La 21ème édition de l’Ultra Marin a pris une toute autre dimension ; une folle course aux dossards, des effectifs d’inscrits qui ont gonflé en particulier sur l’épreuve phare, le Grand Raid 175 km ; des dispositions adaptatives, voire pour une part, alternatives aux canicules ; un taux d’abandons hors norme ; une ambiance de Diagonale des Fous ; l’inauguration d’un méga salon outdoor by UM au parc des expos Chorus, et un enjeu économique majeur…

L’Ultra Marin initie une adaptation du trail au réchauffement climatique. On n’aurait jamais pensé que ce serait en Bretagne, réputée tempérée l’été, qu’une annulation d’un ultra serait instaurée en France pour trop forte chaleur. Pourtant, la décision est tombée avec le solstice d’été : le format 100 km prévu pour lancer cette édition le jeudi 25 juin, est annulé d’un commun accord entre la Préfecture et l’organisation. La direction permet aux coureurs concernés de basculer, dans la limite de quotas, sur les autres épreuves, le Grand Raid 175 km, le Réveil des Ducs 70 km, l’Arvor 56 km ; voire, la Ronde des Douaniers 34 km et la Vénète 29 km… (On n’imagine pas un basculement sur la petite dernière née en cette édition, la Course des Marins de seulement 12 km ! Accessible dès 16 ans, elle se décline d’ailleurs en divers formats annexes plus courts, de 3 km à 300 m, pour tous les jeunes à partir de 3 ans, les départs se faisant au parc Chorus. L’UM s’adressant désormais à tous, les conditions climatiques sont particulièrement à évaluer pour les enfants ! ) Même si la déception est grande pour ceux qui avaient spécifiquement préparé le Raid 100 km, plus de 80% des inscrits participeront bel et bien à un autre format, et tous bénéficieront d’une priorité d’inscription à la 22ème édition l’an prochain. Le « kit canicule » était donc de nouveau de rigueur : 2 litres d’eau avec soi, casquette, crème d’indice mini 30 et lunettes solaires. Notons que la canicule dans le Morbihan ne se résume pas à ces petites contraintes pour traileurs, comme à la multiplication des plagistes qui embaument d’huile coco ; il nous convient de relativiser, car ce sont des odeurs de mort d’animaux en masse – jusque 6 600 tonnes pour les plus petits, les poulets, en Bretagne, alors ne parlons pas des bovins…- et de la fermentation des algues vertes à foison, qui couvrent massivement crèmes et baumes des sportifs/touristes…Traileurs, nous parcourons le golfe en privilégiés. Même la nuit le long de la presqu’île de Rhuys, où toutes mes couches suffisaient à peine en 2023 pour supporter le froid, j’ai cette année évolué maillot ouvert, quasi à poil ; et dès que le soleil a tapé en revenant sur Vannes, fallait bien faire attention à l’hydratation régulière sur un rythme modéré… La veille, il faisait encore plus chaud, et cette annulation du Raid 100 km qui devait partir en milieu de journée, fut sans conteste une très bonne décision.

60 premiers km rapides ; nombreuses chutes, avant de compter 1 033 abandons !
La densité est nettement plus importante qu’à l’ordinaire, et il est bien difficile de faire sa course sans se laisser embarquer dans un flux globalement bien trop rapide… Sur un sol inégal, je butte sur une bosse. Ayant le réflexe de bien amortir le plongeon avec mes abattis supérieurs gantés, mes genoux ne s’en retrouvent pas moins épluchés… Pareille mésaventure remonte à pile 30 ans pour moi, où, à la Passe Montagne 96, je m’étais vautré sur un lit de galets au pied du volcan, mais avais fini plutôt bien… Donc, peut-être encore là, rien de rédhibitoire ; et je repense à l’épaule d’Antoine Guillon après son passage frotté dans la rivière des galets lors d’une Diag’… Le sang dégoulinant jusqu’aux chaussettes, je m’arrêterai aux robinets d’une ferme – mon rapprochement des animaux, inspirant de recouvrer ma nature profonde, est bienvenu en ces circonstances – pour bien nettoyer tout ça et précisément visualiser les dégâts… Rien de méchant. Il faudra juste que la cervelle intègre les brûlures, et passe à autre chose… Plus loin, je verrai autour de moi, des choses autrement plus graves… Un incident peut toujours survenir dans un ultra, mais manifestement nombreux sont ceux qui font n’importe quoi, et le paient cher, voire mettent quelque peu en difficultés les autres… Sans exigence de course qualificative comme à la Diag’, il faudrait que chacun soit responsable pour avoir un entraînement adapté et une bonne expérience des ultras distances !

