Christian Dafreville est un homme heureux : L’entraîneur de la Saint-Pierroise est encore en course sur tous les tableaux avec les sudistes, et grâce à des choix tactiques payants, il a réussi l’exploit d’éliminer la Jeanne d’Arc ce dimanche, dans le cadre de la demi-finale de Coupe Régionale de France, avec une équipe réduite à 9. Entretien avec ce coach discret, et qui travaille dans l’ombre. 

Gadiamb : Quel exploit ! Réussir à éliminer la Jeanne en jouant à 9 pendant 45 minutes… Avez-vous conscience que c’est une énorme performance ? 

Oui, surtout qu’en face, ce n’est pas n’importe qui, c’est quand même la Jeanne d’Arc.

Souvent, on nous a dit qu’on était fragiles mentalement, et timides. Je crois qu’on a prouvé le contraire. Les joueurs ont fait un gros match, et je suis fier d’eux.

On a l’impression que vous étiez meilleurs une fois réduits à 9…

Peut-être, mais c’est surtout parce que cette année, on a un mental exceptionnel.

On est passé par des moments difficiles, et aujourd’hui on récolte les fruits qu’on a semé depuis 5 ans. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit aux joueurs avant le match : Tous les échecs qu’on a connus doivent être une force. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui.

Lorsque vos deux joueurs ont été expulsés, on vous a vu réunir toute l’équipe sur le bord du terrain. Qu’avez-vous dit à vos joueurs ? 

Je leur ai dit de ne plus attaquer, de défendre tout simplement. On a l’habitude à l’entrainement de faire des “attaques défenses”, et je sais de quoi mes joueurs sont capables. Bien qu’en jouant à 9, j’ai toujours su qu’on pouvait s’imposer.

Il suffisait juste qu’on tienne physiquement, et la grosse préparation qu’on a faite cette semaine nous a beaucoup aidée.

Vous trouvez les 2 expulsions justifiées ? 

Franchement, Vardapin ne doit pas être expulsé. Ce n’est pas possible. Que voulez-vous ? Je ne veux pas mettre d’huile sur le feu, mais tout le monde a vu que c’était sévère. Il faut accepter la décision, chose plus facile à faire quand on a gagné, c’est évident.

Par contre, il y avait clairement penalty lorsque le gardien du Port a crocheté Ryan Ponti en première mi-temps. Et rien n’a été sifflé.

Vous vous êtes procuré les meilleures occasions en étant réduits à 9… C’est un peu fou à dire mais le 0-0 a presque été une déception à la fin des 120 minutes…

On a défendu ! C’est tout ! Quand on défend bien, on fait le plus dur. Je l’ai répété beaucoup de fois, et vous ne m’avez jamais cru.

Mais en même temps, la meilleure défense c’est l’attaque, il faut arrêter de jouer tout le temps la défense et de mettre toute une équipe devant les 16 mètres.

Ça, c’est facile, tout le monde peut le faire. Ce n’est pas comme ça qu’on va faire progresser le football réunionnais. Dimanche, avec une bonne préparation tactique, on a prouvé que le mental était aussi capital dans ce genre de situation.

Vous vous considérez comme les grands favoris pour la finale face à l’AF Saint-Louis ? 

Non ! surtout pas. On va rencontrer une équipe qui a de vraies valeurs mentales. On a déjà joué contre eux, on les connait. Croyez-moi, je ne prends pas ce match à la légère.

C’est pour cette raison que ma joie est mesurée après cette qualification.

Interview: Kevin Payet
Photos: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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