La Réunionnais Canelle Bulard a échoué de peu aux sélections en Equipe de France pour sa qualification pour les championnats du monde de l’International Surfing Association (29 mai – 6 juin) au Salvador. L’équipe de France est désormais au complet pour les ISA World Surfing Games 2021. Ce sera sans la Portoise mais avec nos représentants locaux, Jérémy Flores et Johanne Defay.

Cannelle Bulard est déçue. Car il lui manquait peu pour se sélectionner pour les mondiaux. Manque de confiance, manque de préparation. « J’ai un peu de déception. C’est normal. Je me suis réveillée trop tard, à la fin de la sélection. Peut-être ai-je eu un manque de confiance, un manque d’envie ? Et une fois que c’est passé, tu te dis : « Mince, j’ai raté la qualification de peu. » Je m’en veux… J’avais beaucoup de choses à travailler, mais je n’ai pas su gérer mon mental. J’ai fait de la boxe, de la méditation et du yoga. Ça n’a rien fait. 
Je pense qu’il fallait juste que j’arrête. Et une fois la pression des sélections retombée, j’ai retrouvé mon vrai niveau lors des derniers entraînements au Salvador. Je n’avais pas retrouvé un tel niveau depuis deux ans. 
Je pense qu’il vaut mieux que je fasse un break avec la compétition. Je vais mettre ma carrière en pause. J’ai d’autres projets, d’autres envies aussi. Et souvent, quand je fais des pauses, je reviens encore plus forte ! J’ai déjà réussi à me prouver que je pouvais revenir d’un break. Je l’ai prouvé à certaines personnes (Cannelle a stoppé sa carrière de 2013 à 2016 pour faire ses études, Ndlr). J’ai eu de belles sélections très jeune. J’ai un beau palmarès, de beaux titres (championne du monde junior et Open ISA, Ndlr). Aller à Tahiti en novembre, c’était un rêve. Je voulais découvrir le Salvador, c’est fait aussi. Et je sens que je ne suis pas à la ramasse dans mon surf. Ça reste donc très positif. 
Les Jeux à Teahupo’o ? Il faudra voir. Est-ce que j’aurais le droit de venir m’entraîner à Tahiti sur la base avancée de la Fédération ? Si je m’entraîne, j’espère que j’aurais la possibilité de jouer la qualification pour Paris-2024. 
En attendant, je vais rester dans le Sud-Ouest où j’ai la chance d’avoir du boulot comme kinésithérapeute pour gagner ma vie. Et comme j’aime représenter La Réunion où je suis née, je ferai les championnats de France en octobre et je serai très heureuse de retrouver tous mes amis. »

Cannelle Bulard est née à La Réunion mais c’est à St Martin, aux Antilles, qu’elle a appris à surfer. C’était au cours d’un tour du monde familial en bateau qui aura duré… 8 ans ! Elle se met régulièrement à l’eau à son retour à La Réunion et va le plus souvent à St Leu où elle habite. Elle devient peu à peu l’une des meilleures à l’eau, remporte les compétitions locales et fond sur les circuits nationaux et européens.
Elle est sélectionnée en équipe de France pour les Mondiaux juniors de Piha Beach, en Nouvelle-Zélande, en 2010 où elle prend la 7e place. Elle se lance sur le circuit QS avec des résultants impressionnants à seulement 16 ans : quarts de finale sur les 6 stars de Margaret River et de Pantin, 13e place à l’US Open. Elle termine l’année à la 10e place QS. L’année 2011 marque un véritable tournant dans sa carrière : elle remporte coup sur coup les titres mondiaux ISA Open et junior, les championnats de France Open et junior, s’adjuge ses deux premiers succès en Pro Junior (San Sebastian et Sopelana). Sans oublier le Bac ! Elle est championne d’Europe Pro Junior 2012, mais se blesse au genou (ligaments). Aux portes du CT, elle décide en 2013 de mettre sa carrière entre parenthèses pour ses études de kinésithérapeute en Espagne. Afin de soutenir ses amis de La Réunion, elle participe avec succès aux championnats de France qu’elle remporte en 2014 et 2016.
Diplôme en poche, Cannelle veut regoûter aux compétitions avec un objectif : gagner sa place pour les Jeux Olympiques 2020. Quatre saisons après son dernier QS, la revoici sur le tour en 2018. Il lui faut quatre étapes pour remporter, en juin, un premier succès, sur le Vans Pro (1.000) de Lamberts Bay en Afrique du Sud. Deux mois plus tard, elle se hisse en finale du Caraïbos Lacanau Pro. Son retour en haut de l’affiche lui permet d’être sélectionnée en équipe de France pour les World Surfing Games de septembre 2018 au Japon. Elle termine à la 25e place, loin de ses objectifs mais garde son légendaire sourire.
Cannelle attaque 2019 toujours aussi motivée et frappe fort dès la première étape en prenant la 5e place du Florida Pro (3.000) puis elle est demi-finaliste du 6.000 de Newcastle (Aus). Dans le Top 10 à mi-saison, elle ne parvient pas à confirmer durant la deuxième partie de l’année. Ses performances lui permettent toutefois d’être sélectionnée pour les Mondiaux ISA au Japon où elle se bat, sans succès toutefois (29e place), pour la première place européenne synonyme de qualification pour les Jeux Olympiques.

Texte et Photo FFSurf

 

SES RÉSULTATS EN 2020

Qualifying Series / Classement actuel : 50e
6-16 janvier : Corona Open China, Hainan, Chine (5.000) : 17e
3-9 février : Cabreiroá Pro Las Americas, Tenerife, Espagne (1.500) : 25e
25 février – 1er mars : Sisstrevolution Central Coast Pro, Avoca, Australie (3.000) : 33e
2-7 mars : Doyle Partners Women’s Pro, Newcastle, Australie (5.000) : 37e
=== Arrêt de la saison, Covid-19 ===

WSL EuroCup of Surfing
23-25 septembre : French Rendez-Vous, Anglet, France : 5e

Compétitions nationales
7 juillet : Coupe de la Fédération, Hossegor : 5e

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Pierre Marchal
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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