Quelles seraient les meilleures options de course sur cet atypique 100 miles ?

Avec175 km et 1 400 m D+, on a une épreuve globalement « roulante », où le centbornard a un certain avantage sur le traileur en montagne… (Perso, je jongle avec les 2.) Presque tout le monde a fini par y délaisser les chaussures de trail au profit de berlines de route. Bon choix. Il n’est quand même pas question de prendre ses carbones ! Mais la nature des sols est à considérer : des chemins fraîchement nettoyés dans les terres présentant de nombreux trous, bosses, et ornières piégeuses ; de longues parties dans du sable mou, des sections rocheuses à escalader, une marée haute à franchir… Beaucoup partent plus vite que les élites d’un 100 km, alors que seuls quelques potentiels vainqueurs en sont capables pour rester performants jusqu’à la fin. Il conviendrait à la majorité de se projeter sur la longueur, et d’être beaucoup plus humble et calme sur la première partie… Mais, avec la « démocratisation » massive du trail, la transposition de travers sociaux est difficile à contrer… Certains optent pour divers patterns de courses : alterner courir et marcher ; ça peut aller de séquences égales, aux 5 minutes seulement de marche pour 20 minutes de course. (Mais beaucoup aussi courent très vite les 50 premiers km sans trop réfléchir, et subissent tout le reste en mode crapaud, ou abandonnent pour être vite totalement cuits…) Personnellement, il me semble plus judicieux d’adopter son rythme aux difficultés de terrain, et non à un mode d’horlogerie désincarnée, en épousant au mieux les reliefs et les natures de sol : marche rapide en montée, option rando/trail dans le technique, et course pondérée sur tout le reste ; ainsi du début à la fin.

L’emblématique couple de l’Athletic Sautriaut Verberie, Jessica Guillaume et Florian Rondel

Je me retrouve au retrait des dossards avec Florian, 13ème sur l’édition 2022 en 19 heures, et nous discutons abondamment de la Diagonale des Fous sur laquelle il a une solide expérience aussi… Nous serons de nouveau ensemble au départ. Florian avait un plan de 5 min15 au km du début à la fin, pouvant potentiellement arriver dans un chrono autour des 15 heures et, pourquoi pas, jouer la gagne. Quelques grains de sable lui auront fait revoir ses objectifs. Même s’il espérait mieux, il n’aura pas démérité en finissant 42ème, chrono de 20 h 06, 7ème Master 2. Savoir s’adapter aux aléas, sans renoncer, demeure la qualité 1ère du traileur chevronné. Quant à Jessica, elle a fait une chevauchée exemplaire ; un modèle de progression pour tous, que j’avais expérimenté en 2023, où, dans les 600 à mi course, j’en avais terminé dans les 200, 2ème M5. Pointée 1043ème au PK 29, Cousteau, Jessica finira 255ème en 25 h 28, et 3ème Master 1! Il faut dire que sur cet UM, les féminines demeurent plus réalistes, et n’en sont que plus agréables à côtoyer dans la course. Ce fut le cas avec une sympa Marion et d’autres qui évoluent intelligemment sur les sentiers, sereines et sans les prétentions abusives masculines. Il est probable que le taux d’abandon féminin soit moindre que chez les hommes… Larguer les amarres raisonnablement, et faire la deuxième moitié à l’aise, ça peut faire gagner des heures tout en doublant les centaines qui auront immanquablement explosé ! Chaque année, tout le monde le déplore, et chaque année, c’est exactement le même scénario qui se répète, et même en pire ! Au sortir de la traversée en bateau – où le temps est décompté -, de Port Navalo à Locmariaquer, c’est chaque année une toute autre course, laborieuse, pour la grande majorité déjà usée par leur inconsidérée cavalcade initiale… Là, on a atteint des summums : 280 abandons au Crac’h, 104 km, ça en fait de sacrés cracks qui craquent ! 161 à Bono Port, 120 km. (Pourtant, dès le PK 43, Le Hézo, ça avait déjà écrémé avec 103 abandons, 175 au pointage suivant à Sarzeau…) Heureusement qu’une moitié de la troupe initiale, dont Jessica, Florian et moi, même à des niveaux différents, savent la jouer bien autrement, cette belle boucle à ne pas manquer… 1033 abandons ! Un peu tristounet quand même, ce bilan…

