Dimanche 26 janvier, les trailers avaient rendez-vous à la Plaine des Cafres pour la célèbre Transvolcano de 45 kilomètres. Un parcours dans la boue où Fred Morin l’emporte devant David Dijoux pour les hommes et Emlilie Maroteaux devance Angélique Lesport sur le podium pour les femmes.

Elles ont brisé le cœur de tous les cafriplainois et spectateurs sur la route du volcan, elles nous ont émerveillés de par leur talent et leur pugnacité. En ce jour dominical, un rayon de soleil fit son apparition au-delà des cîmes du piton Textor. Juste après les pluies torrentielles de ces derniers jours avec la problématique du maintien ou de l’annulation de course organisée par l’AAJ (Association Athlétisme Jacky). Les femmes étaient au rendez-vous avec de belles performances.

« 05h00 du mat j’ai des frissons », pour une reprendre une célèbre chanson. 10° à l’ombre, température estivale de ces hauts plateaux. Le bras levé, le pistolet de starter résonne dans la brume matinale. Plus de cinq cent trente trailers s’élancent pour une course de 45 kilomètres. L’absence des grands ténors a ravivé les ambitions et les appétits des coureurs sur cette Transvolcano de la Plaine des Cafres. Dimanche 26 janvier. Dès le départ, Fred Morin donne toute sa mesure et prend les choses en mains bien décidé à marquer un grand coup : « Avec mon camarade d’entrainement Florent Boyer, nous avions décidé de faire la course ensemble. Nous sommes partis sur un rythme assez soutenu, pour prendre de l’avance au Pas de Bellecombe. Malheureusement, victime d’une douleur à son genou, il a dû s’arrêter. J’avais huit minutes d’avance, j’ai continué à creuser l’écart, je me suis pris au jeu, je suis parti, et au final je totalise 12 minutes d’avance à l’arrivée. Je ne me suis pas soucér de savoir qui était derrière moi. Cette course fait partie de mes objectifs avec celle de la Caldeira. Je prépare le Championnat de France au mois de mai. Je m’adapte au terrain, courir dans la boue ne me dérange pas, mais je n’aime pas courir la nuit ».

Véritable scénario digne d’un film à la Hitchcock, la course était bien loin d’être bouclée et les multiples rebondissements ajoutèrent un peu plus de piment à cette édition 2020. Emilie Maroteaux la Kiné saint-pauloise avait bien décidé de ne pas se faire souffler la victoire par Angélique Lesport : « J’ai abordé cette course en grande difficulté, je n’avais pas de jambes au départ. Je me suis décidée hier matin à faire la course. Je me suis beaucoup entrainé cette semaine, je n’’étais pas reposée.

Je prépare le trail long cette année, l’objectif étant le Grand Raid. Mes douleurs musculaires m’ont handicapé dès le départ, cela allait mieux au niveau du volcan. Au piton Textor, j’avais très mal au ventre, j’ai dû m’arrêter plusieurs fois, et c’est pour ça qu’Angélique m’a rattrapé. Elle a un très bon niveau. Je l’ai vraiment vu à la fin, sur le dernier km ou on a terminé au sprint, au bout des 45 km ce n’était pas évident. C’est là que l’on mesure que les entrainements avec un peu de vitesse peuvent servir, je suis contente d’avoir gagné à l’arraché ».

Drôles de dames

En terminant 1ere féminine réunionnaise sur le Trail de Bourbon 2019, Emilie Maroteaux ira bientôt sur le trail du Roc de la lune début mai, courir 85 km. Elle participera également au championnat trail long avec le « Trail de minuit ». Son coach et compagnon Julien Libertiaux de l’Association Run Passion trail croise les doigts : « on a créé cette association il y a maintenant six mois et comptons une trentaine de coureurs adhérents. Il nous reste à structurer l’association, avec notamment la venue de Rosaire Rivière entraineur. Basé à Saint-Paul, on reste une petite structure, conviviale avec de bons résultats ».

Angélique Lesport, la deuxième féminine du trail de la Transvolcano, deuxième du trail de Saint-André voulait bien décrocher la première place au volcan : « Le trail de Saint-André c’était pour le plaisir ! Sur le départ de la Transvolcano, je me suis mis une petite pression, je me suis dit allez vas-y ! Essaie de foncer, fais-toi un peu mal, les jambes ont tenu, je suis contente. Je ne connaissais pas Emilie Maroteaux, c’est vrai que sur la fin on s’est fait une belle petite belle course. Un beau sprint. Je l’ai vu à 3 km de la fin, je l’avais dans mon viseur, elle ne voyait pas que j’étais juste derrière elle, je me suis dit que c’est cool, je colle, je pensais que sur la fin cela allait partir tout droit, du coup je fais un sprint, énorme et monumental. J’arrive à la rattraper, elle se retourne, réagis. J’étais cramé. Emilie a fait une belle couse, elle a mené tout le long, j’étais briffée par les spectateurs qui me donnaient le temps, alors que j’étais en deuxième position, 10 ‘ devant. Elle avait un bon rythme, mais je me suis dit qu’il fallait y aller, j’ai essayé de relativiser en disant que ce n’était pas grave, elle est bien meilleure que moi, je la laisse, je me suis dit vas-y fonce essaies de pousser encore un peu, sur les 5 kms il ne restait plus que 5 secondes devant. J’y ai cru jusqu’au bout. J’aimerai bien me tester sur des courses un peu plus longues genre du 70 km, peut-être la Caldeira qui me fait de l’œil ».

Texte et photos : Gil VICTOIRE

Tous les résultats sur :
https://www.sportpro.re/resultats/epreuve/03643-transvolcano/

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Connu et reconnu par les tous les sportifs, boîtier à portée de main prêt à déclencher, Gil Victoire a fait de sa passion de la photo de sport un art de vivre. Tous les week-end, il arpente les sentiers pour figer les plus beaux instants des courses sur la Réunion. Il y a de grandes chances que vous le croisiez lors d’un trail.

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