Le Comité Directeur de la Fédération a validé aujourd’hui la proposition de la Direction Technique Nationale de retenir Vahiné Fierro et Pauline Ado pour les championnats du monde de l’International Surfing Association (29 mai – 6 juin) au Salvador. L’équipe de France est ainsi au complet pour les ISA World Surfing Games 2021.

Respectivement première et deuxième du stage de sélection qui s’est achevé vendredi dernier sur le site même des Mondiaux au Salvador, Vahiné Fierro et Pauline Ado ont obtenu leur ticket pour les championnats du monde ISA. Elles tenteront d’arracher dans six semaines maintenant l’un des derniers billets pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2021 (25 juillet – 1er août).
Après un premier stage de sélection en novembre dernier à Tahiti, la DTN a décidé de ne pas attendre la reprise du circuit QS européen en mai au Portugal et a arrêté la sélection au regard de l’écart de points entre le duo Fierro-Ado et les autres. Vahiné Fierro (21 ans), déjà en tête après Tahiti, a ainsi conforté sa première place sur les vagues salvadoriennes. Aussi à l’aie sur la très longue droite d’El Sunzal que sur le pic droite-gauche puissant de la Bocaña, Fierro est donc sortie en tête devant les trois autres filles engagées sur ce stage de sélection. La Tahitienne participera à ses deuxièmes Mondiaux avec l’équipe de France, après ceux de 2019 au Japon, où elle avait terminé 17e. L’édition 2020 n’avait pas eu lieu en raison de la pandémie.

Ado retrouve les Bleus
Championne du monde ISA en 2017 à Biarritz, 7e en 2018 au Japon, Pauline Ado (photo) avait manqué la sélection pour les Mondiaux 2019. A 30 ans, la Basque est allée chercher une 16e cape tricolore en démontrant toute sa science de la compétition. Elle sera de retour dans un peu plus d’un mois au Salvador où elle visera elle aussi la qualification pour les premiers Jeux Olympiques de l’histoire du surf.
Rappelons la règle pour les JO : chaque nation ne peut qualifier que deux athlètes au maximum par genre. Johanne Defay (N.8 mondiale) a déjà gagné sa place depuis plus d’un an et doit participer aux Mondiaux salvadoriens pour la valider. Il reste donc un ticket à décrocher pour une seule Française. Ce sera Fierro ou Ado, à condition que la meilleure des deux entre dans le Top 7 féminin éligible* aux championnats du monde à venir.
Bulard annonce sa retraite
Toujours dans la course après Tahiti, Cannelle Bulard a manqué de peu la qualification pour les Mondiaux. La Réunionnaise, championne du monde ISA Open et junior lors de la même année 2011, a décidé d’annoncer sa retraite sportive. Après un break de 5 ans pour mener ses études de kinésithérapie, et un retour en 2018 pour les JO, Bulard (27 ans) souhaite se mettre en retrait du surf en compétition.
Particulièrement en vue ces derniers jours au Salvador, Tessa Thyssen (24 ans) ne connaîtra pas sa première sélection Open avec les Bleus. La championne du monde junior 2015, forfait à Tahiti en novembre dernier, mais qui pouvait encore mathématiquement se qualifier pour les Mondiaux, a manqué de fraîcheur sur la fin du stage. Son surf explosif est cependant porteur d’espoir. Dans le rythme et dans la course après le premier stage dans le Pacifique sud, Maud Le Car (28 ans) s’est, elle, blessée à la cheville il y a un mois, et a dû déclarer forfait pour le stage au Salvador, se fermant bien malgré elle la porte des Mondiaux et des JO.
Après une douzaine de jours d’entraînement et de compétition sur les vagues des deux sites des championnats du monde, Vahiné Fierro et Pauline Ado seront de retour dans six semaines. Soutenue par toute l’équipe de France, elles auront pour mission d’aller décrocher la seule et unique place tricolore restante pour les Jeux et d’accompagner Johanne Defay, Jérémy Florès et Michel Bourez à Tokyo.

RÉACTIONS

Stéphane Corbinien, directeur de la performance : « Le classement est resté le même qu’après le premier stage à Tahiti. Vahiné (Fierro) et Pauline (Ado) sont restées dans le haut de la hiérarchie et ont confirmé leur place. Cannelle (Bulard) et Tessa (Thyssen) ont fait de belles performances, sans parvenir toutefois à être suffisamment régulières pour les bousculer. Mais elles leur ont mis une énorme pression. Elles les ont aidées en les poussant dans leurs retranchements. Je les remercie pour ça. Elles font, pour nous, partie intégrante du système et de la sélection qui ira aux championnats du monde. 
Si on parvient à décrocher une place supplémentaire pour les Jeux Olympiques, en plus de celle de Johanne Defay, on le devra aussi à Cannelle et Tessa. Je remercie aussi Maud Le Car, qui a eu un engagement total depuis le début. Elle s’est blessée il y a quelques semaines et on n’avait aucune solution pour la remettre dans la boucle. Comme pour les autres, on compte évidemment sur elle pour le futur des équipes de France. »