Les réunionnais sur cette 21ème édition

On aura encore bien remarqué les couleurs du drapeau Mahavali parmi les Gwen ha Du ! Depuis le parrainage GRR/Ultra Marin en 2014, à sa 10ème édition, nombre de réunionnais ont effectué avec bonheur cette magnifique boucle du golfe morbihannais dont le parcours ressemble un peu au tour de leur île sœur, Rodrigues, – j’y fais aussi le trail du Hibou 75 km tous les ans – alternant également roulant et technique entre terre et mer. La Réunion s’est déjà distinguée sur cet Ultra Marin avec la 2ème place d’Adeline Vitry en 2024 ! Cette année, notre élite Fabrice Payet était bel et bien inscrite, qui figurait en potentiel vainqueur, mais il s’est avéré « non partant »… Frédéric Duchemann qui a brillé à Rodrigues, et revient en force après une pause, a formé avec Stéphane Odule une petite team élite pour venir sur l’Ultra Marin… Dans la famille Duchemann installée en BZH, Véronique et Jeannick ont dû abandonner au PK 60, à Sarzeau. Pour ce qui me concerne, je continue ma série avec grande satisfaction ! Une arrivée de jour samedi soir, et un nouveau petit podium de catégorie, comme dans la précédente, sur ce UM ; ça va.

Julian Trouillet : de la trouille au triomphe !

