Meilleur Français aux Jeux Olympiques de Tokyo-2020, Michel Bourez a été éliminé par le grand favori brésilien Gabriel Medina en quart de finale, ce mardi à Chiba. Le Tahitien, qui aurait pu créer une énorme surprise en se qualifiant au buzzer, n’est pas trop déçu et se focalise déjà sur 2024 et rêve de terminer sa longue carrière par des Jeux sur la vague de Teahupo’o, chez lui à Tahiti.

Michel, tu nous avais dit hier « Si je passe Médina, je vais au bout… » Malheureusement, l’aventure olympique s’arrête en quarts. Quel sentiment t’anime ?
Je ne suis pas forcément déçu car j’ai donné mon max. J’ai fait ce qu’il fallait faire. A deux secondes près, il aurait eu une interférence* et je serai passé (sourire) C’est la vie. Je savais qu’il allait sortir le grand jeu. Il a eu un gros air. Je me suis focalisé sur ce que j’avais à faire : les grosses manœuvres puissantes et les tubes. Malheureusement, ça n’a pas suffi.

Tu es en situation de combinaison après 12 minutes et il te faut deux gros scores pour revenir. Tu prends un tube très profond, techniquement très bien réalisé mais tu ne prends que 6,93… Comme avec Jérémy Florès hier, on voit que finalement le tube ne paye pas…
C’est compréhensible quelque part car nous ne sommes pas sur un spot à tubes. C’est un beach break. Si tu parles de Teahupo’o ou d’un beach break connus pour ses tubes, alors oui, le tube doit être la meilleure note. En moi, je savais que je n’allais pas avoir le score requis là-dessus (8,90) mais je pensais m’en rapprocher quand même. Avec une note plus élevée que mon 6,93, je lui aurais mis la pression.

Dans les dernières minutes, Medina n’est pas venu te coller alors qu’il avait la priorité jusqu’à la fin…
Oui, je suis assez étonné de ne pas le voir à côté de moi. Même après qu’il a eu ses deux gros scores. Si ça avait été moi, je ne l’aurais pas lâché (sourire). C’est gentil de sa part.

L’aventure se termine donc en quarts. Tu termines 5e et réalise le meilleur parcours du clan français. Quel souvenir garderas-tu de tes premiers Jeux Olympiques ?
Une bonne expérience pour une première. Mais si, et je l’avais dit avant de venir, je ne ressens pas les Jeux Olympiques comme les autres. L’objectif de toute ma carrière (commencé il y a plus de 18 ans) n’a jamais été les JO mais le world tour. J’ai toujours voulu être dans le Top 5 mondial, j’ai toujours voulu être champion du monde. Cela dit, les JO c’est un évènement grandiose. Ils vont surtout être bénéfiques pour les jeunes. Ils vont devenir un objectif pour les générations à venir.

Justement, tu tenteras d’être aux Jeux en 2024, chez toi à Tahiti ?
Je pense que je serai toujours là. On ne connait pas encore les modalités de qualifications et c’est pour cette raison et uniquement pour cette raison que je reste sur le tour mondial car il a fait partie du système de qualifications pour Tokyo. Les Jeux de Paris 2024 ne pourront pas se faire à Tahiti sans Tahitien (sourire). Ça serait dommage. On a quelques idées pour les qualifications, on verra ce qui sera décidé. En tout cas, je ferai tout pour rester sur le CT et quoi qu’il arrive 2023 sera bel et bien ma dernière saison. Mais si demain on me dit qu’il n’y pas besoin d’être sur le CT pour 2024, alors ciao (rires) ! La prochaine fois, à Tahiti, il y aura des tubes énormes. Tout le monde sait prendre des tubes. Ça va être très beau. Je vais tout faire pour être aux JO chez moi en 2024.

Texte et photos : FFS

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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