Contre toute attente ce dimanche en Coupe de France, Saint-Pierre a été éliminée par les Mahorais de M’T’sapéré aux tirs aux but (1-1 puis 4 TAB à 5)
Résultat logique, malgré une domination technique et physique des Cigognes, mais un manque d’engagement évident.

Sur le papier, les Saint-Pierrois étaient les grands favoris : Un parcours héroïque la saison dernière, un statut de quintuple champion de la Réunion, et plusieurs joueurs en contrat fédéral.
En face, une équipe composée de joueurs exclusivement bénévoles, et surtout un passé beaucoup moins glorieux dans la compétition : Le seul fait d’arme des Mahorais remonte à 2017, et une élimination (2-3) face à Rodez au septième tour. Autre handicap : ces joueurs n’ont pas eu de championnat cette saison à cause du contexte sanitaire, et partent avec un déficit physique évident.
Pourtant, dès l’entame du match, ce sont les joueurs de l’Ile aux Parfums qui se montrent dangereux : Ybnou Charaf Ben Hamadi reprend de volée dans la surface saint-pierroise un ballon qui traine, mais manque de peu le cadre (3′)
Ensuite, c’est Ben Ibrahim qui exploite une passe en retrait mal assurée par Betrand Bador à son gardien, mais qui se heurte à la très belle sortie du Saint-Pierrois Mathieu Pélops. (10′)
Dès lors, on comprend que les joueurs de M’tsapéré ne sont pas là pour faire de la figuration. En face, les Sudistes ne sont dangereux que sur les coups de pieds arrêtés d’Andjy Vardapin, mais sont freinés par les très belles interventions du gardien mahorais Mickael Salim.
Il faut attendre la 20ième minute pour voir les Saint-Pierrois construire et poser leur jeu. Stratégie immédiatement payante : Vardapin déborde sur son côté droit, centre à ras de terre pour Loïc Rivière qui, tout seul au second poteau, ouvre le score du plat du pied.
Les Saint-Pierrois mènent, mais ne sont pas malheureux au vu des nombreuses occasions concédées. Ils repartent aux “vestiaires” avec cet avantage.

Dès la reprise, les hommes de Christian Dafreville poussent pour aggraver le score, afin de tuer le match. Durant le premier quart d’heure, ils campent dans la moitié de terrain adverse mais sans se procurer de réelles occasions.
Amidi Massoundi, le coach mahorais, comprend qu’il faut injecter du sang neuf : Il fait rentrer Ali dans la dernière demi-heure.
Changement payant, car c’est ce même Ali qui, sur un contre, égalise : Il déborde dans la surface saint-pierroise, fait mine de centrer, mais catapulte le ballon dans les filets de Mathieu Pélops. (82′). Imparable.

M’Tsapéré a réussi son pari : emmener Saint-Pierre aux tirs au but, avec la suite que l’on connait.
Après cette défaite, le coach saint-pierrois Christian Dafreville dresse un constat dur mais lucide “On n’a aucune excuse, je ne vais pas trouver d’excuse : Eux n’ont pas joué de championnat, ils étaient moins prêts physiquement que nous. Il y avait une bonne équipe en face, et nous n’avons pas su faire la différence. Ils méritent leur victoire, nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-même”
Coté mahorais, on savoure, car l’exploit est grand explique Youssouf Ibrahim Cissé (ex Sainte-Marienne) : “On savait qu’un match très difficile nous attendait. On a encaissé un but dès l’entame, on savait qu’il ne fallait pas en encaisser un autre avant la fin des 45 premières minutes, et qu’à un moment donné, on aurait une occasion. Fallait juste être réaliste, et la mettre au fond… C’est ce qu’on a fait”

Après cette élimination en 32ième de finale, la saison saint-pierroise est quasiment terminée. Il reste à cette équipe deux matchs de championnat à jouer pour hypothétiquement défendre le titre de champion de la Réunion… Dur retour à la réalité.

Texte: Kevin Payet
Photos: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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