Dans une inhabituelle longue queue pour prendre le zodiac au Port Navalo, nos échanges vont bon train, qui aboutiront une fois embarqués, dans une enjouée camaraderie. Chacun évoque ses anecdotes – perso, c’est d’avoir jeté ma cuillère en bois à la poubelle avec le serviteur cartonné du repas d’Arzon -, quand Julian lâche : « Si j’y arrive, je pense finir à 6 heures demain matin… » Perplexité générale. J’ai envie d’en rigoler, mais je prends un air sérieux ; perché en proue du bateau, comme dans mon bahut EN à l’architecture de navire pour symboliser la mobilité des élèves, tout le monde devient alors très attentif à ma petite leçon de probas : « On a mis moins de 12 heures pour les 90 1ers km ; s’agissant des 85 qui restent, certes plus techniques et avec un certain cumul de fatigue, on peut espérer finir entre 19 et 22 heures ce soir. » La bande est plutôt convaincue, regonflée ; Julian pas encore vraiment, mais quand même plus confiant pour la suite. Débarqués à Locmariaquer, il me confiera la fourchette en plastique de son kit, de sorte que je redevienne en règle – belle solidarité -, et nous repartirons ensemble, mais je lui conseille de faire sa course sur ses propres sensations ; il me rejoint à différents moments, jusqu’à me déposer sur une vitesse folle en compagnie d’une jeune gazelle ; mais bientôt, je le laisse à sa longue pause dans l’herbe et ne le reverrai plus. Certes, j’arriverai près de 2 heures avant lui qui aura un peu marqué le pas sur la fin, mais il a mis finalement 6 heures de moins que son pronostic dans le bateau, et bien en dessous des 30 heures, seuil symbolique sur les 42 heures imparties ! Faut dire qu’il ne bénéficiait pas d’un bon pronostic de la part de ses proches estimant tous son abandon, avec une précision diabolique : « papa à 30 km, maman à 60 km, ma femme à 139 km, ma sœur à 101 km, ma cousine à 113 km, mon meilleur ami à 100 km ; seuls mes 2 enfants de 7 et 11 ans croient que je suis un super coureur, et ils étaient sûrs que j’irais au bout »… Et même encore après son exploit, il confirme : « toute ma famille pense que je suis fou d’être allé au bout ». Julian a été le 1er à m’envoyer un bien sympa message, que je copie/colle car c’est tout à son honneur : « je t’écris pour te remercier, tes conseils et encouragements m’ont fait énormément de bien pendant la course ; ayant préparé le 100 km et non le 175, je partais complètement à l’aveugle et tu m’as aidé à y voir plus clair (…), j’ai énormément souffert sur les 20 derniers km, 14 min/km, j’étais à bout, mais c’était une très bonne expérience et je reviendrai. » Et il a bien raison, car son potentiel est évident. Lui demandant ensuite comment il résumerait sa course : « Quand le 100 km a été annulé, je n’ai pas hésité : ce sera 175 km ou rien. Je suis parti avec une seule idée en tête : revoir Vannes. La performance a largement dépassé mes attentes, mais au-delà du chrono, je retiens surtout l’ambiance. J’ai gardé ma bonne humeur du début à la fin malgré les quelques bas. J’ai aimé les discussions avec des centaines d’inconnus, devenus le temps d’une course, des copains de galère. » Puisse cette restitution de notre rencontre illustrer la solidarité dans le trail ; puisse la résilience de Julian servir de modèle ! Son UM a été rocambolesque : d’abord, il gagne son dossard pour le Raid 100 à un jeu ; ensuite, il réussit le basculement sur le Grand Raid 175 ; enfin, il réalise de la meilleure manière, une 1ère pour lui quasi improbable… Jeune cadre à la banque postale, je l’aurais bien vu réussir une grande carrière d’acteur, avec excellence dans l’impro ; le garçon est doué d’un humour subtil, avec une experte dose d’autodérision, façon d’exorciser ses doutes, de les dépasser dans une relation positive avec toutes les altérités. Depuis Trémuson, je lui ai retourné à Marzan, par la Poste, sa fourchette enrobée dans une saharienne Diagonale des Fous qu’il pourra utilement tremper dans l’eau l’an prochain, à la fois pour protéger et refroidir la nuque, car j’ai remarqué qu’il lui manquait manifestement un efficace couvre-chef sous le soleil cuisant, la chaleur restant de très loin la première ennemie du coureur… (Bon, ma casquette hyper light by « Partenaire Titre » Ultra Marin qui déteint grave bleu sur blanc avec juste un peu de sueur, achetée à 30 balles au retrait des dossards – c’est cher au gramme -, ça vaut vraiment pas la gratuite de la Diag’!… Hé, la prometteuse marque née 3 ans après l’UM, en 2008, à Saint-Quay-Portrieux, en mon univers natal – 20 bornes de Trémuson -, faudrait pas ainsi se relâcher comme beaucoup des coureurs amateurs clients, sur le 175 km !…) Julian, pour le 1er Ultra du reste de sa vie, a déjà compris que ce n’est pas le matos qui compte, mais les forces de l’engagement, et la qualité de l’aventure humaine… Bravo.

