En remportant le relais 4 x 100 mètres mixte avec ses coéquipiers, Alizée Morel a remporté ce dimanche sa 22ème médaille d’or aux Jeux des Îles. Un titre qui a une saveur très particulière puisqu’il permet à la nageuse réunionnaise de devenir l’athlète la plus titrée de l’histoire des Jeux, tous sports et pays confondus. À sa sortie de l’eau, la porte drapeau de la délégation avait encore du mal à réaliser l’exploit. Entretien.

Ça y est, c’est officiel, vous êtes la recordwoman de médailles d’or des Jeux des Îles…

C’est une belle chose. En plus, c’était un super relais. On était à la bagarre avec Maurice. Je me suis dit « let’s go » je ne peux pas la laisser gagner. J’adore les relais, je trouve ça tellement plus beau de gagner en collectif. Encore plus quand c’est pour La Réunion. J’ai grave kiffé ce relais, c’était une super course !

Un petit mot pour Franck Schott ? [ancien nageur réunionnais, précédent détenteur du record de médailles aux Jeux, ndlr]

Franck, je suis désolée ! Va falloir te remettre à l’eau. (rires) Je suis très contente de passer sur les traces de ce grand champion réunionnais. En tant que Conseiller Technique Régional, il a dû nous regarder la télévision. Je pense qu’il savait que je le battrais un jour. Il sait que je suis une compétitrice, et je suis allé le chercher.

Et vous ne comptez pas vous arrêter à ces 4 médailles d’or. Il en reste à aller chercher…

Oui, encore 6 épreuves, ça peut me permettre de placer la barre encore plus haute. On va essayer… Je suis une compétitrice, une chalengeuse. Je vais continuer à aller chercher des médailles d’or. Ça ne va pas être facile, parce que je ne suis pas trop trop en forme cette semaine. Faut bien que je récupère.

Mais avec une équipe comme ça, c’est que du plaisir. On s’entend tous super bien, les jeunes sont à fond derrière nous. On est à fond derrière eux aussi. On a un staff qui est incroyable aussi. C’est que du kiff !

Après, l’organisation, c’est pas facile quand même. Mais bon, on arrive à s’adapter difficilement. On fait avec.

Est-ce qu’à l’instant T, vous réalisez la portée de cet exploit ?

Honnêtement, pas trop. Je me suis toujours entraînée pour me dépasser, pour essayer de m’améliorer chaque jour. C’est beaucoup de sacrifices, beaucoup de discipline. J’ai fait ma carrière au fur et à mesure. Je suis une acharnée de boulot. Je ne réalise pas trop, mais je sais que c’est le prix de beaucoup de concessions que j’ai fait dans ma vie.

Mais je l’ai toujours fait avec le cœur. Parce que je suis fière d’être réunionnaise, je le dis souvent. En le disant, j’ai envie de pleurer… (émue) Je l’ai fait pour porter haut les couleurs de La Réunion, j’espère que les réunionnais seront fiers de moi.

On sent l’émotion en train de monter là…

Oui… Pourtant c’est bête, c’est que du sport, c’est que de la piscine ! Mais on ne voit pas tout ce qu’il y a derrière. Les heures passée dans l’eau. Se lever à 6 heures du mat’, aller dans l’eau froide. C’est quand même compliqué la vie de sportive de haut niveau. Et puis on ne parle pas de tout le mal-être qu’il y a à côté. Le haut niveau ça peut apporter du mal être.

Mais là, je passe un grand moment de sport comme je les aime.

C’est une expérience humaine incroyable. Y’a des gens qui viennent nous voir, sans même savoir comment on s’appelle. Je trouve ça trop beau. C’est ce que j’aime dans le sport. Le partage. Les rencontres. Transmettre des émotions.

Vous venez de nous dire que vous êtes une « acharnée ». Acharnée, au point d’envisager une 5e participation aux prochains Jeux des Îles ?

C’est difficile. J’ai 28 ans. Dans 4 ans, ça fera 32. Je ne sais pas si mon corps me suivra encore. Ça fait quand même 12 ans que je le mets à rude épreuve. Après, vu la beauté des Jeux des Îles… Vu comment j’aime cette compétition… C’est pas impossible que je me remette à l’eau un an avant, comme je l’ai fait là, pour un petit 50 mètres crawl. Je fais tout avec le cœur, on va laisser la vie faire. On verra !

Interview Antoine Forestier pour Zinfos 974
Retrouvez l’intégralité du sujet sur : www.zinfos974.com/alizee-morel-un-grand-moment-de-sport-comme-je-les-aime/

   Envoyer l'article en PDF   
Article précédentMerion dans le top 3 mondial
Article suivantLes garçons en or, les filles en argent
Pierre Marchal
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici