Le 24 mai 2020, le Ministère des Sports a édité un guide qui regroupe les préconisations pour la reprise des activités sportives tout en respectant le protocole sanitaire de lutte contre le Covid-19. Sous le titre “guide spécifique pour proposer des pratiques alternatives aux sportifs, aux associations, aux clubs des sports de combat, des sports collectifs et des sports en salle”, le document reprend les mesures à adopter jusqu’au 2 juin, date à laquelle, nous devrions entrer dans la phase 2 du déconfinement. Si tout se passe bien. Et qu’une éventuelle deuxième vague de coronavirus ne vienne perturber la reprise des activités sportives tant attendues dans leur intégralité.

Issu des travaux d’un groupe de médecins du Conseil national professionnel associé de médecine du sport élargi à des experts d’autres spécialités médicales, mandaté par le ministère des Sports, ce guide a pour objectif de faire des recommandations sanitaires relatives à la reprise sportive post confinement en lien avec l’épidémie du Covid-19, pour l’ensemble des sportifs dans une première partie et pour les sportifs professionnels et les sportifs de haut niveau dans une deuxième partie. Cette distinction se justifie par le fait que ces derniers bénéficient déjà en temps normal d’une surveillance médicale obligatoire au regard de la spécificité de leur pratique comportant un important volume d’activité et généralement des exercices à haute intensité.

Ces recommandations résultent des conséquences potentielles sur l’organisme d’une infection par le virus SARS-Cov-2 et/ou du confinement prolongé, prenant en considération les spécificités du domaine sportif qui concernent des « organismes vivant soumis à des exercices d’intensité variable, avec une forte promiscuité ».

Si le tropisme du virus semble assez ubiquitaire, il faut souligner que le poumon, les vaisseaux, le myocarde, le rein semblent avoir des scores de risque élevés. Le tropisme du virus pour les cellules endothéliales vasculaires explique aussi les effets sur les muscles striés squelettiques.

Ainsi chez le sportif, le risque cardiaque doit être pris en compte en sachant que tout ce qui est décrit actuellement est plutôt le fait des formes de Covid-19 les plus sévères (chez des sujets d’âge avancé et présentant des comorbidités), parfois moins marquées mais toujours avérées. Si l’on se réfère à ce que l’on sait des viroses saisonnières et vu la sévérité de l’épidémie, on peut craindre que certains sportifs « malades » ou « contact non symptomatiques » présentent un risque (myocardite et/ou péricardite). Le risque de myocardite virale, cliniquement frustre ou passée inaperçue doit être évalué, car les conséquences, potentiellement graves (augmentation du risque de mort subite liée à des troubles du rythme), surviennent plus fréquemment lors d’exercice à haute intensité. Un risque particulier de tachycardie sinusale (ou de bradycardie), assez spécifique des coronavirus, doit aussi être pris en considération.

En résumé, même s’il est difficile d’extrapoler à partir des résultats d’autopsie et des observations sur des patients hospitalisés pour des formes sévères, dont certains en réanimation, la sollicitation de l’appareil cardio-respiratoire lors de l’exercice, a fortiori intense, impose un principe de précaution vis-à-vis de cet appareil.

Au moment de la reprise, tout sportif présentant des signes ou des symptômes évocateurs d’une atteinte par le Covid-19* est isolé et pris en charge médicalement comme les sujets non sportifs atteints de Covid-19.

