C’est sans doute LA sensation de cette 20ième journée de Régionale 1 : La Tamponnaise, en R2 il y a 2 ans, a réussi à s’imposer sur la pelouse de la Jeanne d’Arc. Les hommes de Jean-Pierre Bade ont inscrit le but vainqueur dans les dernières minutes, et confirment leur 3ème place au classement. 

Bâtie sur les cendres de l’USST, la Tamponnaise est un jeune club qui n’a que 5 ans d’âge. Mais comme le disait si bien Corneille, la valeur n’attend pas le nombre des années, et Le Tampon illustre parfaitement ce vieil adage.

L’équipe fanion était promue en R1 l’an dernier, et nous avait déjà prouvé (en 2018) qu’elle pouvait espérer mieux que le maintien, et c’est ce qu’elle a réalisé de la plus belle des manières.

Mais visiblement, les Tamponnais sont insatiables, et veulent continuer leur progression.

Cette saison, La Tamponnaise confirme tout le bien qu’on pensait d’elle, et se bat pour finir sur le podium, qui l’eu crut en 2014, époque où la ville n’avait plus d’équipe, et que le stade Klebert Picard sonnait creux ?

Aujourd’hui, tout cela n’est qu’un lointain souvenir et la Tamponnaise a prouvé, avec cette victoire à Lambrakis, qu’elle fait désormais partie des “gros” du championnat.

Ce dimanche, les minots tamponnais ne se sont pas démontés, mais au contraire accrochés.

Après avoir ouvert le score, ils ont été rejoints, mais ont repris l’avantage juste avant le coup de sifflet final. (Un penalty transformé par Loïc Rivière).

Un scénario qui aurait déstabilisé bon nombre d’équipes, tant le contexte était difficile : Match à Lambrakis, dans un stade acquis à la cause de l’adversaire, et face à une formation expérimentée, composée d’anciens professionnels.

Pourtant, les joueurs tamponnais sont tout saufs des vieux briscards. Loïc Rivière, Sylvain Philéas, Matthieu Sarpédon…Tous ces joueurs étaient inconnus du grand public il y a 2 ans, mais sont en train de se révéler cette saison.  Le succès de cette équipe est sans doute le résultat du savant mélange entre jeunes et anciens : Ahmed Sakho a presque 40 ans, Bruno Calpin (le gardien) n’est plus tout jeune non plus, mais ces éléments sont aussi des pièces maîtresses dans le système mis en place par Jean-Pierre Bade. Des hommes qui encadrent la jeunesse, et qui sont certainement aussi importants que les bambins précédemment cités.

Le danger désormais ? Que ce trésor tamponnais soit pillé. Et oui, c’est une possibilité.

Que va t’il se passer si, dans quelques semaines, des clubs financièrement plus puissants viennent faire leurs courses dans la petite supérette sudiste ? On ne pourra pas l’empêcher, évidement, mais cette perspective n’est pas réjouissante pour La Tamponnaise, puisqu’il faudrait repartir presque de zéro.

Quoi qu’il en soit, ce club prouve que lorsque l’on n’a pas d’argent, on peut compenser cela par des idées. La formation est, depuis 25 ans, dans l’ADN des différents dirigeants.

Et qui sait ? Si les jeunes pousses partent, peut-être que d’autres vont éclore, et c’est tout bénef’ pour le football réunionnais.

Texte: Kevin PAYET
Photos: Pierre MARCHAL

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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