Entraineur engagé et impliqué, Jean-Yves Dafreville vit une saison très délicate avec Saint-Paul. La jeunesse de l’effectif alliée au contextesanitaire, ne facilitent pas la tâche du staff, de plus en plus compliquée d’année en année. 

Entre galère et bricolage, entretien avec un entraineur qui se bat pour la survie de son équipe en Régionale 1. 

Gadiamb : La lourde défaite 5-1 au stade Kleber Picard du Tampon est-elle inquiétante ? 

Jean Yves Dafreville : “ C’est en effet une prestation très inquiétante, mais on ne s’étonne pas de nos difficultés actuelles : Quand le championnat a repris, il a fallu reprendre contact avec les joueurs, les rappeler etc… Vous l’avez constaté ce dimanche : Je bricole. Je dispose d’un groupe de 18 joueurs avec au moins 5 éléments âgés de 17 ans. Tant bien que mal, on essaie de maintenir la cadence pour que demain, nous ne soyons pas surpris de la descente.

On sait très bien que sur 13 journées, ce sera compliqué, je ne sais pas comment ça va se passer, mais on se battra jusqu’au bout. Aujourd’hui on est avant derniers, on n’est pas bien, on a des soucis. Il faut se remobiliser. On a prouvé contre la Capricorne (victoire 2-0 NDLR)  que l’on en était capable.

Gadiamb : Estimez-vous que tous vos joueurs se sont battus ce dimanche face au Tampon ? 

Jean Yves Dafreville : On s’est battu avec nos moyens. On restait sur un très grand match mais on n’a pas répété notre bonne performance.

Après, faut admettre que niveau implication, on ne tire pas tous dans le même sens…Mais on a un groupe jeune, la plupart découvrent la Régionale 1. Il ne faut pas les blâmer.

De toutes les façons, le championnat n’est pas terminé.

Gadiamb.re :  Voir la grande Saint-Pauloise dans cet état, ça vous fait de la peine ? 

Jean-Yves Dafreville : Moi ça fait 5 ans que j’entraine dans ce club… .5 ans que je demande qu’on nous aide. Chaque année, on réussit à se maintenir et c’est un exploit vu nos difficultés.

Tous nos bons joueurs viennent puis repartent. Regardez Musbahou : Je l’ai fait venir après l’avoir repéré au Port, aujourd’hui il est très bon avec Sainte-Marie.

Ces départs vont malheureusement continuer à l’issue de cette saison, à cause de notre manque de moyens justement.

Il faut qu’on reconstruise la Saint-Pauloise. On va se battre.

Mais j’ai de la peine, car ce sont des gamins qui sont là depuis plusieurs années, ils n’ont pas de boulot, ils n’ont rien ! Ils n’ont que le foot.

Moi et les dirigeants, on a un rôle social, mais sans les moyens on ne peut pas faire de miracles.

Gadiamb : Ce championnat sur 13 journées ne vous avantage pas …

Jean-Yves Dafreville : C’est clair, 13 journées, ce n’est juste pas possible ! On ne peut pas condamner une équipe sur 13 journées, c’est inadmissible.

Après, il y a un règlement, on attend les annonces des instances, il y aura certainement des recours et des gens qui n’accepteront pas ça.

Moi je dis qu’il faut une saison blanche, car c’est ce qu’on nous a dit au départ !

Nous, on a des joueurs qui sont pères de famille, qui ont un travail à coté, qui ne se sont pas beaucoup entrainé…On ne peut donc pas faire descendre un club dans ces conditions. Demandez aux autres clubs, c’est pareil : J’ai pu m’entretenir avec beaucoup de coachs qui pensent la même chose que moi.”

Texte Kevin Payet
Photos Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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