A bientôt 40 ans, Fabrice Abriel achève sa formation d’entraîneur après avoir porté le maillot des plus grandes équipes de Ligue 1 (PSG, OM, Nice, Lorient…) pendant dix-sept saisons. Sans regrets et toujours avec la même passion du beau jeu.

Un titre de champion, deux coupes de la ligue – avec l’Olympique de Marseille – après avoir été formé au Paris Saint-Germain. Et dix-sept saisons au plus haut niveau (Amiens, Guingamp, Lorient, OM, Nice, Valenciennes) avant de raccrocher en 2015 : Fabrice Abriel, dont les racines se situent chemin Paul-Fontaine, à la limite de Bois d’Olives et de la Ligne Paradis à Saint-Pierre, possède un palmarès unique qu’il entend bien faire fructifier dans sa nouvelle carrière d’entraîneur.

Il est désormais titulaire du DES Jeps (diplôme d’Etat de sport) et entame le cursus du DEPF (diplôme d’entraîneur professionnel de football) qui doit le mener, dans quelques années, à prendre les rênes d’une formation de L1 ou L2. Dès l’arrêt de sa carrière de footballeur, le Réunionnais, né à Suresnes et demeurant à Orgeval, près de Saint-Germain-en-Laye, a embrassé la carrière d’entraîneur. D’abord en coachant des formations de niveau amateur puis, en 2018, en assistant Patrice Descamps, directeur du centre de formation d’Amiens, auprès des U17, U19 et N3. « J’étais manager ou assistant, je pouvais diriger les entraînements, faire de l’analyse vidéo, intervenir avec les préparateurs ou établir les mises en situation lors des matches. Une formidable école menée de front avec mon diplôme. »

L’Orgevalais n’est pas peu fier de son parcours professionnel. Depuis ses premiers pas dans la pouponnière du PSG – « c’est un non-sens d’avoir pris la décision de supprimer la réserve pro il y a un mois alors qu’elle s’était démenée pour se maintenir », dit-il, éberlué – jusqu’à sa dernière saison à Valenciennes, il n’a cessé de véhiculer l’image d’un milieu de terrain élégant, vif et clairvoyant. « J’ai passé des années formidables, notamment à l’OM et à Lorient. L’OM pour les titres avec des garçons qui savaient faire la part des choses. On pouvait déconner dans le vestiaire mais sur le terrain on était des guerriers. Lorient pour ma rencontre avec le coach Christian Gourcuff, dont le projet de jeu, certes immuable et bien défini, nous permettait, nous joueurs, de nous exprimer pleinement. On pouvait exprimer toutes nos qualités et on avait réponse à toutes nos questions, même quand on ne parvenait pas à mettre en place le plan de jeu. »

Christian Gourcuff,le maître à penser

Fabrice Abriel a gardé de ses années lorientaises le souci de donner aux joueurs des outils, des problématiques qui les épanouissent complètement. « C’était ce qui se faisait de mieux », assène-t-il, conscient que le métier de coach est devenu beaucoup plus volatil. « Le contexte a évolué. Les entraîneurs ont des contraintes d’efficacité et ils côtoient désormais des joueurs qui sont dans des projets de jeu de plus en plus jetables, je dirais. Quand ça ne va pas, on change. On change à la fois d’entraîneur, de système, de discours. Et le joueur zappe, passe rapidement à autre chose. »

Heureusement, il reste des clubs qui possèdent un projet de formation solide – Amiens, Nice, Lyon… – qui restent des exemples aux yeux du Réunionnais. Aptes à former quelques perles rares – « les très grands avec qui j’ai joué se nomment Atem Ben Arfa, Benoît Cheyrou, Marama Vahirua, mais le talent à l’état pur, c’est mon pote Nicolas Anelka » – mais aussi à offrir d’authentiques personnalités, comme Souleymane Dwawara – « il est dans la déconnade dans la vie mais reste exemplaire sur le terrain » – , assure Fabrice Abriel qui ne se verrait pas, en revanche, à la tête d’une équipe féminine : « Mon parcours me qualifie en tant qu’expert. Le rythme, l’intensité ne caractérisent pas le foot féminin, encore que le 8e de finale France-Brésil possède cet aspect physique qui me dit que j’ai encore trop de choses à apprendre, j’ai besoin d’évoluer et d’être boosté. »

Au moment de poser pour la photo souvenir tout sourire – « mais comment quelqu’un peut-il partir de l’île avec le sourire », plaisante-t-il – Fabrice Abriel a dû repenser au dernier riz cantonnais, son plat préféré, pris en famille, à Saint-Pierre, agrémenté d’un rougail dakatine d’enfer. « Celui de ma grand-mère, dans l’esprit familial, un contexte où je peux me lâcher et prendre quatre assiettes sans problème. » Qu’il se rassure : le Saint-Pierrois retrouvera une ambiance similaire auprès de sa belle-famille autour du tajine traditionnel. Bon appétit !

Texte : Jean Baptiste Cadet
Photos : Pierre Marchal

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