018 dans le Sud de l’île face à un Christophe Vassor revigoré.

La saison 2018 s’annonçait palpitante avec pas moins de six bolides « R5 » engagés en début d’année. Les effets de cette concurrence accrue – Law Long avait réceptionné sa Skoda Fabia sur le tard après avoir vendu sa 207 S2000 qui lui avait permis de remporter son premier titre en compagnie de Bertrand Bonneau – ont donc été palpables. La saison 2019 ne s’annonce pas moins passionnante avec le premier rallye au programme, le 6 avril prochain, rallye régional de la ligue de sport auto, affublé du coefficient 2. Puis arriveront traditionnellement le rallye national (mai), le Tour Auto (fin juillet), le rallye national de l’Asa Bourbon, le rallye régional de l’Asar et, pour terminer fin novembre-début décembre, le rallye des 1000 de l’Asa Sud. Un suspense ménagé en six épisodes qui, on l’espère, versera dans une dramaturgie aussi intense que l’année écoulée. Pour le plus grand bonheur des aficionados de plus en plus nombreux sur le bord des routes péi…

Texte: Jean Baptiste Cadet
Photos: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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