15 octobre 2020 : une date que l’on va tenter d’oublier le plus rapidement possible. Putain de Covid-19. Il nous aura gâcher la fête jusqu’au bout celui-là. On aurait dû être en pleine semaine du Grand Raid de La Réunion. La ferveur, l’ambiance, les pleurs et les joies, la fête et la communion autour du sport. Il reste comme un goût amer dans la bouche. Un goût de pas assez, un goût de pas du tout oui. Vivement que l’on passe à 2021. Et que cette année-là rime avec espoir et sport.

Cela aurait dû être la fête du sport, la fête du trail pour l’une des courses mythiques dans le monde, sur notre petit caillou. Et les efforts de Robert Chicaud qui s’est battu comme un beau diable n’y auront rien fait face à ce microscopique virus qui aura anéanti les espoirs de milliers de coureurs.

Voici donc cher lecteur, ce que tu as raté :

– Une attente interminable lors de la remise des dossards. Une épreuve avant l’épreuve.

– Le stress avant le départ. T’as beau tremper tes lèvres dans une Dodo pour te détendre, t’es encore plus en stress que quand t’as rencontré beau-papa pour la première fois.

– Le départ. C’est là que tu comprends pourquoi tu avais une séance de piste sur ton plan d’entraînement.

– Les premiers kilomètres. La vie est belle, le jour se lève, le bonheur. T’inquiète pas, ça ne va pas durer.

– Cilaos. Le « faudra arriver frais à Cilaos » est un vague souvenir. Les cuisses ont hurlé dans le Coteau Kerveguen, t’as déjà vomi deux fois et ta cheville droite a cru que c’était une bonne idée de se plier vers l’intérieur. Que la fête commence.

– Le Taïbit. Ça y est, t’es dans Mafate. Le truc le plus fort que t’as vu dans ta vie, si si loin devant la naissance de ton premier enfant (mais ça faut éviter de le dire sinon ça va encore faire des histoires).

– Mafate. Le coeur de l’île est sublime, inversement proportionnel à ton état physique. On te montre le Maïdo à grimper, tu crois que c’est une blague. Un peu plus tard tu pleureras.

– Les sentiers Péi. Quand ça monte tu veux une descente, quand ça descends tu veux une montée. Mais ce que tu veux par dessus tout, c’est que tout cela se termine.

– Les délires qui suivent : Ratineau, Kaala, chemin des Anglais… Des tortures qui n’ont rien à envier à celles pratiquées pendant le moyen-âge. Et oui, tu pues autant qu’un type de cette époque.

– La pause avant la descente du Colorado. Sur une autre course, quand il reste moins de 5 kilomètres tu te jettes dans la descente sans cogiter. Là, mieux vaut être lucide si tu ne veux pas te fendre le crâne alors que tu vois La Redoute.

– Le stade de La Redoute. La délivrance. Tu aimes ton corps mais lui te déteste. Tu vas d’ailleurs le mettre encore plus en PLS avec une bière avant de t’effondrer définitivement sur l’herbe aussi confortable qu’un lit king size dans un grand palace.

Les trois numéros de l’excellente revue « Point de côté » sont disponibles sur : www.pointdecote.fr

Point de Côté – N°3

20,00€

La revue trail grand format et garantie sans pub
Numéro 3 – Date de parution Août 2020

192 pages / Préface Emelie Forsberg

De la fabuleuse Leadville 2006 et la naissance d’un barbu bien connu en passant par Savate, l’application préférée des coureurs, sans oublier la découverte du plus génial entraîneur de ces dernières années…

Texte d’intro et Photo Pierre Marchal

   Envoyer l'article en PDF   
Article précédentLa passe de trois pour le TCSA
Article suivantUn surfeur tué par un requin en Australie
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici