Le directeur de la performance du surf français revient sur le parcours de l’équipe de France aux Jeux de Tokyo-2020, tire les enseignements de cette première participation et se projette forcément déjà sur Paris-2024. Entretien.

Quel est le bilan de la première expérience de l’équipe de France aux Jeux Olympique ?
On avait fait l’annonce de deux médailles car on ne pouvait pas venir sur des Jeux Olympiques sans ambition. On venait de gagner les championnats du monde ISA qualificatifs pour les Jeux. On savait évidemment que ça allait être très compliqué, sur un spot aléatoire, dans conditions particulières et avec les meilleurs surfeurs du monde. Mais les conditions étaient inconnues pour tous. Notamment, les conditions sanitaires particulières et lourdes pour s’organiser. Ça faisait partie du jeu, on le savait. Et puis, c’est toujours compliqué d’enchaîner deux évènements de haut niveau. On était allé chercher l’or au Salvador, et on savait aussi qu’il est toujours complexe de réitérer deux grosses performances, surtout en si peu de temps.

Dans quel état d’esprit rentrez-vous du Japon ?
Avec une note positive puisque Michel Bourez a une 5e place olympique. Il est dans l’élite, à un tour de jouer la médaille. Il n’en est pas loin. On a gravit une première marche. On s’est approché de cette médaille. Il s’est approché de cette médaille. On va travailler sur le chemin à faire pour performer à Paris-2024, qui aura lieu à Tahiti. Pour voir échangé avec beaucoup de fédérations, la première olympiade est toujours difficile. On a vu que chaque série était dure. Que ça se jouait à des détails. Il faudra analyser ces détails.

Pourquoi les Bleus n’ont pu aller au bout de l’ambition qui était de remporter deux médailles ?
Si on n’a pas gagné de médailles au Japon, c’est que l’on a commis certaines erreurs, on les analysera. On revisitera aussi notre système. On va entrer dans une période bilan des Jeux. On va bien regarder ce qui n’a pas fonctionné dans notre organisation, notre staff. Mais on va aussi regarder ce qui a bien fonctionné car n’oublions pas qu’on a un athlète qui fait 5e aux Jeux (Michel Bourez, ndlr) et que les trois autres sont dans le Top 9 olympique. Mais on ne peut pas se satisfaire de ne pas avoir une médaille. On ne va jamais aux Jeux pour faire de la figuration. On a appris.

Le surf français est-il finalement à sa place derrière les quatre grandes nations du surf comme le Brésil, les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Afrique du Sud qui ont, elles, remporté des médailles ?
On est derrière ces grandes nations quand on lit le classement des médailles. Mais Tokyo a été dur pour tout le monde. Gabriel Medina, n.1 mondial actuel, termine 4e et je le répète Bourezest, 5e. Stephanie Gilmore, 7 fois championne du monde, est 9e, tout comme John John Florence, Johanne Defay, Jérémy Florès et Pauline Ado… Nous, Français, on est avec ces gens-là. On n’est pas largué. On a mis un pied dans la dernière journée. Ce n’est pas ce qu’on venait chercher mais on ne va pas tout jeter. Il faut construire sur nos perfs à Tokyo. Construire sur la 5e place de Michel Bourez.

On savait en arrivant au Japon que Jérémy Florès et Michel Bourez n’allaient sans doute pas être à la fête eux qui préfèrent les grosses vagues et les tubes. Et pourtant, ils ont sorti le grand jeu.
Beaucoup de monde doutait de la performance qu’étaient capables de faire Jérémy et Michel au Japon. Ce n’est pas connaître le surf de haut niveau, ni nos athlètes, d’avoir douté d’eux avant. Ils ont les compétences dans toutes les conditions. Même si on sait qu’ils aiment les conditions solides. Ils ont offert un surf de haut niveau.

Johanne Defay était une des favorites. Avec quelques jours de recul, comment analysez-vous son élimination prématurée en 8e de finale et cette grosse déception ?
Quand on joue une sorte de Grand Chelem, JO et titre mondial WSL, on peut être décontenancé à un moment assez complexe, comme celui qu’elle a rencontré dans les conditions difficiles de la journée de son 8es de finale. Elle a manqué de lucidité dans ce moment-là. Elle fera un débrief avec nous, et elle en fera un avec son coach. Elle va se remobiliser pour aller décrocher sa place dans les play off pour jouer le titre mondial en septembre.

On en parlait, Michel Bourez n’est pas passé loin d’un exploit face à Gabriel Medina. Quand on voit l’Australien Owen Wright battre le Brésilien pour la médaille de bronze en proposant un surf plus classique, on peut nourrir des regrets pour lui et pour la médaille de bronze ?
Je veux remercier Michel pour son investissement. Au Salvador et au Japon. C’est un grand champion. Il fait une épreuve olympique magnifique alors qu’il revenait de blessure. Il aurait mérité mieux. Il a proposé du surf de très haut niveau. En quart de finale, il a construit sa série, et Medina retourne la situation sur un air. On remercie Michel pour cette magnifique 5e place sur ses premiers Jeux. Il est passé tout près d’un énorme exploit.

Photos FFS

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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