« Je suis anéanti ». C’est en ces propos que le double vainqueur 2017 et 2018 s’est exprimé sur les réseaux sociaux. Le grand favori de cette édition 2019 qui nous avait confié que dans une telle course « tout peut arriver » a dû abandonner dans la nuit après s’être trompé de chemin. Une erreur de balisage serait à l’origine de cette méprise qui a induit en erreur nombre de coureurs.

“Un jour, j’ai entendu parler d’une course. Un défi humain qui traverse une île, celle de la Réunion.

De nature plutôt aventurière, mais pas encore coureur, je tombe tout de suite sous le charme du Grand Raid Réunion.
C’est comme cela que je me suis mis à pratiquer le trail. Pratiquer cette discipline pour un jour, pouvoir faire cette Diagonale, pouvoir tenter de repousser mes limites pour voir jusqu’où mon corps et mon mental seraient capables d’aller. Et pourquoi pas, parce qu’il faut bien avoir des rêves dans la vie, gagner…
Je me suis préparé dur comme tout potentiel finisher pendant de nombreuses années pour comprendre cette traversée, pour tenter de la dompter.
Mes saisons sportives n’ont eu qu’un seul et unique sens depuis ces 7ans de pratique, arriver sur ce stade de la Redoute.
Pour certains, j’aurais dû orienter ma pratique sur d’autres événements avec plus de visibilité médiatique ou autres. Mais courir 160kms, il faut que cela vienne du coeur, de ses tripes. Et jamais aucune autre course ne m’a rendu comme ça.
Cette année encore j’avais à coeur de bien faire. Mais voilà, la pratique intensive d’un sport génère des douleurs, des blessures. Et il faut savoir courir avec par moments tous les jours et parfois plus de 35h par semaine en plus de mes journées de travail. Dangereux me direz-vous!! Mais quand tu es dans cette spirale, tu ne t’en soucies pas et tu avances…
A ma sortie de l’avion et après quelques sorties, j’ai senti que quelque chose n’allait pas… Ma hanche droite me faisait rapidement souffrir. Après des séances ostéopathiques et de kiné, j’ai compris que la tâche serait difficile. Et cela n’a pas manqué: dès le début de course avec en prime un asthme (dû au stress, je pense)
Faire la Diag sur une jambe et demie c’est compliqué… Je suis anéanti.
Je sais que beaucoup de personnes allaient me suivre. Et je n’ai pas pu être à la hauteur cette année. J’en suis désolé. J’espère que vous pourrez me pardonner amis réunionnais, proches et Coco…”

Photo: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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