Le Grand Raid de la Réunion est la fête du trail, une fête populaire. C’est ce qui rend cet événement sportif si exceptionnel. Durant 4 jours le peuple réunionnais vibre dans la foulée de chaque traileur, nous encourageant au son du Maloya, criant notre prénom, quelque soit l’endroit, quelque soit l’heure du jour où de la nuit. Cette ferveur est présente en continue.

Les familles qui patientent des heures avec le sourire, les mains endoloris d’un excès d’applaudissement, juste pour voir un ami, un collègue, un parent, passer, les traits marqués par l’effort.

Le Grand Raid c’est des paysages magnifiques, des panoramas à couper le souffle mais c’est surtout un esprit, une âme.

Courir sur des sentiers qui ont donné la liberté à nos ancêtres. Liberté, un sentiment qui au vu du contexte, ne fera sûrement pas parti de la recette de l’édition 2020.

Je me prépare depuis 3 ans pour vivre ma première Diagonale des fous, j’ai pu goûter par 2 fois à l’ivresse de pénétrer sur le stade de la Redoute après des heures d’effort et passer la ligne d’arrivée. 3 ans pour espérer toucher du doigt le Graal de tout traileur, encore plus en étant Réunionnais. Mais aujourd’hui je sais que si le Grand Raid se fait, l’esprit que j’aime tant ne sera pas là. Je ne passerais pas la ligne d’arrivée mains dans la main avec mes proches. Mon sourire sera caché par un masque…belle photo finish…

Je suis comme beaucoup de traileur aujourd’hui…en attente d’une décision qui ne vient pas. Des semaines que je cogite, mais au fond de moi j’attends que le Grand Raid soit annulé.

Le coeur n’y est pas, ça à assez duré ! Finalement cette décision je peux la prendre sans l’aide de Monsieur Chicaud ou de Monsieur le Préfet. Le Grand Raid ce n’est pas que l’impact économique, que l’impact touristique, c’est juste mon rêve…

Je ne prendrais pas le départ du Grand Raid Réunion cette année.

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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