Au terme d’un match complètement fou au Stade de France, le XV de France a battu l’Angleterre (48-46) et s’adjuge le Tournoi des Six Nations. Dans un Crunch spectaculaire, marqué notamment par un quadruplé exceptionnel de Louis Bielle-Biarrey et une pénalité décisive de Thomas Ramos dans les derniers instants, les Bleus ont fait chavirer tout un stade. Les Bleus conservent leur titre et signent leur huitième sacre depuis l’an 2000.

Le Crunch n’a jamais aussi bien porté son nom. Dans un Tournoi des Six Nations indécis jusqu’au bout, le XV de France a conclu sa campagne par une victoire spectaculaire face à l’Angleterre (48-46), synonyme de sacre. Avant la rencontre, les statistiques penchaient légèrement en faveur des Bleus, vainqueurs de cinq de leurs huit dernières confrontations dans le Tournoi. Mais la défaite d’un point concédée en 2025 rappelait combien l’équilibre restait fragile entre les deux rivaux.
L’entame confirme cette impression. Les Anglais monopolisent le ballon et installent la pression dans le camp tricolore. Pourtant, la première véritable opportunité française se transforme en essai : parfaitement servi au large, Louis Bielle-Biarrey conclut le premier mouvement d’envergure des Bleus.
L’Angleterre réagit immédiatement et le match bascule dans un chassé-croisé spectaculaire. Bien décalé par Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey inscrit un deuxième essai. Mais les visiteurs répliquent dans la foulée, notamment grâce à Murley, opportuniste après un ballon mal maîtrisé par la défense française.
Les attaques prennent le pas sur les défenses et, à la demi-heure de jeu, une pénalité de Thomas Ramos permet aux deux équipes de rester à égalité (17-17). Les Anglais pensent alors prendre l’ascendant en inscrivant un nouvel essai à cinq minutes de la pause. Mais dans les arrêts de jeu, un maul écroulé par la défense anglaise offre un essai de pénalité aux Tricolores. À la mi-temps, la France est menée d’une courte tête.
Au retour des vestiaires, les Bleus accélèrent. Et une nouvelle fois, le détonateur se nomme Louis Bielle-Biarrey. L’ailier tricolore signe un triplé avant que Théo Attissogbé ne concrétise un ballon rapidement joué par Antoine Dupont. La France semble alors prendre le large, mais l’Angleterre refuse de céder. À l’heure de jeu, le XV de la Rose renverse même la situation et repasse devant dans une rencontre totalement débridée.
Dans ce match hors norme, il fallait un geste d’exception. Il viendra encore de Bielle-Biarrey. L’ailier français accélère plein champ, dépose la défense anglaise et inscrit son quatrième essai de la soirée. Le suspense reste total jusqu’au bout. Dans les dernières secondes, une pénalité lointaine se présente pour Thomas Ramos. Le buteur tricolore ne tremble pas et envoie le ballon entre les poteaux, libérant le Stade de France.
Avec cette victoire spectaculaire, le XV de France remporte le Tournoi des Six Nations au terme d’un Crunch qui restera longtemps dans les mémoires. Un final à l’image de la compétition : intense, imprévisible et spectaculaire
Pour Matthieu Jalibert « C’est beaucoup d’émotions, c’est le dénouement parfait. On s’est rendus le match compliqué, chacun a eu ses périodes. À l’entame de la 2e période, on sentait qu’on avait pris le dessus et il y a eu ce fait de jeu, cette interception qui les remet dans le match. On a baissé d’intensité après, été trop indiscipliné, mais c’est le caractère de cette équipe, capable de chercher un point de bonus en Écosse alors qu’on était en difficulté ou de gagner ce soir alors que ce n’était pas fait. Et féliciter Tom, qui a des grosses c… comme on dit dans le jargon. Tout n’a pas été toujours facile pour moi en équipe de France, j’avais l’occasion de m’exprimer et je suis juste content d’avoir pu être là avec les mecs et été moi-même. Même si tout n’a pas été parfait, on a donné tout ce qu’on pouvait. Je me suis éclaté, j’ai tout donné et c’est conclu par un titre. C’est beaucoup de joie. »
Louis Bielle-Biarrey déjà dans la légende !
Avec ce succès spectaculaire face à l’Angleterre, le XV de France s’est offert le Tournoi des Six Nations pour la huitième fois depuis le passage à six équipes en 2000, devenant ainsi la nation la plus titrée sur cette période devant l’’Angleterre (7). Les Bleus réalisent également une performance qu’ils n’avaient plus accomplie depuis près de vingt ans : conserver leur trophée deux années de suite, une première depuis 2006 et 2007. Avec 48 points inscrits dans ce Crunch, les Tricolores signent par ailleurs leur deuxième plus haut total face au XV de la Rose dans le Tournoi, seulement devancé par la large victoire 53-10 obtenue à Twickenham Stadium en 2023.
Avec 94 points inscrits au total, ce France–Angleterre entre dans l’histoire du Tournoi des Six Nations comme l’un des matches les plus prolifiques de l’ère moderne. Il s’agit du troisième total le plus élevé depuis le passage à six équipes, derrière le Angleterre–Italie de 2001 (103 points) et le Italie–France de 2025 (97 points). Cette rencontre spectaculaire vient également illustrer l’efficacité offensive du XV de France dans cette édition 2026 : avec 30 essais inscrits sur l’ensemble du tournoi, les Bleus égalent leur propre record établi l’an dernier, confirmant leur capacité à produire un rugby spectaculaire et terriblement efficace.
Louis Bielle-Biarrey déjà dans la légende !
Auteur d’un tournoi exceptionnel, Louis Bielle-Biarrey a marqué l’histoire du Tournoi des Six Nations 2026. L’ailier tricolore a inscrit neuf essais lors de cette édition, battant son propre record établi l’an dernier (8). Il a également trouvé l’en-but lors des cinq rencontres du tournoi, une performance rarissime réalisée seulement par Philippe Bernat-Salles en 2001, Tommy Freeman en 2025 et lui-même lors de l’édition précédente. Face à l’Angleterre, le phénomène tricolore a franchi un nouveau cap en inscrivant un quadruplé – une première pour lui sous le maillot bleu – devenant seulement le deuxième joueur à réussir un tel exploit dans l’ère du Six Nations après Chris Ashton en 2011. Avec désormais 29 essais en 27 sélections, et 18 réalisations dans le Tournoi, il dépasse même Damian Penaud au classement des meilleurs marqueurs français depuis le passage au Six Nations, malgré deux fois moins de matches disputés.






















