Vahiné Fierro, qualifiée pour les Mondiaux 2021 : « Mon objectif était de me qualifier mais aussi de pouvoir bien m’entraîner en vue des championnats du monde ISA. Je voulais aussi bien m’intégrer au sein de l’équipe de France. J’ai vraiment apprécié ces deux stages, le premier à Tahiti et le second au Salvador. Maintenant que j’ai gagné ma place pour les Mondiaux, je vais tenter d’appliquer tout ce que j’ai appris et travaillé pour être au top pour les ISA. 
Faire ces deux stages au lieu de faire des QS m’a mis de la pression en plus. Contrairement aux QS où on est chacune dans nos routines, on était toutes les filles ensemble. Dans du partage permanent : à surfer, manger et dormir ensemble. Ça aussi c’était un sacré challenge pour moi. Heureusement, il y a une super ambiance entre nous. On s’entend bien. Mais quand la série arrive, on a toute une autre attitude (sourire). C’est vraiment bien d’avoir pu faire ce stage au Salvador. On s’est préparé idéalement pour les Mondiaux en venant découvrir les deux spots. J’ai bien aimé le spot principal (la Bocaña, Ndlr) qui me fait penser à Papara, chez moi. C’est comme à la maison ! Il y a des rochers, du sable noir, de bonnes vagues, des droites et des gauches. On a pu y faire une mise en situation de compétition dans des conditions bien meilleures que certains QS ou même qu’aux CT en ce moment en Australie. C’était bien de pouvoir s’exprimer dans ces conditions de vagues. 
Les Mondiaux seront très importants avec la qualification olympique au bout. J’espère pouvoir surfer comme d’habitude et pouvoir décrocher ma place aux JO avec l’équipe de France. Les Jeux, tout le monde en parle, c’est une première dans l’histoire du surf. Tous les surfeurs rêvent d’y aller. Je les ai en tête depuis longtemps. Si je ne me mets pas trop de pression et que je surfe naturellement, ça devrait bien se passer. Il ne va y avoir qu’une place à prendre et j’espère qu’elle sera pour moi. »


Pauline Ado, qualifiée pour les Mondiaux 2021 :
 « On prépare cette sélection depuis plusieurs mois. C’est un processus qui a commencé l’an dernier et qui n’avait pas pu aboutir. Il y a eu beaucoup de mois de préparation avec pas mal de pression aussi. On a eu quelques compétitions et surtout ces deux stages. C’était un gros objectif pour moi de revenir en équipe de France car je n’avais pas gagné ma place pour les derniers championnats du monde (2019, Ndlr). Ça me tenait vraiment à cœur de retrouver l’équipe de France. Je suis très contente d’avoir passé cette étape. Mais il reste encore du boulot !
On a eu très peu de compétitions cette année, ça aurait été très difficile de nous évaluer. Ces deux stages nous ont permis de nous remettre dans le bain. Finalement, on a fait des séries sans cesse les unes contre les autres. La Fédération a réussi à récréer un environnement avec des situations de compétition et de l’enjeu. Ça nous a mis dans l’inconfort avec du stress et de l’enjeu. L’idéal pour nous permettre de nous remettre dans l’environnement spécifique de la compétition. Pour moi, ça a été très bénéfique de me replonger là-dedans et de voir si ce que j’ai fait pendant les mois d’entraînements a porté ses fruits. En tout cas, ça a été une motivation qui nous a toutes tirées vers le haut. 
Il y avait un double enjeu en venant sur le site des futurs championnats du monde au Salvador : la sélection et les entraînements sur les vagues des Mondiaux. C’était une formule idéale. Quand on arrive dans un endroit qu’on ne connaît pas, il y a toujours une période d’acclimatation. Là, on a gagné du temps en venant ici en « repérage ». Il y avait aussi une certaine logique de venir nous sélectionner ici.
J’aime bien les deux spots retenus pour les Mondiaux. La Bocaña, c’est un pic droite et gauche, assez puissant. Pas trop longue, avec deux ou trois manœuvres. C’est une vague « high performance », avec des manœuvres engagées. Il y a du mur, ça pousse, c’est physique si c’est gros. El Sunzal, le spot de repêchages, est une très longue droite, molle, assez technique. Il faut des bras et des jambes solides car il y a de la longueur de vague. Je ne connaissais pas ces deux spots. J’ai bien aimé les séances d’entraînements. Le choix de vagues et la stratégie vont compter durant les Mondiaux.
Je connais le format ISA depuis mes années juniors, puis Open. J’aime beaucoup cette compétition avec l’esprit d’équipes. Il y a un format spécial avec les repêchages de bout en bout. Cette année, ça prend une dimension avec les dernières places pour les Jeux Olympiques. Les enjeux sont bien plus importants. Ça va ajouter une ambiance que je ne connais pas parce que je ne l’ai jamais vécue. Il faut savourer le fait d’être dans la position de pouvoir se qualifier pour les JO. J’ai hâte d’être de retour au Salvador !
Les JO sont un objectif pour moi. Ces derniers mois, il y a eu tellement de temps intermédiaires que j’étais focalisée sur ces étapes. Le stage de Tahiti, l’hiver, le stage du Salvador. L’évènement se rapproche. Je ressens plus la pression aujourd’hui. Mais c’est bon à vivre. On arrive sur la dernière ligne droite pour se qualifier pour les JO. J’essaye de garder cette approche à me concentrer sur le prochain évènement, et sur les prochaines séries que je vais devoir gérer. »

Cannelle Bulard, non qualifiée pour les Mondiaux 2021 : « J’ai un peu de déception. C’est normal. Je me suis réveillée trop tard, à la fin de la sélection. Peut-être ai-je eu un manque de confiance, un manque d’envie ? Et une fois que c’est passé, tu te dis : « Mince, j’ai raté la qualification de peu. » Je m’en veux… J’avais beaucoup de choses à travailler, mais je n’ai pas su gérer mon mental. J’ai fait de la boxe, de la méditation et du yoga. Ça n’a rien fait. 
Je pense qu’il fallait juste que j’arrête. Et une fois la pression des sélections retombée, j’ai retrouvé mon vrai niveau lors des derniers entraînements au Salvador. Je n’avais pas retrouvé un tel niveau depuis deux ans. 
Je pense qu’il vaut mieux que je fasse un break avec la compétition. Je vais mettre ma carrière en pause. J’ai d’autres projets, d’autres envies aussi. Et souvent, quand je fais des pauses, je reviens encore plus forte ! J’ai déjà réussi à me prouver que je pouvais revenir d’un break. Je l’ai prouvé à certaines personnes (Cannelle a stoppé sa carrière de 2013 à 2016 pour faire ses études, Ndlr). J’ai eu de belles sélections très jeune. J’ai un beau palmarès, de beaux titres (championne du monde junior et Open ISA, Ndlr). Aller à Tahiti en novembre, c’était un rêve. Je voulais découvrir le Salvador, c’est fait aussi. Et je sens que je ne suis pas à la ramasse dans mon surf. Ça reste donc très positif. 
Les Jeux à Teahupo’o ? Il faudra voir. Est-ce que j’aurais le droit de venir m’entraîner à Tahiti sur la base avancée de la Fédération ? Si je m’entraîne, j’espère que j’aurais la possibilité de jouer la qualification pour Paris-2024. 
En attendant, je vais rester dans le Sud-Ouest où j’ai la chance d’avoir du boulot comme kinésithérapeute pour gagner ma vie. Et comme j’aime représenter La Réunion où je suis née, je ferai les championnats de France en octobre et je serai très heureuse de retrouver tous mes amis. »

Tessa Thyssen, non qualifiée pour les Mondiaux 2021 : « Je suis contente du surf que j’ai montré lors du stage au Salvador. J’ai eu de bonnes sensations. Je n’oublie pas que j’étais en reprise après ma blessure. Je n’avais pas pu aller à Tahiti pour le premier stage, j’avais donc un sacré handicap. Ne pas être sélectionnée pour les Mondiaux n’est pas très grave car je suis en reprise. Je suis très contente de retrouver mon meilleur niveau. J’ai été bien encadrée durant ce stage, ça m’a permis de bien me remettre en situation de compétition pour les QS à venir. 
J’ai trouvé que faire un stage avec une sélection au bout était une très bonne idée de la Fédération. Je remercie d’ailleurs la Fédé de nous soutenir, de nous donner la chance de nous exprimer pleinement de la sorte ; et pas seulement après un ranking sur le circuit QS.
Je me suis donnée à fond pour cette sélection, comme dans tout ce que je fais. J’étais venue au Salvador trois semaines plus tôt pour découvrir les vagues et me préparer physiquement. J’adore l’Amérique latine et le Salvador offre des vagues de qualité incroyable. On a été très bien accueilli ici. C’est à refaire les yeux fermés ! 
Après ce stage, je sais sur quoi je dois travailler. Je vais essayer de mettre tout en place pour être au top sur les prochaines compétitions. Même si avec la situation actuelle, c’est dur de se projeter d’une manière générale. »

L’équipe de France
Messieurs :
 Jérémy Florès, Michel Bourez, Joan Duru
Dames : Johanne Defay, Vahiné Fierro, Pauline Ado

Texte et Photo FFSurf

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Pierre Marchal
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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