Vainqueur du dernier Ultra trail de la Réunion, Robin Coinus revient pour Gadiamb sur sa préparation d’avant course, de ses objectifs, de ses passions. Interview sans concessions signée Daniel Guyot.

Que peut-on dire de la bio du 1er vainqueur de l’UT que tu es ?
J’avais encore 36 ans sur l’UT, mais mon annif arrive dans 2 jours, le 18 mai ! Originaire de Nancy, je pars à 20 ans faire mes études d’agro à Montpellier ; puis à 24 ans, c’est à La Réunion que je m’installe en 2013 pour mon stage de fin d’études ; je deviens donc Ingénieur agro et Responsable Marketing chez Chatel, distillerie. Pour autant, pas de « pile plate » dans mon sac de trail, mais je ne rechigne pas à la bière et au vin rouge à l’apéro : on continue de vivre en faisant du trail, que diable ! Ma famille est en métropole. Ma femme est gynéco, qui aime aussi le sport ; on n’a pas encore d’enfant. De 2020 à 22, j’étais à la Team Cilaos, puis j’ai intégré la Team « Trail Running CIMALP Réunion » montée par Jérôme Vaudin, avec un budget pour 11 coureurs : Aurélien Jacoutot, Benjamin Postaire (1er résident à la Diag’ 18), Victoria Devouge et Franck Codron (qu’on ne présente plus !), Yoann Mornet, Amandine Amable, Sabrina Fontaine, Jessie Couve de Murville, Romain Bardeur, Fred Morin… On s’entend très bien, et ça fonctionne du tonnerre dans un bel esprit ; la preuve : notre 1ère place au classement par équipes, à la dernière Diagonale des Fous ! Et cette solidarité entre nous va encore m’aider sur cette course…

Autres sports à ton actif ?
Je voulais être basketteur : 20 ans de pratique au niveau régional jusqu’en 2024, sélectionné en équipe de Meurthe et Moselle ; 2ème point guard, meneur qui dirige le jeu en attaque… J’avais ce rêve d’accéder au haut niveau mais je ne l’ai absolument jamais approché ; j’y renoue un peu à travers le trail même si, a priori, je ne gagnerai jamais l’UTMB !… Sinon, ce qui a fondamentalement forgé mon rapport à la montagne, c’est ma pratique du ski depuis l’enfance, dans les proches Vosges d’abord, mais aussi les Alpes en longs séjours ; slalom géant, vitesse… Comme au trail, j’ai toujours aimé la descente !

Mascareignes en 2016, puis une sacrée montée en performance ; tes secrets ?
J’ai toujours fait du sport, pour la santé, pour l’hygiène de vie, pour me sentir Vivant ! Et en visant effectivement la meilleure performance possible. Pour ma première Mascareignes, je faisais 2 footings de 30 minutes par semaine ; j’ai fini en rampant avec 6 kilos de moins ! J’ai commencé à m’entraîner sérieusement en 2018, puis encore plus sérieusement avec Anthony Céleste à partir de 2021 … J’effectue avec une grande régularité 75% de trail, et 25% de vélo. Après les rendez-vous importants comme le Grand Raid, ou autres ultras, je rajoute de la muscu. C’est la base pour reconstruire un corps capable d’encaisser 3 ultras par an.

Pourquoi choisir une telle épreuve ?
Je dirais, d’abord, « par curiosité »… Avec Aurélien Jacoutot, on avait l’idée préalable d’aller prochainement sur le Tor des Géants. Avec l’Ultra-Terrestre, l’opportunité s’est présentée de s’engager sur du XXL localement ; je n’ai pas réfléchi longtemps.

Vainqueur de la Speedgoat 117 km, l’UTG semblait la 2ème marche ; invitation directe sur l’UT ?
En 2024, ayant le « Québec Méga Trail » début juillet, et la Diagonale en octobre, la Speedgoat suffisait, d’autant que j’ai beaucoup de mal à faire du volume les mois de février et mars, en pleine chaleur. Sans trop d’entraînement, en pleins blocs, je ne me sentais pas d’en faire plus. Non, je n’ai pas été invité malgré ma demande à l’UTOI, mais Jérôme Vaudin a fini par négocier 30% avec le directeur général des courses. En revanche, je serais fort ravi d’être invité, cette fois, pour défendre mon titre sur l’UT 2026, et essayer d’améliorer le chrono !

Outre Speedgoat et UT, tu fus vainqueur du GRP Ultra-Tour 2022 (2ème GRP-Tour-des-Cirques 2023), sur terrain très exigeant, technique comme ici. Un classement de tes 3 victoires ?
Cette dernière victoire sur l’UT est très représentative pour moi. Beaucoup d’émotions fortes ! Martin Perrier ayant été donné largement favori, j’ai eu envie de challenger ; j’aime la performance en luttant contre l’adversité. Au GRP Ultra Tour 2022, gagné en 26 h 30 avec ½ heure d’avance, je n’étais pas attendu, et je n’avais pas de pression. Quant à la Speedgoat ? On était 40 coureurs au départ, disons que ce fut plutôt un entraînement pour le Québec… Sans parler de ces 3 victoires, le plus d’émotions que j’ai jamais eues, c’est en accédant à la 3ème place sur le Trail De Bourbon 2022 (doublant d’ailleurs Olivier Lamarque peu avant l’arrivée) et lors de ma 8ème place à la Diagonale 2024. Ces deux courses sont clairement mes plus abouties ! Donc, à vrai dire, mon classement est le suivant : 1, Trail de Bourbon ; 2, Diagonale dans le Top 10 ; 3, Ultra-Terrestre. Ma victoire sur le GRP 160 km puis ma 2e place sur le GRP 120 km avec mon dalon Aurélien Jacoutot, arrivent tout juste derrière.

