L’Ares 7 a fait le plein de public et d’émotions samedi soir à Paris. Les spécialistes du sol sont restés globalement les maîtres de la discipline face à trop peu de purs « strikers ».

Salle quasi comble samedi 25 juin au Dôme de la Porte de Versailles à Paris à l’occasion de l’Ares 7 avec une fight card composée de huit combats d’encadrement et de deux « main events » avec attribution ou défense de ceinture Ares.

L’organisation a été en tous points remarquables et, si Francis Lopez et son équipe devaient passer un examen de « conformité » pour obtenir le label UFC, nul doute qu’il a été validé. A noter l’excellent « ring announcer » Mike Markham, en anglais s’il vous plaît, tout comme les interviews « bilingues » des combattants. Seul bémol, mais là on ne peut rien reprocher à une discipline non (encore) soumise aux règles du CIO, les Russes ont pu combattre sous leurs couleurs et non sous bannière neutre.

Tous les aficionados attendaient au tournant Karl Amoussou mais leurs encouragements n’ont pas suffi pour « chiper » la ceinture Ares après s’être emparé de la ceinture Hexagone tout récemment. Les deux tiers des victoires d’Abdouraguimov (15-1), son adversaire de 26 ans, 49e au ranking mondial des moins de 77 kg, l’ont été par soumission. Le protégé de Fernand Lopez et du Management Factory est resté dans ses standards en l’emportant après un avantage au sol sur le sociétaire de la Bulgarian Top Team, 36 ans, 39e mondial, autant striker que grappleur. C’est la 3e victoire du naturalisé français à l’Ares après deux victoires par soumission.

Dans l’autre main event de la soirée, Akmed Salamov (5-1) a battu Jose Galindo (désormais 5-1) par soumission au 1er round (2’28’’) et s’empare de la ceinture middleweight Ares (-84 kg). Le Russe est un spécialiste du sol, et il a confirmé la tendance générale de la soirée, à savoir qu’aucun « striker » n’a été en mesure de contester la supériorité des lutteurs purs, par manque de technique de « poings » la plupart du temps, ou absence de puissance tout bonnement.

Pas assez de strikers
Dans les combats d’encadrement, William Gomis (10-2) a très bien contenu le Brésilien Jose Marcos (11-7) grâce à ses qualités de kicker et de striker et une très bonne vigilance dans les amenés au sol. Le jeune sociétaire de Atch Academy et élève de Stephan Chaufourier a fait preuve d’humilité au micro à l’issue de son combat en soulignant qu’il devait s’améliorer encore pour franchir d’autres étapes.

Que dire des trois combats heavyweight sinon qu’ils ont mis en exergue la difficulté à s’inscrire dans l’intensité qu’exigent les 5×3 rounds. Le « cardio » est très vite passé dans le rouge pour le Tunisien Trabelsi (4-0) et le Brésilien Henrique (13-9), lequel a terminé, en plus d’être essoufflé comme son adversaire, très marqué au visage. Même constat pour le Français Gaziev (9-0) face au Russe Kornilov (13-1-1), ces deux combattants annoncés invaincus avant leur duel qui a été loin d’atteindre des sommets, Gaziev s’entêtant dans des amenés au sol où il a failli se faire surprendre au 2e round. Enfin, les deux « locaux » Medkouri (4-0) et Cissokho (1-1) en sont à leurs débuts dans la discipline et cela s’est vu.
Chez les filles, combat confus entre la Britannique Dixon (4-0) et la Franco-Marocaine Zouak (6-5), beaucoup plus clair entre la Polonaise Wozniak (7-0) et la Russe Feofenova (8-2) avec une belle soumission (étranglement) de la première nommée.

Deux combats d’encadrement ont suscité beaucoup de passion dans le public, en particulier celui opposant l’expérimenté Damien Lapilus (20-14) au plus jeune Amin Ayoub (16-6). Plus précis, Lapilus touchait son adversaire d’un direct du droit et ce dernier était logiquement arrêté. Ibrahim Mane (9-4), sociétaire du Team Kumité a su résister aux nombreuses tentatives de take down du Suisse Magomed Ayskhanov pour s’imposer logiquement par décision unanime.

Les résultats
Abdoul Abdouraguimov (France) bat Karl Amoussou (France) par TKO 1er round (arrêt médical) et conserve son titre de champion welterweight Ares face au challenger champion Hexagone MMA
Akmed Salamov bat Jose Galindo par soumission 1er round et s’empare de la ceinture vacante champion middleweight Ares
Featherweight : William Gomis bat Jose Marcos par TKO 3e round
Heavyweight : Slim Trabelsi (Tunisie) bat Luis Henrique (Brésil) par décision unanime
Lightweight : Damien Lapilus (France) bat Amin Ayoub (Maroc) par TKO (arrêt médical) au 2e round
Heavyweight : Shamil Gaziev (France) bat Kirill Kornilov (Russie) par décision partagée
Women’s strawweight : Ewelina Wozniak (Pologne) bat Anastasia Feofanova (Russie) par soumission 2e round
Welterweight : Ibrahim Mané (France) bat Magomed Ayskhanov (Russie) par décision unanime
Women’s bantamweight : Melissa Dixon (Grande-Bretagne) bat Rizlen Zouak (France) par décision unanime
Heavyweight : Badr Medkouri (France) bat Alpha Cissokho (France) par TKO 2e round

A Paris, Jean Baptiste Cadet
Photos: Jean Baptiste Cadet et DR

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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