Grégoire Curmer (Compress International) était en tête de la Diagonale des Fous, hier midi, en plein cœur du cirque de Mafate. Il précédait de quelques minutes Maxime Cazajous, qui avait perdu un temps précieux dans la nuit à la suite d’une erreur de parcours. Le Réunionnais Nicolas Rivière pointait à la 4e place à Roche Plate.

Quel aurait été le scénario de la Diagonale des Fous si, au cœur de la nuit dernière, la dizaine de coureurs alors aux avant-postes Domaine Vidot avait pris la bonne direction au lieu de se fourvoyer – erreur de parcours, mauvais balisage, acte de malveillance ? – sur le sentier du Zembrocal ? Bien malin qui saurait le dire. En tout cas, cette péripétie rarissime en cette 27e édition de la « Diag » animera encore longtemps les conversations des suiveurs.

En effet, après que les 2 707 Fous se furent élancés à 22 heures jeudi de la Ravine Blanche, c’est une bonne poignée de trailers, emmenés par David Hauss, qui ont pris la tête de la course. On trouvait alors les principaux favoris : Jorgi Gamito, Diego Pazos, Antoine Guillon, Ludovic Pommeret et bien sûr Benoît Girondel. Chez les femmes, Marion Delespierre précédait Alexandra Clain, Jenna Grobéty, Hélène Valette et Gilberte Libel. C’est vers 1 heure du matin que l’erreur d’aiguillage chamboulait le classement. Les hommes de tête, le temps de rebrousser chemin sur la Plaine des Sables et de retrouver le bon sentier, perdaient une bonne quarantaine de minutes, de sorte que c’est Grégoire Curmer (Compress International), 5e de la dernière TDS (Sur les Traces des Ducs de Savoie), 17e de l’UTMB 2018 et 2e des 100 Miles d’Istria 2019, qui pointait en tête à Notre Dame de la Paix, devant le Réunionnais Nicolas Rivière.

Rivière en tête à Cilaos

Il fallait laisser passer deux autres pointages – le Nez de Bœuf et Mare à Boue – pour y voir plus clair. Et c’est à Cilaos, après un peu plus de huit heures de course, que la physionomie de cette Diagonale des Fous prenait forme. Javier Rodriguez Bodas pointait en tête à 6h02’, devant Grégoire Curmer et Nicolas Rivière. Mais, alors que Benoît Girondel, le double vainqueur 2017 et 2018, avait rendu son dossard à l’issue de la méprise collective de Notre Dame de la Paix, Maxime Cazajous, 3e de la dernière édition de la Diagonale, refaisait petit à petit son retard sur les premiers. Antoine Guillon et David Hauss, eux aussi, entamait une remontada, cependant moins rapide, et pointaient dans le cirque respectivement 31e et 22e à Cilaos.

Javier Rodriguez Bodas ne repartait pas du « ravito » de Cilaos et c’est Nicolas Rivière (Dominicaine Athlétisme), récent vainqueur de l’Oisans Trail Tour long de 87 km, qui prenait les commandes de la course au Taïbit, devant Grégoire Curmer, Rémi Badoc et Maxime Cazajous. Les positions n’évoluaient pas à Marla, excepté pour le Québécois Jean-François Cauchon, 4e à l’issue de la descente dans le cirque de Mafate. Les premiers kilomètres mafatais confirmaient toutefois les retours de Maxime Cazajou, 2e à Roche Plate, David Hauss, 9e, et surtout Ludovic Pommeret, 6e à Roche Plate. On en était à 13 heures de course et les sept premiers se tenaient en à peine une demi-heure, fait rarissime dans l’histoire de la Diagonale où le verdict se dessinait souvent dès l’entame de Mafate.

Sevennec remporte la Mascareignes

Chez les femmes, les positions évoluaient plus lentement. Marion Delespierre (Tête d’Or Runners)  pointait en tête à Ilet à Bourses. On attendait derrière elle Hélène Valette, Alexandra Clain et Gilberte Libel, trois Réunionnaises.

A noter enfin que la Mascareignes a été remportée par Alexis Sevennec (Scott Running International) en 7h43’55’’ devant la Réunionnais Jean Eddy Lauret (8h02’03’’), Arnaud Jacquin (8h06’12’’), El Habib Zoubert (8h08’40’’), Stéphane Odules (8h19’14’’), Florent Boyer (8h38’50’’), Romain Fontaine (8h56’), Gilsey Félicité (8h56’), Alister Gardner (8h59’03’’) et Albert Carrère (9h08’01’’). Claudine Soucie s’adjugeait la Mascareignes dames… Derrière elle, on attendait à la Redoute Hortense Bègue et Marcelle Puy.

Texte: Jean-Baptiste Cadet
Photos: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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