  1. Pour les personnes ayant contracté le Covid-19 (test RT-PCR positif et/ou images spécifiques au scanner thoracique et/ ou symptomatologie évocatrice d’une atteinte par le Covid-19), une consultation médicale s’impose avant la reprise (la reprise de l’activité physique peut être examinée lors des consultations médicales de suivi du patient Covd- 19). Celle-ci a pour objet de rechercher d’éventuelles complications liées à l’infection et de vérifier notamment l’intégrité de l’appareil cardiovasculaire et de la fonction respiratoire afin de s’assurer de l’absence de contre-indication à reprendre la pratique sportive. C’est le médecin qui autorise la reprise sportive et qui en fixe les modalités adaptées à l’état de santé du sportif.
  2. Pour les personnes contact d’un cas confirmé, pas de reprise d’activité sportive avant 14 jours ; une consultation n’est pas nécessaire ensuite si pas de symptôme développé pendant ces 14 jours. En cas de symptôme et confirmation Covid-19, voir le point 1.
  3. Pour les personnes pour lesquelles l’activité physique a été très modérée durant le         confinement et/ou présentant une pathologie chronique, il est conseillé de consulter un médecin avant la reprise ou le démarrage d’une activité sportive.
  4. Pour tous les sportifs, il est recommandé une reprise progressive de l’activité sportive afin de limiter les risques d’accident, notamment cardiaque, musculaires ou articulaires, car une longue période d’inactivité est associée à une altération de la fonction cardio- vasculaire, une perte musculaire et à une altération de la sensibilité profonde qui, pour les deux dernières, majorent le risque de chute lors des déplacements rapides ou sur terrain accidenté.
  5. La reprise d’activité physique doit être progressive en durée et intensité afin de réadapter le corps à l’effort (cœur, muscles, tendons) sans oublier l’hydratation habituelle lors de l’effort.

Dans tous les cas, il convient de toujours :

Arrêter impérativement toute activité physique et consulter rapidement un médecin devant l’apparition des signes d’alerte suivants :

  • douleurs thoraciques (dans la poitrine) ;
  • dyspnée : essoufflement anormal ;
  • palpitations : sensation que votre cœur bat trop vite ou irrégulièrement ;
  • variation anormale de la fréquence cardiaque au repos ou à l’effort ;
  • perte brutale du gout et/ou de l’odorat ;
  • fatigue anormale ;
  • température supérieure ou égale à 38° au repos à distance de l’activité ;
  • reprise ou apparition d’une toux sèche.

Respecter scrupuleusement les conditions et les modalités de reprise des aps fixées par le gouvernement en appliquant notamment les mesures barrières et les règles de distanciation physique :

Seules les activités sportives individuelles pratiquées en extérieur peuvent être autorisées en l’état actuel de l’épidémie.

Les activités sportives impliquant ou favorisant les contacts entre les personnes ne sont pas autorisées.

Les règles de distanciation physique (avis du 24 avril 2020 du Haut Conseil de la Santé Publique) sont les suivantes pour la pratique sportive :

  • il convient de prévoir entre deux personnes un espace sans contact au-delà de1m:
  • –  10m pour la pratique du vélo et de la course à pied ;
  • –  5m pour lamarche rapide;
  • –  1,50 m en latéral entre deux personnes ;
  • –  pour les autres activités, prévoir un espace de 4 m2 pour chaque participant.

Les mesures barrières doivent être maintenues :

  • Lavage fréquent des mains avec du savon ou du gel hydro alcoolique ;
  • Les collations et l’hydratation doivent être gérées individuellement (bouteilles personnalisées, etc.) ;
  • L’échange ou le partage d’effets personnels (serviette…) doit être proscrit ;
  • L’utilisation de matériels sportifs personnels est privilégiée, à défaut, le matériel sportif commun est nettoyé et désinfecté avant et après chaque utilisation ;
  • Le port du masque rend difficile la pratique d’un grand nombre de disciplines sportives. Il se justifie cependant dans certaines situations où les mesures de distanciation ne pourraient pas être strictement respectées.

Suivre les conseils suivants :

  • Respecter les 10 règles d’or des cardiologues du sport1
  • Ne pas prendre de paracétamol à titre préventif (risque de masquer la fièvre)
  • Ne pas prendre d’anti-inflammatoire y compris aspirine et ibuprofène sans avis médical
  • Ne pas s’automédiquer à l’hydroxychloroquine
  • Ne pas pratiquer seul dans des zones isolées et/ou difficilement accessibles par les secours
  • Surveiller sa température régulièrement au repos, à distance d’un exercice.

 

 

 

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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