Antoine Guillon revient pour nous sur ses participations au Grand Raid. Des souvenirs aux anecdotes croustillantes. Qu’il tient à nous faire partager. Retour sur les années 201 8 à 2019. Les deux dernières Diagonales auront encore été très différentes dans leur vécu !

2018 : C’est l’année de mon baptême de l’air

Comprenez dans ce titre que je fais un vol plané à l’entrée de Marla qui me décale tout le côté gauche tibia, bassin, épaule. Couvert de poussière et tout égratigné, je porte la marque de Mafate jusqu’au bout, sans parvenir à grignoter de place, mais sans en perdre non plus. Dommage, je comptais bien passer sous les 24h. Au final, 4e , pas mécontent Loin devant, Benoît a confirmé sa supériorité en remportant l’épreuve pour la seconde année consécutive, en compagnie de François qu’il a réussi à rejoindre avant Sans Souci !

A la reprise de l’entraînement, sans surprise, j’étais tellement décalé que je ne n’ai pas pu courir 50m ; direction l’ostéopathe ! Comme quoi, à chaud, nous supportons de sacrées contraintes

2019 : La grande désorientation

Encore une année à préparer ce grand rendez-vous, à tout mettre en œuvre, minutieusement, pour être au top du top, pas à 99 % mais à 100 %.

Ca commence super bien. Contre toute attente, malgré le très gros plateau réunit ce soir-là, nous restons tous ensemble, en groupe jusqu’à Vidot, puis en file dans le mono-sentier qui suit.

Au 23e km, nous suivons sans le savoir un mauvais balisage, celui du Zembrocal. Débalisage et rebalisage, nous ne saurons pas, mais toujours est-il que même des coureurs locaux se sont engouffrés dans la brèche, et moi qui pourtant connais assez bien le parcours (sauf cette partie privée).

Bref, nous descendons, et lorsque nous comprenons que ce n’est pas possible, nous remontons tout, soit une déviation de 7 km et 600m+ environ. Le Grand Raid lé mort !

50‘ perdues, et surtout de l’influx, de l’énergie.

Je me retrouve dans les 400 coureurs, avec Cédric Chavet égaré comme moi. A Notre Dame nous pointons 320e, à Cilaos 20e, puis 12e vers Marla quand je dois laisser filer mes amis Renaud Rouanet et Cédric ; je suis cramé !

A Roche Plate, j’aimerais bien abandonner, mais c’est stupide puisque je dois grimper quand même le Maïdo pour sortir du Cirque. Merci infiniment à mon ami réunionnais Ambroise Carpin qui a su me remotiver à Roche plate, trouver les bons mots et m’offrir ce bon cari poulet qui m’a redonné un peu d’énergie.

A Sans Souci, encore du débalisage ; cette fois j’en ai ma claque et décide d’arrêter au ravito, mais c’était sans compter sur les implacables Anne et Cathy (l’épouse de Cédric Chavet) qui refusent tout net que je rende mon dossard. Je dois déguerpir !

Finalement, comme je n’ai plus de raison de me plaindre, et que la seule solution pour que je me repose est d’en finir à Saint Denis, tout va mieux:-)

J’en termine en plus de 29h, soit 5 bonnes heures de rab, 28e, et sacrément heureux !

Merci à tous ceux qui m’accompagnent dans ces défis, à tous mes partenaires et amis sans qui je n’aurais pu les mener à terme.

D’autres saisons nous attendent !

Texte Antoine Guillon
Photos Pierre Marchal

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Athlète français né le 16 juin 1970 dans les Yvelines, Antoine Guillon est un spécialiste de l'ultra-trail. Il a notamment remporté le Grand Raid 2015 et l'Ultra-Trail World Tour 2015 après avoir fini quatrième de l'Ultra-Trail World Tour 2014. Pour ce sportif de haut niveau, l'ultra-Trail est un art de vivre.

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