Auditionné mercredi 4 novembre par la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat, Denis Masseglia, président du CNOSF, a pointé une nouvelle fois « le manque de considération » du sport français par la nation et le gouvernement.

 

Après l’annonce à Lima en septembre 2017 de l’attribution des Jeux Olympiques à Paris en 2024, Denis Masseglia à la tête du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) était convaincu que la place du sport dans l’organisation de la société française allait changer. « Nous pouvions nous attendre à un nouvel élan, une nouvelle impulsion, cela n’a pas été du tout le cas » a-t-il déclaré dans une introduction lors de son audition au Sénat. Pire, avec la crise liée au coronavirus, le sport n’apparait pas du tout comme une priorité pour la nation.

Le 26 octobre dernier, dans une lettre ouverte adressée au président de la République Emmanuel Macron, le CNOSF et 95 fédérations affiliées ont lancé un véritable cri de détresse tout en dénonçantune « stigmatisation aussi violente qu’infondée » du sport français. Un secteur d’activité qui représente environ « 2% du PIB » du pays. « Le ministère des Sports dispose d’un budget de 830 millions d’euros pour un apport évalué entre 10 et 12 milliards d’euros » a indiqué devant les sénateurs Denis Masseglia curieux de savoir ce qu’il en est de la culture dont le ministère dispose d’un budget de 2 milliards d’euros. « Ce n’est pas possible (…). Le sport doit être aidé à la hauteur de ce qu’il apporte à la nation » a insisté le président du CNOSF.

On court moins vite aujourd’hui qu’il y a 50 ans

Lors de son intervention, Denis Masseglia a milité pour une pratique accrue du sport à l’école, au moins 30 minutes par jour. L’activité physique étant un facteur de lien social, d’éducation, d’ouverture aux autres mais également nécessaire dans la prévention des risques sanitaires. Le dirigeant a d’ailleurs dressé le constat que les jeunes aujourd’hui possèdent une capacité physique inférieure à celle de leurs ainés. « Savez-vous qu’ils mettent en moyenne entre 30 secondes et une minute de plus pour courir 1 kilomètre par rapport il y a 50 ans ». Tout cela est lié à une insuffisance d’activité physique. « Se confronter aux autres, aller jusqu’au bout de soi est extrêmement fondateur, a rappelé Denis Masseglia conscient que « si on ne fait pas du sport une priorité nationale, on va droit à la catastrophe ». Et de dire que « dans 20, 30 ou 40 ans, on se prépare à une crise sanitaire qui ne sera rien à côté de celle que l’on vit actuellement ». Pour le président du CNOSF, « l’inactivité physique va inévitablement se traduire par une augmentation des maladies cardio-vasculaires ». L’Union Européenne a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur la question.

En grand danger, déconsidéré, peu soutenu par son ministère de tutelle, le sport français ne va pas pour autant baisser les bras. « Nous n’allons pas porter des gilets jaunes, descendre dans la rue avec des pancartes, ce n’est pas dans notre culture. Nous sommes des légalistes » a précisé Denis Masseglia lors de son audience au Sénat. Mais le dirigeant demeure battant et vigilant. Il ne tolérera pas que « le manque de considération pour le sport français se transforme en du mépris ».

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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