Joueur cadre de l’Excelsior depuis plusieurs années, Jacques Grondin forme avec Gaël Payet l’une des plus belles charnières de notre championnat. On l’oublie trop souvent, mais le talentueux défenseur central a fait ses classes à Nantes, où il n’est pas passé loin d’une carrière professionnelle. En profitant du partenariat entre le club Tango et les Canaris, il est resté 4 ans en Loire-Atlantique. Aujourd’hui, à 30 ans, Jacques ne regrette rien, et fait presque office d’ancien dans la très jeune équipe saint-josephoise. Entretien.

Gadiamb : Avant d’évoquer ton parcours, que penses-tu de la saison de l’Excelsior ?

Jacques Grondin : Depuis quelques semaines, il faut l’avouer, on avait du mal offensivement, notamment en termes de conclusion. Ce dimanche face au Tampon, cela s’est mieux passé. Malgré l’ouverture du score rapide contre nous, on a pu réagir et être efficace. Il faut se servir de ce match pour l’avenir.

Vous êtes l’un des meilleurs à votre poste à la Réunion, quand on vous voit jouer, on se dit qu’il ne manquait pas grand chose pour que vous passiez pro à 20 ans….
N’exagérons rien ! C’est vrai que j’étais bien parti à Nantes, mais le monde professionnel est très dur et exigeant. Il y a beaucoup d’appelés pour peu d’élus. Je suis de la même génération que Claudio Beauvue (Celta Vigo), ou que Giovanni Sio (Ex Rennes et Montpellier). Notre génération n’a pas connu beaucoup de réussite et peu d’entre nous sont passés pros.

Vous avez quelques regrets ?
Je crois qu’il faut relativiser : L’important est de faire ce que l’on aime. Après c’est sûr que j’aurais aimé réussir en métropole, c’est le rêve de tout gamin. Le problème, c’est que là-bas, la vie est dure, la concurrence rude, et l’éloignement avec la famille difficile à supporter quand on est jeune. Il faut aussi reconnaître qu’il y avait peut-être meilleur que moi.

Nantes est un club qui vous plaisait ?
J’aimais beaucoup la ville. Concernant le club, malheureusement, je suis arrivé à une période où la philosophie commençait à changer. On misait moins sur la formation, qui pourtant était l’une des bases du FCNA. C’est à cette époque que Valdemar Kita est arrivé (2007) et la politique qu’il a menée au club, franchement, je n’en étais pas fan. J’espère qu’il m’entendra !

Vous êtes défenseur central, et n’êtes pourtant pas très grand. Cela a joué en votre défaveur selon vous ?
Être défenseur central et mesurer moins d’1 mètre 80 aujourd’hui, c’est clair que c’est très rare. Il n’y a qu’à la Réunion qu’on voit ça. Ici, plus que la taille, c’est l’impact physique et l’agressivité qui font la différence. En métropole, évidemment, ce n’est pas pareil. Regardez en Ligue 1 : Vous en voyez, vous, des défenseurs centraux de moins d’ 1 mètre 80 ? Dans les années 2000, je n’ai connu qu’Ayala, Carles Pujol ou Cannavaro qui étaient de « petits » défenseurs centraux.

Ces joueurs précédemment cités, vous les admiriez étant jeune ?
Bizarrement, j’étais plutôt admiratif des joueurs à vocation offensive comme Zidane.
Après oui, en défenseur, j’ai beaucoup aimé l’italien Fabio Cannavaro (Ballon d’Or 2006 et dernier défenseur à avoir eu cette distinction) : C’était vraiment le petit gabarit fonceur.

Entretien : Kevin Payet
Photos : Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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