L’Ultra Marin, une référence très solide de la planète Ultra

Face à un tel monument du trail français bien ancré et de forte réputation vraiment méritée, phare qui rayonne bien au-delà de nos frontières, on en est réduit à ne relever que quelques grains de sables… Le sel de l’UM reste cet esprit des marins bretons, loué dans le monde entier. Bien sûr, comme d’autres pourtant de retour assez tôt à Vannes, j’aurais aimé une veste finisher à la taille choisie lors de l’inscription, et figurant sur le dossard (évident couac qui fait les choux gras des réseaux, dommage). J’aurais préféré ne pas perdre du temps à régler en conscience avec des membres de l’orga, le pb d’une mauvaise orientation massive constatée route du Champ de la Mer qui remonte vers Kerihuel, en amont de la Pointe de Gohulen, PK 125 ; une grande flèche et de nombreuses balises faisaient remonter les coureurs à gauche, mais il fallait lire « Arvor », et une autre flèche « Grand Raid » s’imposait pour bien se diriger vers Berly et Parun, tout en rajoutant des balises. Je suis également plutôt perplexe que l’authentique champion Julien Le Corff (CIMA pays d’Auray), arrivé 2ème après des années d’approches de la victoire, ait été ainsi pénalisé d’une heure juste pour avoir mis ses lunettes de soleil dans sa ceinture plutôt que dans son sac, rétrogradé en pied de podium avec la médaille en chocolat ne correspondant pas du tout à son réel mérite comme à son indubitable loyauté ; il y aurait plus de discernement à surveiller les coupes du parcours par certains, et les recours aux véhicules… La longue section de 23 km entre Bono Port, PK 119, et Baden, PK 142, fait beaucoup parler à juste titre… Bien sûr, on déplore d’avoir parfois des bidons d’hydratation chauffés au soleil… Dans un souci d’équité, il pourrait paraître judicieux d’éviter la section que certains ont le gros désavantage de franchir à marée haute… Sans parler de l’idée d’honorer un jour les catégories, et pas seulement les 3 1ers au scratch H et F… Bref, il existe des imperfections, mais il faut avant tout souligner l’effort de l’organisation sur des dispositions majeures de sécurité, – telle la multiplication des rampes de robinets pour s’adapter à la canicule -, et sur toutes les bonnes décisions opérationnelles prises concernant les points essentiels qui rendent cette épreuve particulièrement fiable, digne de confiance en ses fondamentaux. Un socle granitique !

La création d’un mega salon outdoor, et un impact économique de l’UM devenant énorme
« L’Ultra Marin Outdoor Festival » a été mis en place cette année au parc des expos Chorus, avec un nombre d’exposants d’emblée très impressionnant. J’en suis ressorti avec, entre autres, une nouvelle paire de pompes d’une marque célèbre typée montagne, de ma jeunesse… (Indices : elle commence par R et a le nom d’un oiseau…) Entièrement dédié à l’univers du plein air (équipements, destinations, innovations, tests de produits, rencontres avec les acteurs du secteur), l’espace accueille aussi nombre d’animations gratuites, une Fan Zone, divers salons, conférences, concerts… On n’a donc pas que ce « business » souvent décrié…
S’agissant de l’impact économique global de l’UM, Ouest-France – un « Partenaire Principal » sérieux et de qualité – avance un 1er chiffre de plus de 3 millions d’euros de retombées dans le golfe du Morbihan ! Mais avec plus de 10 000 participants, accompagnateurs, amis, etc., il est difficile d’évaluer une réalité à l’évidence bien plus large encore… En juin, Vannes devient la capitale nationale du trail ! Pendant 5 jours, le tourisme y est phénoménal (près de 50% des coureurs réservent un hébergement local, chaque participant étant accompagné en moyenne de 3,5 autres personnes ; en tout, 15 300 nuitées enregistrées)… L’UM a un poids économique devenu stratégique pour la région…

