Le décret paru lundi 11 mai au Journal officiel stipule que les sportifs inscrits sur les listes de haut niveau, les sportifs espoirs et ceux des collectifs nationaux, ainsi que les sportifs professionnels peuvent s’entraîner dans des établissements couverts, à l’exception des pratiquants de sports collectifs et de combat. Une décision qui satisfait le DTN Julien Issoulié, soucieux cependant de préserver la santé des athlètes de la FFN en rappelant les consignes élémentaires de sécurité et l’importance des gestes barrières.  

Que représente ce 11 mai ? S’agit-il du bout du tunnel ou d’une nouvelle étape à franchir avant un retour à la normale ?
C’est un premier pas. Il nous manque pour l’instant le détail de ce déconfinement. Depuis ce matin, on sait que les piscines peuvent à nouveau ouvrir, mais l’incertitude plane encore sur les conditions de ces réouvertures.

Le décrété promulgué par le Premier ministre permet tout de même d’y voir un peu plus clair.
Ça ouvre des possibilités pour les sportifs de haut niveau, mais il appartient maintenant aux municipalités de s’organiser en conséquence pour permettre une reprise de l’entraînement dans les meilleures conditions. De notre côté, nous n’avons pas attendu pour édicter un protocole de reprise en insistant sur le port du masque, le respect des gestes barrières et en rappelant que seul un nombre limité de nageurs par ligne d’eau pourrait être mis en place.

Pas de reprise, en revanche, pour les sports collectifs de la fédération (water-polo et natation artistique).
Ils vont reprendre, mais individuellement, sans se mélanger. Ce sera surtout des exercices physiques dans l’eau, mais il n’y aura par exemple pas de confrontation en water-polo. Pour ce qui est du plongeon, il semblerait que l’INSEP rouvrira en fin de semaine et que nos athlètes pourront remonter sur les plongeoirs lundi prochain (18 mai).

Avez-vous eu les entraîneurs nationaux au téléphone pour évoquer ce déconfinement ?
Bien sûr ! Nous avons été en contact tout au long du confinement. Depuis la semaine dernière, nous évoquons ce déconfinement pour préciser les choses et surtout les conditions sanitaires de reprise. Rien n’est laissé au hasard. Il importe de veiller sur nos nageurs.

Au-delà des conditions sanitaires, sur quoi faudra-t-il être particulièrement vigilant dans les prochaines semaines ?
Il s’agit surtout de prendre le temps de digérer cette période et de s’assurer que les athlètes retrouvent tranquillement leurs habitudes. Le confinement a été une période exceptionnelle. Nous ne sommes pas tous égaux face à ce genre d’événement. Il faut maintenant s’assurer de l’état de fraîcheur mental des uns et des autres et ne surtout pas brusquer la reprise.

Qu’en est-il de l’impact du confinement sur la Fédération ?
Il y a déjà eu de nombreuses discussions à ce sujet. On essaie d’anticiper, mais pour l’instant, nous manquons de recul. On ne mesure pas encore précisément les effets de ce confinement. La situation sera probablement plus claire en septembre prochain. Il faut juste espérer que les piscines rouvriront et que les familles renverront leurs enfants dans les bassins.

L’absence de compétition peut-il également s’avérer problématique, tant pour les athlètes, les clubs que pour l’institution fédérale ?
Ce n’est pas dramatique, à mon sens. Nos nageurs vont en profiter pour expérimenter et innover. Cependant, nos entraîneurs n’ont pas attendu ce confinement pour s’interroger sur leur pratique. Ils sont sans cesse en train de se remettre en question pour permettre à leurs athlètes d’être le plus performant possible.

Cette crise sanitaire peut-elle constituer un accélérateur de pratique sportive ?
Je l’espère, mais je crains que le quotidien nous rattrape très vite. Les gens vont rapidement retrouver leurs habitudes. Il faut voir comment la pratique sportive va évoluer.

Qu’est-ce qui est le plus urgent désormais ?
Il m’importe surtout que tous nos athlètes retrouvent l’entraînement avant de se projeter sur la saison prochaine avec ambition et détermination.

Le report des Jeux olympiques de Tokyo peut-il permettre à la relève tricolore de gagner en expérience, en maturité et en confiance ?
J’en suis convaincu ! A mon avis, c’est une vraie opportunité à saisir. Je pense que certains de nos jeunes vont avoir plus de chances de se qualifier aux Jeux.

Photo Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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