Le sport au service d’un monde meilleur ou moins pire…

Il commençait à peine de se relever de ces mois de confinement qu’encore une fois le mouvement sportif doit stopper ses activités au nom de la lutte contre le covid-19. Pendant ce temps les centres commerciaux ne ferment pas eux ! Même si nous l’acceptons au nom de l’intérêt général et de la santé publique, subir un arrêt des activités à chaque accélération de la circulation du virus n’est pas non plus la solution. Il n’y a pas de solution miracle je le sais, mais ils y en existent et il est temps de porter la réflexion (tous les acteurs du sport) pour trouver des pistes de fonctionnement qui ne soient aussi radicales que ces interdictions à répétitions. Il y va de la survie du monde sportif, qui je le rappelle, n’est composé en grande partie que de bénévole et cette activité humaine et collective cimente la paix, la cohésion sociale et notre vivre ensemble. En effet le sport n’a ni dieu ni maître ni frontière ni couleur ni de rang social et n’a de limite que celle que l’on peut lui accorder.

Il est avéré que nous devrons vivre avec ce virus pour longtemps, il est donc aussi urgent de modifier notre mode de vie. Nous devons repenser nos pratiques sportives pour ne plus être montrés du doigt lorsque le nombre de cas augmente mais le sport doit être un enjeu majeur dans la lutte contre ce virus et un atout dans l’amélioration du capital santé de chacun. Pendant le confinement, beaucoup aspirait à un monde meilleur, aujourd’hui avec ces mesures de distanciation, de port du masque, ne plus s’embrasser pour dire bonjour… quel message éducatif allons-nous envoyer à nos enfants ! Quel citoyen allons-nous avoir demain ? si tous les processus de socialisation disparaissent…

A l’heure ou l’ONU et l’UE ont appelé tous les États à inclure le sport et l’activité physique dans leurs plans de relance post-COVID-19 et à intégrer le sport et l’activité physique dans leurs stratégies nationales en faveur du développement durable, nous on arrête tout. Le ministère des sports a disparu dans le dernier remaniement gouvernemental et le sport est noyé dans le ministère de l’éducation. Comme l’a écrit Marie-George Buffet dans sa tribune parue dans la presse, le sport ne se résume pas qu’à l’éducation !

L’agence nationale du sport qui a remplacé le CNDS et que le gouvernement a présenté comme la solution révolutionnaire pour la gestion du sport en France, n’a toujours aucune déclinaison à La Réunion alors que la loi n° 2019-812 du 1er août 2019 relatif à la création de l’ANS l’impose dans ses articles L 112-14 et L 112-15. Fermeture de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, mais toujours pas de Conférence territoriale du sport ni de Conférence des financeurs qui doivent être mises en place par le Préfet avec les acteurs locaux (collectivités, mouvement sportif, privé, État…). On est bien loin de l’ambitieux « Paris 2024 ». On est plus proche de la boite de Pandore et on se dirige vers un fiasco sportif et un désastre financier.

L’importance de rester actif est au cœur du protocole d’accord signé en mai entre le CIO et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), axé sur la promotion et la défense de la santé par le sport et l’activité physique. Les deux organisations se sont aussi associées aux Nations Unies pour lancer la campagne “En bonne santé ensemble”, mettant en avant l’action concertée et la collaboration mondiale qui doivent être de mise pour limiter la propagation et l’impact de la COVID-19.

Comme pour l’école qui ne doit pas fermer pour assurer la continuité éducative et pédagogique de nos enfants en repensant son fonctionnement et en s’ouvrant à son environnement, il est aussi important que la pratique sportive continue à jouer son rôle dans la société car le sport peut aider à sortir de la crise et à bâtir un monde meilleur sur le plan sanitaire, social et économique. Le sport joue un rôle capital dans la lutte contre la sédentarité qui est de nos jours la première cause de mortalité au monde. Il n’est plus à démontrer que la pratique physique et sportive est une thérapie non médicamenteuse et elle est même prescrite sur ordonnance. Le sport est un élément incontournable dans la socialisation des citoyens car l’apprentissage des règles sportives favorise l’acceptation des règles de la vie. Le sport crée des emplois, génère des activités commerciales, joue un rôle économique. Autant d’éléments essentiels à l’heure où le monde entier cherche à relancer l’économie et à retrouver la joie d’être.

A bon entendeur…

Photo Pierre MARCHAL

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Agé de 68 ans, jeune retraité de la pâtisserie, cet ancien sportif a abandonné le marathon suite à une blessure au niveau des lombaires. Marc Marie s’oriente alors en 1986 vers l’haltérophilie et la force athlétique. Champion de France en 1989 en – 82,5kg, champion d’Europe en 1990 dans la même catégorie, Marc Marie sera aussi vice-champion du monde en 1991 en Angleterre. Installé depuis 2003 à la Réunion, Marc Marie est président du club de karaté de Sainte-Marie (Karaté Contact), il est aussi secrétaire du club d’haltérophilie du CH La Plaine de Saint-Paul après avoir été président de la ligue pendant 8 ans.

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