Les néophytes ont bien du mal à s’y retrouver dans les différentes nomenclatures utilisées en rallye. Pour tout vous dire, certains concurrents ont parfois du mal également…A l’aube du 52èmeTour Auto – Rallye de La Réunion – NTR – BMW – Région Réunion, nous vous précisons ici comment comparer les performances des divers équipages.

Non, une voiture de rallye n’est pas qu’un véhicule équipé d’un groupe motopropulseur et de quatre roues. Il s’agit d’une compétition de sports mécaniques de vitesse opposant des voitures de niveaux de performances extrêmement disparates et les instances sportives s’attachent donc à développer des classements avec comme valeur essentielle l’équité.

Lors de leur construction puis leur engagement, les voitures sont recensées selon leur niveau de développement. Les voitures appartiennent donc à des groupes selon leur définition technique. Notez qu’au niveau des instances suprêmes (FIA), le basculement avec une nouvelle nomenclature est effective depuis cette année. Pour ce qui concerne les rallyes à la Réunion, c’est la réglementation FFSA qui prévaut. Tout modèle de voiture homologué fait l’objet d’une fiche descriptive dite « fiche d’homologation », sur laquelle sont indiquées les caractéristiques permettant d’identifier le dit modèle.

Cette fiche d’homologation définit la série telle que l’indique le constructeur. Selon le groupe dans lequel courent les concurrents, les limites des modifications autorisées en compétition par rapport à cette série, sont indiquées par l’Annexe J, véritable bible du sport automobile. Cette annexe J stipule exhaustivement les possibilités de modification. Tout ce qui n’est pas dûment autorisé est strictement interdit.

La présentation de la dernière version des fiches d’homologation applicables est obligatoire à tout moment de la compétition sur demande des commissaires techniques.

En cas de non présentation, la sanction peut aller jusqu’au refus de la participation du concurrent à la compétition.

Le groupe R est la dernière catégorie en date. Officiellement, elle qualifie les Voitures de Tourisme ou de Grande Production de Série. Il s’agit de la catégorie ultime de laquelle sont issues les voitures participant au Championnat du Monde des Rallyes. Le groupe R est apparu il y a plusieurs années maintenant et a été conçu d’un souci de fiabilité poussé en regard des catégories antérieures. La voiture engagée en groupe R doit disposer de pièces plus endurantes qui sont pour nombre d’entre elles issues des voitures «civiles» desquelles elles sont inspirées.

Le groupe A est l’ancienne catégorie reine qui a régné sur la planète rallye de 1987 à 2017. Ce groupe était celui dit des voitures de Tourisme. Particulièrement hétéroclite, il a vu notamment la définition des fabuleuses Kit Car, surpuissantes 2 roues motrices aux ailes bodybuildées qui régnaient en patronnes sur l’asphalte jusqu’au tout début des années 2000. C’est également à partir de la définition technique du Groupe A que sont nées les premières WRC qui ont dominé la planète rallye durant deux décennies de 1997 à 2017.

Le groupe N est celui des voitures dites de production. Originellement ces voitures étaient qualifiées de «voitures de série» tant les modifications pouvant être apportées étaient limitées. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans etc…ainsi au début du millénaire, les voitures du groupe N devaient conserver leur banquette arrière d’origine par exemple. Les modifications techniques en vue d’apporter davantage de performances étaient particulièrement limitées. L’arrivée des surpuissantes quatre roues motrices japonaises a bouleversé la donne avec l’archétype de ces voitures: la Subaru Impreza Gt. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts, les modifications permises ont été multipliées, les banquettes arrière ont disparu (pour raisons de sécurité) et les groupe N d’aujourd’hui sont autant développées que les groupe A d’hier…

Le groupe F2000 est une caractéristique franco-française qui, schématiquement, permet à des voitures dont la date de fabrication est supérieure à 5 ans de pouvoir continuer d’évoluer en compétition. Les niveaux d’évolution permis sont assez élevés avec comme contrainte essentielle d’utiliser les bases de la voiture d’origine de laquelle elle est issue. Les pièces kit ne sont pas autorisées et seules les deux roues motrices (traction ou propulsion) sont autorisées.

Le groupe GT est celui des voitures grand tourisme, on retrouve dans cette catégorie les surpuissantes Porsche ainsi que depuis cette année les françaises Alpine particulièrement véloces et efficaces sur asphalte.

Afin de pouvoir comparer ce qui est comparable, outre les groupes d’appartenance définissant les possibilités de modifications, la notion de classe de cylindrée a été introduite. Ainsi les voitures sont classées selon leur cylindrée et donc leur niveau de performances potentielles. Ces classes de cylindrée sont définies par des numéros, la plus petite des classes pour la plus petite des cylindrées et le nombre augmente au fil de la cylindrée. Ainsi une voiture de rallye est caractérisée par son groupe et sa classe. En rallye ce n’est pas l’appellation commerciale qui permet de comparer les modèles mais sa définition technique selon son groupe et sa classe.

C’est lors des vérifications administratives et techniques précédant un rallye que les commissaires techniques vérifient les fiches d’homologation, passeport technique et respect de la réglementation (technique et sécurité).

Pour ce 52ème Tour Auto – Rallye de La Réunion – NTR – BMW – Région Réunion les vérifications administratives et techniques se dérouleront le Vendredi 23 Juillet de 7h00 à 15h00 selon des convocations individuelles transmises la semaine de l’épreuve. A l’issue de ces vérifications, les voitures doivent se diriger immédiatement au parc fermé de départ situé Place Etienne Regnault à Saint Denis.

Texte : Asa Réunion
Photo : Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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