Numéro 2 mondiale et vainqueur de la dernière compétition du world tour le mois dernier, la Réunionnaise Johanne Defay (27 ans) entend bien briller aux Jeux Olympiques. Celle qui est « à fond pour décrocher une médaille » explique que son succès tient aussi aux pauses qu’elle sait s’accorder.

« Participer aux Jeux Olympiques est un rêve depuis toute petite. » A 27 ans, Johanne Defay va donc réaliser son objectif qui, enfant, lui semblait si lointain. Depuis ses débuts à la compétition l’âge de 10 ans, et une victoire sur les vagues de la Réunion, elle affiche la même détermination. Elle quitte d’ailleurs l’océan Indien pour intégrer le Pôle France à Bayonne.

Vice-championne du monde en 2017 à Biarritz
Membre de l’équipe de France depuis ses plus jeunes années, Johanne se lance sur le WQS en 2011 et se qualifie pour le CT fin 2013. Tout va décidément très vite et un premier succès en CT en août 2015 à Huntington beach sur l’US Open, la compétition la plus populaire du tour mondial féminin, lui permet de s’installer dans le hit parade de la hiérarchie mondiale. Vainqueur dans la foulée du Fiji Pro (2016) et du Uluwatu Pro de Bali (2018), Defay flirte avec le podium du classement général en montant sur la 5e marche ces deux années-là.
Après une pige en équipe de France en 2017, et une médaille d’argent aux championnats du monde ISA à Biarritz (remportée par sa compatriote Pauline Ado), elle retrouve les Bleus en septembre 2019 durant les Mondiaux ISA au Japon. Un passage obligé sur son chemin vers la qualification olympique. Un mois plus tard, et après une saison finalement plus compliquée que prévu, elle assure son maintien sur le CT et décroche en même temps son ticket pour Tokyo au Portugal.

« Je ne pensais que le surf allait me permettre de participer aux Jeux »
Un moment inoubliable et la consécration (à venir) pour la jeune femme qui se revendique avant tout athlète. « Il y a eu un moment dans ma carrière où j’ai voulu faire la différence entre être une surfeuse ou être une athlète, explique-t-elle ainsi. J’ai voulu devenir une athlète avant d’être une surfeuse et ça m’a aidé dans mon approche de la compétition. C’est à ce moment que j’ai davantage ouvert mon attention sur d’autres sportifs et d’autres sports. »
Après avoir mis en place un plan de carrière uniquement axé sur le tour mondial professionnel, Defay profite de l’entrée du surf au programme olympique pour participer à la plus grande compétition planétaire. « Je ne pensais que le surf allait me permettre de participer aux Jeux, confie-t-elle toutefois. Je pensais peut-être regarder le surf aux JO dans mon canapé, à la retraite (rires), et je suis très heureuse d’être dans cette situation et me battre pour un nouveau rêve. »

« Dans ma carrière, je me suis inspirée d’autres sports » 
Rêve (encore), qui va très vite devenir réalité. Dans quelques jours, elle enfilera le dossard olympique pour 5 ou 6 séries qui la mèneront vers le dernier jour. « Évidemment, je pense à la médaille. Tout athlète qui y participe y pense, c’est définitivement un objectif. On n’a jamais eu ça dans le surf. C’est un objectif qui ne peut se réaliser que tous les 4 ans, je suis donc à fond pour décrocher une médaille. Je suis très contente de vivre ces moments dans ma carrière et sentir ce collectif France. »
A l’heure d’enfiler la tunique bleu-blanc-rouge, Johanne Defay mesure la grandeur de l’évènement auquel elle s’apprête à prendre part. « Les Jeux c’est mondial, c’est le sport, des belles valeurs, le dépassement de soi, la gagne. Beaucoup d’histoires différentes et aussi de grandes déceptions. Je vois Lindsey Vonn et Martin Fourcade, c’est marrant ce sont des sports d’hiver. Dans ma carrière, je me suis inspirée d’autres sports, de ce combat, de l’entraînement qu’ils font. Pour nous, c’est assez nouveau, on se professionnalise depuis quelques années et je me suis donc inspirée de grands champions qui ont eu des dizaines de médailles. »

BIO EXPRESS 
Née le 19 octobre 1993
A Le Puy (Haute-Loire)
Discipline : Shortboard
Club : Saint-Leu Surf Club (La Réunion)
Palmarès
Vice-championne du monde ISA 2017
Championne du monde des nations 2017
4 victoires sur le CT : US Open (2015) ; Fiji Pro (2016) ; Uluwatu Pro (2018) ; Surf Ranch (2021)
N.5 mondiale en 2016 et 2018
N.8 mondiale WSL 2014, 2015 et 2019
Vice-championne du monde junior WSL 2011
Classement national : N.1
Nombre de sélections en équipe de France : 7

A SUIVRE
Dimanche 25 juillet
1er tour dames
(les deux premières en 8es de finale ; les deux autres au 2e tour)
12H20 (5H20 fr) – Série 4 : Tatiana Weston-Webb (Brésil), Johanne Defay (France), Amuro Tsuzuki (Japon), Sogia Mulanovich (Pérou)

Rate this post
   Envoyer l'article en PDF   
Article précédentLes forces en présence
Article suivantBeach start et waiting period aux JO
Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici