Formidable exploit de l’équipe de France qui a remporté le titre mondial des nations dimanche au Salvador. A 50 jours des Jeux Olympiques, les Bleus envoient un signal fort en dominant le Japon et le Portugal au classement général.  Joan Duru (32 ans), finaliste malheureux à Biarritz en 2017, remporte cette fois-ci le titre individuel. Jérémy Florès (33 ans), champion du monde en 2009, monte sur le podium. Pauline Ado (30 ans), qui avait obtenu sa qualification pour les Jeux Olympiques samedi, prend la 6e place de ces Mondiaux. 

Après cette dernière étape de qualification pour Tokyo-2020, on connaît les 40 surfeurs qui participeront fin juillet à la première épreuve de surf olympique à Chiba (Japon). Ils sont issus de 17 nations.
Les quatre Français qualifiés pour les JO sont donc : Johanne Defay, Pauline Ado, Jérémy Florès et Michel Bourez. Malgré son titre mondial, Duru ne sera pas du voyage au Japon. 

Et au bout du tunnel, une formidable lumière. Un feu d’artifice de joie pour une équipe de France qui était 20.000 lieux sous l’océan Pacifique à la veille de l’ouverture des championnats du monde le 28 mai dernier. Pauline Ado qualifiée pour les JO 2021, Joan Duru champion du monde et le titre mondial par équipes ! Qui l’eut cru il y a dix jours.
« Avec deux athlètes positives au Covid, on a même cru qu’on allait être éliminés sans pouvoir commencer la compétition. On a vécu un début de championnats catastrophique, confie Stéphane Corbinien le directeur de la performance du surf français et team manager au Salvador. On sait que le Covid fait partie des scénarios possible pour une équipe de France et, nous, on se l’est pris “en pleine gueule” dès le début. Notre leitmotiv a été de garder la tête froide, d’être lucides. En se disant : “Ce qui ne te tue pas, te rend plus fort.” Voilà ce qu’a été la construction de notre chemin jusqu’à la qualification de Pauline Ado, notre objectif principal en venant ici, et l’obtention du titre mondial des nations avec la victoire de Joan Duru. »
Après une semaine forte en émotions, les “vrais-faux tests positifs” et la blessure de Michel Bourez, les Bleus ont écrit un nouveau chapitre de l’histoire du surf en allant au charbon lors de la 8e et dernière journée des Mondiaux. Et tout s’est joué au cours de la 306e série des championnats du monde. Trente minutes pour sortir en vainqueur ou pour regarder le Team Japan brandir le trophée de meilleure équipe au monde. Joan Duru et Jérémy Florès d’un côté, Kanoa Igarashi et Hiroto Ohhara de l’autre.


Duru règle la finale avec deux formidables droites…
Le duel a pourtant tourné court quand Duru a envoyé deux énormes scores sur ses deux premières vagues (7,67 et 7,27), prenant rapidement la tête de la finale pour ne jamais la lâcher. Derrière, Florès et Igarashi étaient au coude à coude. Florès pensait avoir fait la différence avec cette gauche martyrisée par son surf backside (7,27) mais le Japonais trouvait, encore, deux longues droites pour s’intercaler à la deuxième place. Heureusement pour le clan français, Ohhara, tout juste qualifiée pour les JO après s’être hissé en finale une demi-heure plus tard, était à côté de sa planche et n’est jamais venu inquiéter le capitaine des Bleus.
Après avoir vécu les 120 secondes les plus longues de sa carrière, Joan Duru pouvait enfin brandir le poing. Lésé il y a quatre ans quand le Mexicain Johny Corzo était venu lui souffler le titre qui aurait dû lui revenir sur la Grande Plage de Biarritz, il a cette fois été jusqu’au bout de son rêve. « C’est énorme, je ne réalise pas, je suis trop content d’avoir gagné, soufflait-il peu après avoir été happé par tous ses coéquipiers. Je suis parti de loin, j’y ai été petit à petit, et je me suis senti de mieux en mieux pour finir en beauté. Franchement, j’ai juste surfé série après série. Je n’ai pas pensé à ce moment. »

