A 22 ans Eliott Michal compte bien inscrire son nom au palmarès des marins réunionnais. Avec en ligne de mire les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 et de Paris en 2024.

Pour Eliott Michal, « la vie n’est pas un long fleuve tranquille ». Après avoir quitté son île natale à 14 ans pour intégrer le haut niveau en voile, installé depuis deux ans au pôle France de Marseille après six années passées à Antibes, l’ancien champion de la Réunion de 2007 à 2009 en dériveur 470 a cumulé les déconvenues ces dernières années. Mais ce n’est pas pour décourager le jeune homme de 22 ans. Ses derniers résultats en championnat d’Europe lui permettent de garder confiance et de croire en des jours meilleurs.

2018 est une année à marquer en noir pour Eliott qui n’a pas pu participer aux derniers championnats du Monde en août au Japon, faute de financement. Il a dû faire l’impasse sur plusieurs étapes de la world cup’s dont Miami et Melbourne.
Malgré cela, Eliott compte bien surfer sur ses résultats en nette progression lors des dernières compétitions européennes. Il grappille des places, se perfectionne et reprend confiance. En travaillant dur.

« Lors des deux dernières régates, on a convenu avec Thomas Ponthieu mon équipier, de se fixer des objectifs à long terme. Et de travailler en conséquence. Avec beaucoup de préparation et d’entrainements, en participant à de nombreuses compétitions internationales » confie Eliott. Et leur 5ème place en sénior à la coupe internationale de printemps à Martigues et leur classement de 21ème sur 40 à une étape de la coupe du monde à Hyères leur redonne quelque peu confiance.

Préparation physique Et psychologique

Actuellement en école de commerce à l’EDHEC à Nice en e-learning, Eliott alterne les entraînements et les cours. Un rythme effréné qui ne lui laisse que peu de temps pour les loisirs. A raison de quatre entraînements par semaine sur l’eau, l’objectif avoué est la qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, sur le plan d’eau d’Enoshima.
« Pour cela nous mettons toutes les chances de notre côté avec une préparation physique et psychologiques adaptés. Nos entraînements en mer ont lieu dans la rade sud de Marseille qui sera le site pour les JO de Paris en 2024. Ce qui augure un bel avenir, on l’espère. Sinon je fais beaucoup de musculation et du cardio, du gainage et je bosse ma mobilité. C’est un programme sportif global qui demande une grande coordination et une grande souplesse cinq fois par semaine. Un entraînement exigeant qui demande un moral d’acier et une grande hygiène de vie » conclue le jeune sportif.
Côté alimentation, adieu rougails saucisses et pains bouchons. « Mon alimentation est calquée sur les régimes des grands sportifs. Rien de nouveau à ce niveau-là. En lien avec mon préparateur physique, j’ai été sensibilisé très tôt à l’aspect nutritif essentiel à ce niveau de compétition. Je suis les conseils d’un diététicien ».

Les jeux Olympiques de 2020 au Japon marqueront à n’en pas douter un virage dans la carrière d’Eliott. « C’est certain, ce rendez-vous est déterminant pour la poursuite de mon sport à ce niveau de compétition. Un sport qui est en pleine évolution et où on va devoir s’adapter puisqu’il est question de la mixité dans les équipes en compétition. A voir » déclare tout sourire Eliott.

Pour ce qui de l’évolution de la voile à la Réunion, Eliott est un brin pessimiste. « Nous avons beaucoup perdu avec les crises successives. On manque de préparation, et force est de constater qu’il n’y a pas une réelle volonté de promouvoir ce sport sur notre île. C’est dommage. Il n’y a plus de Réunionnais qui partent en compétition en France ou ailleurs dans l’océan Indien. La voile réunionnaise est réellement en perte de vitesse. En raison du coût de chaque voyage. C’est compliqué. Il y a un réel manque de financement. Aujourd’hui, il n’y a plus cette dynamique qui m’a permis de pratique ma passion. Ne reste que la voile de loisir. J’ai bien peur que l’on continue de tourner le dos à la mer » conclut Eliott Michal.

Texte: Anakaopress
Photos: Pierre Marchal

Palmarès

  • 9 ème à la coupe d’Europe sénior en avril 2017 à Palma de Majorque en Espagne. Sur 60 concurrents et pour une première participation à une régate sénior avec Thomas Ponthieu
  • 6 ème en août 2017 au championnat d’Europe des moins de 24 ans à Riva del Garda en Italie
  • 14 ème sur 50 en juin 2018 au championnat d’Europe sénior à Bargasse en Bulgarie
  • 4ème au championnat d’Europe en juillet
  • 5ème place en sénior à la coupe internationale de printemps à Martigues
  • 21ème sur 40 à une étape de la coupe du monde à Hyères
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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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