Face à la décision préfectorale de cesser toute activité sportive, l’incompréhension demeure dans le milieu du sport réunionnais. Toutes les compétitions et rencontres sportives sont désormais interdites depuis le jeudi 18 février ajoutant un peu plus à l’incompréhension face à la gestion de la crise sanitaire. Une pétition a été lancée dimanche soir regroupant une trentaine de clubs et associations. Nous publions ci-dessous le communiqué.

Monsieur le Préfet,
Dans un arrêté préfectoral publié le mercredi soir 17 février 2021, avec prise d’effet le jeudi matin 18 février 2021, vous écrivez : “les compétitions, rencontres et manifestations sportives sont interdites pour toutes les disciplines. La pratique des sports collectifs et de combat avec contact est interdite”
Vous précisez que ces interdictions se poursuivront au moins “jusqu’au jeudi 4 mars 2021”.
Cette décision a été prise, Monsieur le Préfet, sans concertation réelle avec le monde sportif. Certes, dans une réunion tenue en audio conférence quelques jours plus tôt, vos services ont succinctement fait allusion à une possible suspension des compétitions de sports collectifs et de combat si la situation sanitaire devait s’aggraver.
A aucun moment il n’a été question d’interdiction effective urgente pour tous les sports.
Dans votre arrêté vous indiquez que ces mesures sont prises pour éviter la propagation du virus et de ses variants.
Monsieur le Préfet, nous, sportives, sportifs, entraïneur.e.s, dirigeant.e.s, bénévoles et parents, sommes dans l’incompréhension.
Parce que nous sommes pleinement conscients du risque sanitaire
potentiellement dangereux et que nous sommes, de par nos pratiques sportives, habitués à respecter les règles, lors de toutes les compétitions, rencontres et entraînements :
– nous appliquons à la lettre les protocoles édictés par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et nos fédérations respectives ;
– certain.es ligues/comités et clubs vont même au-delà des préconisations et renforcent les restrictions.
Cette attitude responsable a payé : malgré l’organisation de plusieurs compétitions, rencontres et entraînements dans différentes disciplines, aucun foyer de contagion (cluster, selon la dénomination des autorités sanitaires), n’a été identifié dans le milieu sportif par l’Agence régionale de santé (ARS).
Pourtant, Monsieur le Préfet, c’est le sport, vecteur de d’intégration, d’insertion, de promotion et de bien-être, que vous décidez de mettre sous cloche.
Votre décision, Monsieur le Préfet, désempare des milliers de pratiquant.e.s, privé.e.s d’activité avec toutes les conséquences néfastes inhérentes.
Elle désempare aussi des centaines de dirigeant.e.s, bénévoles et parents œuvrant sans cesse en faveur de notre jeunesse.
Monsieur le Préfet, nous sportives, sportifs, entraineur.e.s, dirigeant.e.s, bénévoles et parents, vivons votre décision comme une punition pour des faits que nous n’avons pas commis.


Cela d’autant plus que :
– aucun établissement scolaire n’est fermé – et c’est heureux – lorsque des cas de covid-19 sont identifiés et ils sont nombreux selon les chiffres du rectorat ;
– aucun service de l’Etat, ni aucune collectivité ne sont totalement fermés– et c’est heureux – lorsque des cas de covid-19 sont identifiés et cela se produit quotidiennement selon informations de ces Administrations ;
– des centaines de personnes fréquentent quotidiennement les centres commerciaux souvent au mépris des gestes barrières, il suffit de s’y rendre pour le constater ;
Monsieur le Préfet, vous comprendrez aussi qu’à l’incompréhension s’ajoute la frustration. Car dans votre arrêté vous précisez que les compétitions – hors sports collectifs et de combat -, peuvent toujours être organisées mais qu’elles sont réservées au “haut niveau”, c’est-à-dire à très peu de sportives et sportifs.
Monsieur le Préfet, outre le fait qu’une recherche de performance, raison d’être du “haut niveau” est quasiment impossible sans adversité, vous nous laissez ainsi à nous entraineur.e.s, dirigeant.e.s, bénévoles et parents la triste tâche d’éliminer des sportives et sportifs sur le point d’atteindre ce “haut niveau”.
Dès lors, l’incompréhension et la frustration face à ce qui est vécu comme
une sanction injustifiée peut aussi entraîner l’émergence d’entrainements et pratiques “sauvages”, éminemment dangereuses puisque réalisées sans contrôle.
Monsieur le Préfet, pour toutes ces raisons nous vous demandons de bien vouloir :
– revoir votre position concernant la pratique sportive
– d’autoriser les compétitions et la pratiques de tous les sports dans le respect des protocoles sanitaires
– concerter les ligues et comités avant toutes nouvelles prises de décisions
Pour notre part, nous, sportives, sportifs, entraîneur.e.s, dirigeant.e.s, bénévoles et parents, nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour respecter strictement tous les protocoles sanitaires afin d’empêcher la propagation du virus.
Nous l’avons fait avec succès jusqu’à présent.
Vous sachant soucieux de conserver la qualité et le dynamisme du mouvement
sportif – également garant de stabilité sociale -, nous restons à votre disposition pour tous échanges que vous jugerez utiles.

Collectif Non à la mise sous cloche du sport à La Réunion

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Pierre Marchal
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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