… Et revient de très loin 
Revenant sur cette finale idéale, qu’il a tout de même rejoint après avoir été versé en finale des repêchages le matin même, le Landais assure « ne pas avoir vu le temps passer ! J’ai vraiment compris que j’étais en tête à 10 minutes de la fin. Ça a été compliqué à gérer tactiquement. J’étais quand même en finale face à Jérémy et Kanoa (Igarashi), deux des meilleurs surfeurs au monde. J’ai surfé un peu les gauches mais j’ai préféré rester sur les droites car je me savais meilleur sur mon backside. Je ne voulais pas gêner Jérémy non plus car je voulais qu’on fasse 1 et 2. A la fin, il n’y a plus eu de vagues. Hallucinant. »
Blessé lors de sa dernière année sur le CT en 2019 et rétrogradé en QS, Duru a perdu son sponsor en 2020 quand la pandémie a frappé. « Il n’y avait plus de compétition, je n’avais plus de motivation. Et puis en début d’année, je retrouve un sponsor, les compétitions reprennent et je gagne ces Mondiaux ! Je veux remercier toute ma famille, mes grands-parents, ma mère, mon père qui a été champion du monde lui aussi. Et surtout Maud (Le Car, sa compagne, Ndlr) qui s’est blessée et qui aurait pu être là. J’ai gagné pour elle ! »

Ado s’arrête avant la finale 
Qualifiée la veille pour les JO, la Française Pauline Ado a très bien surfé sa demi-finale de repêchages en ouverture de la matinée avant d’accuser le coup physiquement en jetant ses dernières forces dans une finale de repêchages réglée par l’Australienne Sally Fitzgibbons en route pour le troisième titre mondial de sa carrière après ceux de 2008 et 2018. Grâce aux performances de ses surfeuses Yolanda Sequeira et Teresa Bonvalot, respectivement deuxième et troisième, le Portugal monte sur le podium des Mondiaux.
Les championnats du monde de l’ISA bouclent un très long processus de qualification entamé en avril 2019 avec la première étape de la saison du Championship Tour. Après la saison de CVT, les PanAmerican Games, les Mondiaux 2019 au Japon et ceux de 2021 au Salvador, on connaît donc, enfin, les noms des 40 surfeurs qualifiés pour les Jeux Olympiques de Tokyo (25-28 juillet). Ils sont issus de 17 nations et, aux côtés des plus grands noms du surf mondial, on a plaisir à retrouver des surfeurs moins connus mais de grand talent. A l’image de l’Allemand Leon Glatzer, 5e des Mondiaux salvadoriens, l’Indonésien I Ketut Agus Aditya Putra ou encore la Costaricaine Leilani McGonagle.

Pour Pauline Ado, 6e mondiale et qualifiée pour les JO « L’objectif était la qualification. Quand on arrive au jour final, on a envie d’aller jusqu’au bout. J’ai essayé de m’engager mais je suis beaucoup tombée. Je pense qu’il y avait pas mal de fatigue de la semaine qui a joué dans ma finale de repêchages. Je retiens surtout la qualification et le titre mondial par équipes. Le bilan est hyper positif. » 

Texte et photos FFS

 

LES RÉSULTATS 

FINALE MESSIEURS
1. Joan Duru (France) 14,94
2. Kanoa Igarashi (Japon) 13,74
3. Jérémy Florès (France) 12,94
4. Hiroto Ohhara (Japon) 6,83

16. Michel Bourez (France)

FINALE DAMES
1. Sally Fitzgibbons (Australie) 14,10
2. Yolanda Sequeira (Portugal) 9,20
3. Teresa Bonvalot (Portugal) 9,04
4. Daniella Rosas (Pérou) 5,26

6. Pauline Ado (France)
9. Vahiné Fierro (France)
29. Cannelle Bulard (France)

CLASSEMENT DES NATIONS
1. France 3566 points
2. Japon 3421 pts
3. Portugal 3125 pts
4. Pérou 2748 pts
5. Australie 2523 pts
6. Allemagne 2220 pts
7. Argentine 2020 pts
8. Chili 1965 pts
9. Indonésie 1955 pts
10. Espagne 1830 pts
Nb : 51 nations classées

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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