Installé en France depuis février 2018, Dylan Techer champion de la Réunion de supermotard en 2017, a quitté son île natale pour tenter l’aventure métropolitaine. Le jeune tamponnais de 23 ans n’a pas froid aux yeux et compte bien rivaliser avec les plus grands.

Après avoir détrôné Pascal Dorseuil de son piédestal la saison dernière, Dylan Techer a franchi les océans pour s’installer à Lyon. Une décision mûrement réfléchie qui va lui permettre de vivre son rêve et qui sait peut être, de toucher les étoiles.

Sur les conseils de son aîné Pascal Dorseuil, qui déclarait en fin de saison « Dylan doit aller se frotter à ce qui se fait de mieux en France, il faut qu’il quitte la Réunion”, le jeune prodige en deux roues n’a pas choisi la facilité. Interview sans concessions de l’avenir du super motard réunionnais.

Tout quitter à la Réunion, sa famille, ses amis, sa compagne pour aller vers l’inconnu en quête de reconnaissance et d’expériences, cela n’a pas été trop dur ?

« Effectivement, c’est compliqué. J’ai du prendre une année sabbatique, économiser et compter sur mes amis. Quitter mon emploi de garagiste. C’est un choix difficile, mais je suis arrivé à un moment crucial de ma carrière de jeune pilote. Partir devenait essentiel si je veux progresser en super motard, il n’y a pas d’autres alternatives.

Mes sponsors me suivent notamment Scootshop, Pit Services, Toulet Médical et Hope boutique.

Il y a deux ans j’ai refusé une proposition. Je n’étais pas prêt. Là, j’ai senti que c’était le moment. Ma deuxième place à la finale du championnat de France à la Réunion en 2017, ma victoire sur Pascal Dorseuil ont sans aucun doute été les éléments déclencheurs qui m’ont poussé à franchir le cap. Stéphane Garcia du Team Click Air à Avignon est venu me chercher. Il fallait répondre rapidement. Je ne pouvais plus hésiter. Quand c’est ton heure… »

A la Réunion, il n’y a pas d’autre choix que de partir ?

«  Oui, en super motard, on doit se frotter à d’autres pilotes et surtout courir sur d’autres circuits. J’ai la chance de côtoyer des pointures, des pilotes qui sont largement au-dessus de moi comme Sylvain Bidart, Thomas Chareyre et Laurent Fath. Cela remet les choses à leur place et me permet de voir et de considérer la marge de progression qu’il me reste à accomplir.

En France, 4 autres réunionnais se distinguent sur les circuits avec le plus jeune pilote pro, Quentin Prugnière (13 ans), Xavier Cazal, Lucas Robert et Gauthier Laurens, le frère de Romain. Je ne suis pas seul ».

C’est quoi une journée type pour toi ?

«  Lever 7h00. Petit déjeuner diététique. L’entraînement est basé sur beaucoup de cardio avec du vélo et de la course à pied. Du renforcement musculaire, des agrais. Je m’entraîne seul, sans coach en France. Je suis au pied de la lettre le programme de Mike Lopez  qui me coachait à la Réunion. Il faut un mental d’acie »r.

Quels sont tes objectifs cette saison ?

«  Pour l’instant 5ème au championnat de France, je veux rester dans le top 10. Une place sur le podium, cela va être dur. Le niveau est très élevé, d’autant plus que le championnat est ouvert à des coureurs étrangers. La concurrence est rude. Mais cela me motive. Cela occasionne de belles bagarres. Sinon, j’ai à cœur de faire plusieurs courses en Europe dans le cadre du championnat. Aujourd’hui après avoir consacré beaucoup de temps et d’énergie en super motard, le travail et les sacrifices commencent à payer ».

Quels sont tes modèles, les pilotes que tu admires ?

«  Incontestablement, Pascal Dorseuil est l’exemple à suivre, celui qui a montré la voie. Pour l’avoir battu trois fois en super motard, et une fois en moto cross, il reste celui qui nous a tout appris. C’est l’homme des superlatifs avec 20 titres de champion de la Réunion, un palmarès à faire rougir. A 44 ans, il est notre modèle à tous. Aurais je encore assez de motivation au même âge que lui ? »

Et en France ?

« Incontestablement, Sylvain Bidart et Thomas Chareyre. En motocross, je pense à Marvin Musquin, une vraie star. J’ai encore une énorme marge de progression derrière eux. Je suis encore jeune. J’ai beaucoup à apprendre. L’année qui s’annonce est importante pour moi. J’y crois ».

Que te manque t’il le plus en France ?

«  Ma copine c’est sûr. Elle me seconde beaucoup à distance, pour le côté administratif, elle m’épaule. J’ai une pensée particulière pour Bernard Gallé, mon ancien préparateur à qui je dois beaucoup et qui m’a initié au milieu de la moto. C’est grâce à lui que j’en suis là. A Lyon j’ai retrouvé mes dalons de mon enfance Baillif, Evan et Anthony avec qui je partage une maison en co-location. Ils sont ma seconde famille, ma source de confort. C’est une maison en banlieue de Lyon, avec un jardin et un garage pour le matériel et les motos.

Sinon ce qui me manque le plus, ce sont les caris poulets (rires), le soleil un peu. Mais on s’habitue ».

Pas de regrets ?

«   Non pour l’instant, je trace ma route. Concentré sur mes objectifs. J’ai un bon Team, une équipe qui me suit. Beaucoup de portes se sont ouvertes. Je multiplie les déplacements en Europe, en Italie à Ottobriano. J’ai couru sur une vingtaine de circuits en quatre mois. C’est le métier qui rentre. Je mesure la chance que j’ai et j’en profite. C’est mon côté aventurier ».

Un conseil à donner aux jeunes réunionnais désireux de se lancer dans l’aventure ?

«   Ne pas cesser de croire en soi. Et de partir le plus tôt possible, à mon avis c’est la clé de la réussite. Quand on voit Quentin Prugnières, pro à l’âge de 13 ans, cela force le respect. Il a bénéficié de l’environnement familial qui lui a permis de s’installer en France. Il est très entouré. Je connais bien son père.

Aujourd’hui je vis une expérience incroyable et j’aspire à faire partie de l’équipe de France pour le Super Motard des Nations ».

Texte: Anakaopress
Photos: Pierre Marchal
Dylan TECHER court sur une Kawasaki 450 KXF.

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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