Josellito Bathilde est plus calisthenics, Mohamed Ali plus free style. Le Bénédictin et le Dionysien parlent de leur dada commun : le street workout.

Josellito, vous pratiquez le calisthenics street workout. Expliquez.

Josellito : Juste un peu d’étymologie pour comprendre. Calisthenic, ça vient de deux mots grecs qui signifient beauté et force. Street workout, c’est de l’anglais. Les deux associés, ça donne la discipline que je pratique aujourd’hui. Pour résumer, ce sont des techniques de musculation au poids de corps qu’on pratique n’importe où, à commencer dans les environnements urbains.

D’où vient le street workout ?

Josellito : Comme son nom l’indique, son origine est à chercher dans la rue, dans les quartiers défavorisés. Il est apparu à peu près au même moment aux Etats-Unis et en Europe de l’Est. C’est le contre-pied urbain du fitness pratiqué par des gens qui n’avaient pas forcément les moyens d’aller dans les salles de sport.

C’est également un des premiers sports à naître pendant la démocratisation d’Internet ?

Josellito : Oui. Les pompes et les tractions peuvent être très spectaculaires. Les vidéos ont afflué du monde entier sur YouTube. C’est aujourd’hui une discipline planétaire. Mes amis de Saint-Benoît et moi l’avons nous même connu sur le Net.

C’est par les réseaux sociaux que vous vous êtes rencontrés sur Saint-Benoît ?

Josellito : Oui. Nous sommes entrés en contact à travers nos posts sur Facebook . Avec Arnaud et Mathieu, nous avons la même vision de la discipline. Nous avons fait nos premiers entraînements communs sur les barres des chariots du Jumbo de Saint-Benoît.

Vous êtes des précurseurs à La Réunion ?

Josellito : Nous ne sommes pas seuls mais nous avons été les premiers à créer une team, la Bar-Lighting. De 2010 à 2013, on a multiplié les démos et les initiations pour essayer de développer la pratique ici.

Ca s’arrête en 2013 ?

Josellito : Chacun est parti de son côté faire ses études. Moi, j’ai choisi Staps au Tampon où je suis aujourd’hui coach dans une salle de crossfit.

Et le street workout ?

Josellito : Je m’entraîne beaucoup. J’essaie aussi de le promouvoir à travers l’organisation d’événements cette année comme le Strict Workout Battle au Tampon et le Bodyweight Day à Sainte-Marie. Je suis également parti à Londres rencontrer les Hardhitters, ce qui se fait de mieux à mon avis actuellement en street workout dans le monde.

A terme, c’est quoi l’idée ?

Josellito : Continuer et développer ma propre entreprise. J’ai plusieurs idées, je réfléchis.

Mohamed Ali, c’est votre vrai nom ?

Mohamed : Oui, avec un seul M.

On doit vous en parler très souvent.

Mohamed : Vous ne pouvez pas imaginer à quel point. Tous les jours.

OK, on passe à autre chose. Vous pratiquez le street workout en free style.

Mohamed : Notamment.

De quoi s’agit-il ?

Mohamed: C’est la version la plus acrobatique du street workout. On peut le pratiquer n’importe où. A titre d’exemple, on peut faire du free style en faisant des pompes ou des tractions. C’est à la portée de tout le monde.

Comment êtes-vous venu au street workout ?

Mohamed : J’ai commencé il y a quatre ans. J’étais scolarisé à Champ Fleuri où il y a pas mal de barres. J’ai vu les gens pratiquer. J’ai également regardé des vidéos sur Internet. J’y suis venu comme ça, au départ pour me muscler, tranquille, pour le fun. Puis je me suis vraiment pris au jeu.

Quel a été le facteur déclencheur ?

Mohamed : Une compétition à La Réunion que j’ai gagné l’an dernier et qui m’a qualifié pour une étape de la coupe du monde en Chine. Quand j’ai vu le niveau les vidéos des meilleurs mondiaux, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je bosse pour rivaliser avec eux.

Ca se passe comment à Pékin ?

Mohamed : an’ai beaucoup appris. Et puis j’ai pu perfectionner mon anglais, c’était aussi le but. Comme en mai dernier à Johannesburg. Malheureusement, je me suis blessé cinq jours avant la qualif’. J’ai juste encouragé mes camarades.

Votre avenir dans ce sport ?

Mohamed : J’aimerais pouvoir en vivre. Mais je vais déjà essayer de réussir mes études de Staps au Tampon. Sinon, je veux continuer à travailler sur l’insertion par le sport avec l’association Bek La Barre. Et je donne rendez-vous à tous le 9 juillet prochain pour une étape de qualification pour la coupe du monde freestyle au Port.

Interviews : Arthur Fontaine
Photos : Luc Ollivier

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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