Hommage au fondateur de l’Ultra Marin, Bernard Landrein
Il nous a quittés cette année. Triste. Visionnaire et portant haut les valeurs de son territoire, il imagina en 2005 ce défi à la fois original pour un ultra trail, et majestueux par cette sublime boucle marine aux confins de la terre et de l’océan. Son engagement inspirant un projet collectif, a privilégié, par delà l’aspect compétition, le sens de l’aventure humaine pétrie de partage, de convivialité…, avec la force, la cohésion, l’ouverture au monde, des meilleurs marins de Bretagne, et l’endurance à toute épreuve de ses rustiques paysans ! Il a su forger le solide socle d’une épreuve vraiment unique en son genre, et ayant un incroyable destin.

Gratitudes pour cette 21ème édition
Félicitations à Clément Moreau, Président de « L’Ultra Marin Organisation », ainsi qu’à toute son équipe ; bravo à tous les coureurs, et compliments spéciaux aux dignes Finishers. Merci à tous ceux qui contribuent à l’organisation de cette énorme manifestation, aux partenaires, aux nombreux bénévoles attentionnés, aux innombrables spectateurs bienveillants par dizaines de milliers, à tous ceux de ces denses et longues haies d’honneurs, mains tendues – comme à la Diag‘ ! – sur les 1ères dizaines de km ; mention spéciale à cette charmante dame ne tarissant pas de témoignages admiratifs, qui tenait à m’accompagner en discutant le long de la plage de Penboch, PK 156 ; à ceux qui m’ont reconnu comme vieux briscard de la Diagonale, tel Matthieu Guégan… L’Ultra Trail reste une grande famille qui commence à avoir ses quartiers dans le Morbihan !

Clap de fin
Avoir fait la queue pour le bateau, et pris le temps de régler quelques situations en cours de route, – tel que j’en ai fait état -, ne m’aura pas empêché d’arriver sur Vannes au meilleur moment de la soirée, en admirant les sublimes effets du coucher de soleil sur le vaste jardin d’îles du golfe… Resté à discuter avec de remarquables anciens coureurs tel Christian Rouxel, déclinant la galette saucisse offerte aux Finishers – mets un peu trop gras à mon goût en fin d’ultra -, après une bonne collation vespérale, j’ai repris calmement ma voiture direction Trémuson, des images plein la tête avec un sentiment de satisfaisant accomplissement, de nouveau, sur ma série d’UM. Pourrai-je décrocher un dossard l’an prochain dans le contexte d’un tel engouement exponentiel ? Dimanche prochain, à titre de transition avant les Hautes Pyrénées, je courrai le semi marathon de l’île de Batz afin de conclure une semaine de bonne récup’, toujours entre terre et mer, mais à une échelle bien plus modeste…

Les résultats :
Stéphanie Gicquel est devenue à Ultra Marin ce qu’est Marcelle Puy à la Diagonale des Fous : la bretonne en est en effet, elle aussi, à sa 5ème victoire sur le Grand Raid Ultra Marin !

Podium masculin :
1 – Jean-Louis Lallican
2 – Emmanuel Bonnier
3 – Loan Le Rohellec

Podium Féminin :
1 – Stéphanie Gicquel
2 – Héloïse Paul
3 – Zélia Driquert

Texte et photos de Daniel GUYOT

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Daniel Guyot
Daniel Guyot est le recordman absolu en termes de Diagonales achevées. En trente ans de grandes traversées depuis la Marche des Cimes, il est le trailer le plus assidu. A 60 ans, Daniel Guyot aura passé la moitié de son existence à courir après celle qui affole son palpitant depuis trois décennies. Une certaine Dame Diagonale. L'histoire de La Réunion étant intimement liée à celle de la Bretagne depuis les origines, il n'est finalement pas si étonnant que ça qu'un Breton le soit également à celles du Grand Raid.

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