Rien ne prédestinait Patrick Ramidge-Bane à devenir juge de ligne sur les plus grands tournois internationaux de tennis. La vie et la passion du sport en ont décidé autrement. Rencontre avec un homme en première ligne.

A 59 ans, Patrick Ramidge-Bane est le Réunionnais qui cumule le plus de participations comme juge de ligne tant à Roland-Garros qu’à Wimbledon.
Après avoir travaillé de longues années dans de nombreux établissements comme barman dont le Rallye à Saint-Denis, à 38 ans, Patrick Ramidge-Bane change d’orientation et de vie. Il se met au sport et pratique assidûment le tennis (30-1), et intègre le club du comité d’entreprise de la Sécurité sociale dont il devient le gardien. Reconnu comme un bon joueur, ses amortis coupés façon shop suey feront sa réputation et mettront les nerfs à vif de ses adversaires.
Mais c’est en tant que juge de ligne que Patrick s’est démarqué avec une carrière impressionnante ; tout a débuté lors d’une rencontre au TCD (Tennis Club Dionysien).
« C’était en 1993, à l’occasion de la venue de Jean Pierre Puinier à la Réunion pour lancer le premier ATP. Il recherchait des juges de ligne. Cela a été le déclic. J’ai suivi une formation. Et en 2003, on m’a proposé de postuler pour Roland Garros. Ma carrière a démarré en 2005, et ne s’est jamais arrêtée. J’ai enchainé les tournois année après année. Je n’ai manqué aucun Roland-Garros. Nous sommes en tout 310 arbitres juges de ligne. Dont un autre réunionnais Jean François Lorion qui a été présent sur huit Roland-Garros » confie Patrick un brin nostalgique.

«Ma deuxième famille»

La saison 2019 marque la fin de sa carrière puisqu’il passe le flambeau à Maxence Doray, 18 ans, classé 15/5, ramasseur de balles depuis plusieurs années et qui cette année partira faire son baptême du feu à Roland-Garros. Avec son plus fidèle conseiller, Patrick Ramidge-Bane.
Une page se tourne pour notre juge de ligne qui se remémore ses moments magiques sur les courts de tennis.
« Le tennis c’est un peu ma deuxième famille. J’y ai beaucoup d’amis. Et des tonnes de souvenirs. Comme ce fameux match en 2008 opposant Nadal à Federer où j’ai crié la balle de match pour Nadal, vainqueur en trois sets. Je n’avais pas le droit à l’erreur. J’avais une pression énorme » avoue l’arbitre.
Une place privilégiée pour être au plus près de l’action, mais qui selon lui ne lui permet pas de savourer pleinement les matchs. « Nous sommes trop concentrés sur les lignes pour pouvoir apprécier le spectacle. Nous sommes les yeux de l’arbitre principal. Et même si l’assistance vidéo peut être utile sur certains courts, tel n’est pas le cas sur terre battue où à Roland-Garros on a toujours recours à l’inspection de la trace par le juge de chaise » conclue Patrick.

Une carrière impressionnante
Patrick Ramidge-Bane a participé à de nombreux tournois internationaux :
14 Roland-garros, 8 Paris Bercy , 1 Wimbledon, 1 coupe Davis en 2014, 10 open de Bordeaux, 13 open de Marseille, et le Master de Monte Carlo en 2018.

Texte: Anakaopress
Photo: Pierre Marchal

LÉGENDE
Pour Patrick Ramidge-Bane, les joueurs réunionnais manquent de confrontations internationales. Le manque de compétitions en Australie et en Afrique du Sud, ne leur permet pas de se mesurer à des joueurs plus expérimentés. Et donc de briller en métropole.

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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