Jérémy Florès, Michel Bourez, Joan Duru et Pauline Ado sont tous les quatre au 4e tour des championnats du monde, après avoir surfé dans de grosses conditions hier au Salvador. 
De retour la compétition, Vahiné Fierro et Cannelle Bulard ont fait le travail en passant sans encombre le premier tour des repêchages. Elles seront de nouveau en action ce jour, journée entièrement consacrée au marathon des repêchages.

Il fallait avoir du souffle, de l’engagement, des bras et du mental pour s’extirper du piège de cette troisième journée aux Mondiaux salvadoriens. Dans une houle puissante (2m+ et 18 secondes de période), les Français ont démontré qu’ils avaient tout ça pour avancer dans la compétition.
A la Bocaña, le spot avait totalement changé avec un pic massif délivrant une gauche assez courte et une droite trop éloignée de la tour des juges pour s’y risquer. Dans le bouillon, il y avait quelques vagues à l’inside et c’est là qu’il fallait faire la différence. En bon capitaine des Bleus, Jérémy Florès a montré la voie, avec un 6 points sur sa seconde vague, pour dominer sa série jusque dans les derniers instants.

Le jeune américain Ryan Huckabee lui grillant la politesse pour 0,2 pt avec un 5,17 (10,10 à 9,90). Pourtant à l’aise dans le gros, le Portugais Frederico Morais termine 4e du heat. Au prochain tour, Florès sera opposé à deux vieilles connaissances du CT : le champion du monde en titre Italo Ferreira et l’Australien Julian Wilson. Sans conteste, le heat de ce tour 4 !
Excité à l’idée d’envoyer du gros, Joan Duru n’a pas perdu son temps à l’eau en sautant d’entrée sur sa meilleure vague (5,17), une belle gauche avec un gros turn et un reentry maîtrisé. Quelques instants plus tard, le Landais aurait pu avoir le score de la journée en tenant ce formidable reentry sur une belle vague de série. La mâchoire s’est refermée sur lui, lui broyant le dos (4,73). Suffisant tout de même pour se glisser dans le sillage de l’Espagnol Aritz Aranburu (13,67 à 9,90) et juste devant le local salvadorien Bryan Perez (7,64) malgré

« C’était très dur, j’étais contre Aritz (Aranburu) qui fracasse, et le local (Bryan Perez) qui fracasse aussi, expliquait Duru. Il y avait de bonnes vagues, mais dur à trouver. J’en ai eu une super mais je suis tombé. J’ai remis mon gros reentry mais j’ai trop fléchi, je me suis fait écraser. J’ai perdu ma priorité à la fin, le rouge (Perez) l’avait récupéré et il a eu une vague sur la fin qui n’a pas suffi.
» Au prochain tour, Duru surfera contre le Japonais Hiroto Ohhara et l’Indonésien Rio Waida.

Michel Bourez prenait le relais de Duru dans une série estampillée CT puisqu’aux côtés de Kanoa Igarashi (Japon) et Filipe Toledo (Brésil). Hyper actif, le Tahitien prenait 5 vagues pour filer au 4e tour en terminant juste derrière Igarashi (12,83 à 10,44). Toledo ne prenant qu’une vague (4,70), tout comme le Marocain Aboubakar Bouaouda (4,40) qui aurait pu vivre son moment de gloire à 0,30 pt près.

« C’était chaud, et ce n’est pas parce que tu es sur le tour que tu passes automatiquement, commentait Bourez. Les conditions sont très difficiles. J’ai eu de la chance sur la fin car il y a eu un gros set et j’étais en bas. Mais les autres n’ont pas pu prendre de vague. Ça a tourné dans mon sens. A partir de maintenant, ça devient très sérieux. Les meilleurs sont encore là et les autres CT qui sont en repêchages vont vite revenir. » Bourez sera opposé au 4e tour à l’Allemand Leon Glatzer et au Chilien Manuel Selman.

Pauline Ado venait clore la matinée des Français sur ce même spot de la Bocaña, rendu encore plus difficile à marée basse. Très expérimentée, la championne du monde 2017 prenait les devants très vite en surfant une belle et longue gauche intermédiaire (6,67). Mais mal placée au line up, elle dérivait et laissait Candelaria Resenao (Nicaragua) et Ornella Pellizzari (Argentine) revenir sur elle. Avant de confirmer sa première place sur sa dernière vague (4,10). Dans le wagon des favorites à la qualification olympique, l’Espagnole Leticia Canales fait quatrième et part en repêchages.

« J’ai très bien commencé, j’ai pris d’entrée une bonne vague, analysait Ado. J’ai pêché en milieu de série. J’ai eu une dernière opportunité. C’est un gros soulagement. Il vaut mieux prendre ses deux vagues d’entrée mais il faut aussi apprendre à gérer ces moments où on est dans le rouge. Il y avait des vagues au large, à l’intérieur, à l’extérieur. A la rame, c’est impossible d’aller vite sur ces vagues, d’où l’importance du placement. J’ai eu de la chance sur ma première et après je me suis créé une opportunité. » Pour continuer sa route dans le tableau principal, Ado devra se sortir d’une série comprenant Alyssa Spencer (USA), Daniella Rosas (Pérou) et Estela Lopez (Chili).

Bulard comme au Pérou 

C’est justement en repêchages que Vahiné Fierro et Cannelle Bulard ont, enfin, fait leur entrée dans la compétition après les mésaventures qu’on leur connaît. C’est sur l’interminable droite d’El Sunzal que se sont tenus ces repêchages. Dans des vagues tout aussi grosses que la Bocaña mais déroulant parfaitement. Bulard a contrôlé sa série avec notamment un très gros virage de dos sous la lèvre (6,33) et une dernière vague à plusieurs turns backside. L’entraînement du mois dernier lors du stage de sélection du collectif France portant ses fruits. « J’aime beaucoup ces conditions. Je disais que ça me rappelle le Pérou il y a 10 ans (année de son titre mondial ISA, ndlr) ! lançait Bulard après sa série. C’est costaud sur cette droite (Sunzal). J’ai eu de bons scores. J’ai boxé avant ma série car j’avais besoin de me passer les nerfs. Je suis très contente car j’ai enfin mis le lycra et je suis allée à l’eau. »
L’Italienne Emily Gussoni est deuxième de cette série alors que la Brésilienne Julia Santos, annoncée comme un sérieux outsider, ne fait que quatrième après avoir commis une interférence, et dit adieu aux Mondiaux.

LES RÉSULTATS COMPLETS
https://bit.ly/3peFUmT

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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