Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années disait Corneille. Nicolas Esparon pourrait bien reprendre cette formule à son compte. Recruté lors d’une journée de détection, après avoir évolué pendant 4 ans au Club Saint-Denis FC, le voilà dans l’équipe Scots du Monmouth College dans l’Illinois. Portrait d’un jeune footballeur qui compte bien réaliser son rêve américain.

A 20 ans, Nicolas Esparon ne manque certainement pas de confiance en ses capacités. Depuis son jeune âge, il touche au ballon rond et veut réaliser son rêve de devenir footballeur professionnel et surtout surpasser la carrière sportive de son père.

Son père, son modèle…

“ Mon père Patrice Esparon est un ancien champion de vélo sur route, sur piste et même de cyclo-cross. Il est passé par l’INSEP avant de côtoyer Richard Virenque lors du championnat de militaire à Orange où il a fini champion de France par équipe en 1989. Il était champion dans toutes les disciplines et a gagné la première Mégavalanche de 1991. Mon père a été aussi plusieurs fois champion de la Réunion de bowling et est parti 4 fois aux championnats du monde ( Las Vegas, Singapour, Japon et Mexique ). Il est le seul à avoir eu un score parfait (300) sur l’île de la Réunion.  Avec une telle expérience, une telle histoire de champion, j’essaie d’avoir un parcours identique voir meilleur “.

Depuis que Nicolas s’est mis au foot, son père l’a toujours accompagné à tous ses entraînements. Aujourd’hui même à plus de 20 000 km, il lui souhaite bonne chance avant chaque match à l’autre bout du monde.

Nicolas Esparon a été repéré lors d’une journée de détection en mai 2017 par l’agence Foot Détection qui organise des détections principalement en métropole. Sa famille a tout fait pour qu’il y participe.

“ Dans la semaine suivant la détection, j’ai été contacté par une dizaine d’universités américaines. Celle qui me convenait le plus était située dans le Midwest, dans l’Iowa. A la fin de ma première année, j’ai été sélectionné dans la deuxième équipe type de toute ma conférence (parmi environ 1000/1500 joueurs ). Durant cette année, j’ai terminé meilleur buteur de mon équipe et également 6 ème meilleur buteur de toute ma conférence avec plus de 10 buts et 3 passes décisives en 14 matchs ”.

En route pour Monmouth College… 
À la fin de cette même année, Nicolas Esparon se fait transférer à Monmouth College dans l’Illinois, une école plus grande où le niveau est beaucoup plus élevé. Il allie études et football en préparant un bac + 4 en Business et Administration. Il a également obtenu une bourse par rapport à la note qu’il a eu au TOEFL (diplôme obligatoire pour intégrer des universités américaines.

“ Au début de mon séjour, c’était très difficile principalement à cause de la langue, et surtout le manque de ma famille. Je ne dirais pas que maintenant c’est beaucoup plus facile, à certains moments le décalage horaire (plus de 10 heures, et selon les saisons) fait que je ne peux même pas parler à ma famille pendant des jours “.

Les moments détente…

Nicolas Esparon s’est fait pleins d’amis dans son université et partout où il va, il partage un peu de son île notamment la cuisine créole. Nicolas leur a fait un bon cari poulet et leur a même fait goûter au fameux cari zoeufs.

“ Mes copains d’université ont depuis le début étaient très accueillants. Ils aiment beaucoup découvrir des cultures différentes. Je visite le pays deux fois par an en général pour Noël et parfois au début des vacances d’été. Cette année, je n’étais pas censé rentrer à la Réunion puisque j’avais été retenu pour jouer dans une équipe semi professionnelle. Mais  à cause de la pandémie, tout s’est  arrêté du jour au lendemain ”.

Sacré Covid 19…

Son école a fermé ses portes le premier week-end de Mars dès que la pandémie a commencé. Nicolas a dû trouver un abris afin de pouvoir stocker toutes les affaires de sa chambre.  Heureusement, qu’un de ces amis Américain l’a hébergé jusqu’à ce qu’il puisse trouver un avion pour rentrer sur son île. Malheureusement, aucun vol n’était prévu pendant deux mois. Nicolas a pu rejoindre ses parents seulement après déconfinement. Heureusement qu’il a pu garder contact avec ses proches, grâce aux messageries et aux réseaux sociaux.

“ Depuis mon retour, je profite de ma famille, de mes amis, c’est un tel réconfort. Je fais de la musculation et je touche au ballon tous les jours tout en respectant les gestes d’hygiènes et de sécurité. Je reste positif et je ne lâche rien. Avec le soutien de toute ma famille, je ne peux que réussir “.

Toujours optimiste… 

Le jeune joueur, soutenu en cela par sa famille peut désormais assouvir son rêve : devenir un grand joueur de football professionnel comme ses idoles qu’il prend tant de plaisir à voir jouer lors des coupes du monde et autres compétitions prestigieuses.

Nicolas reprend le chemin de son université dès demain, retrouver ses amis américains et son football.  Il ne manque pas de donner un petit conseil aux jeunes qui voudraient faire comme lui : “ Au niveau du foot, la première touche de balle compte beaucoup. Des recruteurs de MLS (professionnel aux Etats-Unis) me l’ont dit mais le point le plus important est de beaucoup travailler à l’école. Aujourd’hui, l’un ne marche pas sans l’autre. Tu peux être très bon au foot mais si t’es nul à l’école, tu n’auras aucune opportunité ”.

“ Même si le chemin est parfois tortueux, mon expatriation est devenue un moyen de poursuivre mes rêves. Je garde dans ma chambre universitaire le drapeau de la Réunion affiché sur le mur, des livres sur les moments insolites dans mes tiroirs, de belles images de mon île dans ma tête et dans mon cœur, car partout où je serais, la Réunion sera toujours à mes côtés. J’espère devenir un grand footballeur professionnel et porter haut les couleurs de mon île “.

Par Karoline Chérie
Photos facebook
Nicolas Esparon : Un jeune footballeur Réunionnais prometteur.

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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