Je suppose que tu as fait une prépa très spécifique pour ce format ?
J’ai un super coach, Anthony Céleste, depuis 4 ans. Ce déjà surnommé « Extra Terrestre » (par Gadiamb, en mai 2019) a été champion de La Réunion de duathlon en 2016, vice champion de triathlon, champion de La Réunion X-Terra, champion du monde cross triathlon catégorie amateurs 25-29 ans en 2018 ! Il sait parfaitement me définir un cadre qualitatif et bien adapté à mes disponibilités ; je rajoute du volume à l’envie. J’ai fait une prépa sensiblement identique à celle d’avant le GRR : 8 semaines de 20 h et 8 000 m D+ en moyenne, 2 semaines où je suis monté à 25 h et 11 000 m D+ ; en blocs de 4 jours, puis 3 semaines d’affûtage. La principale différence, c’est que j’ai réalisé 2 ou 3 sorties « inconfortables », de plus de 12 h, seul et de nuit, ce que je ne fais plus trop avant un ultra. Je précise que les D+ associent course à pied et vélo. Je veille à faire des séances de qualité ; guère de fractionné en vue de cet UT. J’ai été très régulier, ne m’étant jamais octroyé une semaine de récupération complète…

Au départ, quelles stratégies de gestion de course ? Des adaptations en cours de route ?
J’ai réalisé globalement la course que j’imaginais faire, malgré les aléas ; bien en forme au départ ; très bonnes sensations jusqu’à Hell-Bourg ; j’étais sur la retenue. Là, un fait de course a changé la donne : absence de mon Drop Bag ! Rien n’est installé à mon passage ; tout le sera 1 h plus tard pour mes poursuivants. Puis à Cilaos, 2 bénévoles refusent à ma femme de s’installer sous un lampadaire en lui disant : « de me ravitailler dans le noir »… Ça les a fait rire ; c’était donc peut-être censé être marrant, mais avec la fatigue, je fonds littéralement en larmes… Désolés de ces quelques couacs, les bénévoles du gîte du Piton et de Cilaos, notamment Hortense Bègue et Christopher Camachetty, m’apportent énormément de soutien ; cependant, les contrariétés accumulées, couplées à la difficulté de l’épreuve, me font petit à petit sortir de ma course, le tout se transformant en un énorme coup de mou qui m’accompagnera jusqu’au Maïdo. Donc à partir de Cilaos, je m’éloigne de mes prévisions de chrono pour entrer dans l’adaptation et la résilience…

C’est ta distance la plus longue. 4 Diagonales avant l’UT ; différences majeures dans ton vécu des 2 formats ?
Le format 100 miles, est très intense ; surtout s’agissant de terminer une Diagonale dans le Top 10 ! Juste 40 minutes d’arrêts au total ; des ravitos en mode Formule 1… Pour l’UT, c’est de la longue endurance ; on prend relativement plus son temps ; même aux avant-postes, on peut rencontrer un plus long coup de mou, comme je l’ai eu, en parvenant finalement à se refaire la cerise bien plus loin…

Entre un ultra mythique, de masse, médiatisé, avec spectateurs partout le long des sentiers (comme la Diag’), et un ultra confidentiel, où tu t’es parfois retrouvé seul ?
Je n’ai pas été gêné plus que ça d’être seul, malgré un manque de supporters qui peuvent booster un peu. Une concentration plus précise sur ses sensations, compense finalement une moindre énergie venant de l’extérieur. J’ai pu ainsi mieux me focaliser sur mes allures, être à l’écoute de mes vraies sensations intérieures… Par ailleurs, mes amis ont quand même été présents tout au long du parcours, autant que sur un Grand Raid !

Tu as occupé ton esprit de quelles manières ? Quelles pensées ? Play-List, ou plutôt à l’écoute de l’environnement ?
Je pratique une méditation parfaitement ancrée dans le présent, instant et lieu confondus ; j’évite les projections trop positives quand tout va bien car c’est le meilleur moyen de s’effondrer quand ça se corse. J’essaie d’être en symbiose absolue avec ce qui se passe au temps T : bruits du vent, chants des oiseaux… Je suis à l’écoute de cette nature insulaire que j’aime énormément. Beaucoup de pensées me traversent, mais je serais bien incapable de te dire lesquelles à l’arrivée… Pas d’écouteur sur cette course, je n’ai d’ailleurs jamais trouvé les écouteurs qui tiennent sur mes oreilles, mais il peut m’arriver sur des sorties longues de mettre du son sur mon téléphone, jonglant entre Mozart et du gros Rap…

Être vite en tête devant un coureur expérimenté et favori, ça se gère bien ?
Je l’ai déjà expérimenté dans les Pyrénées, mais j’avoue être plutôt chasseur, d’habitude. Avec l’absence de Beñat Marmissolle, qui était clairement au-dessus du lot, je savais qu’il y avait d’importantes probabilités pour que je fasse une partie de la course en tête, suivi par un redoutable coureur qui connaît la distance, mais je me suis dit : « À moi de montrer ce que je peux être capable de faire à la maison, sur mes terrains d’entraînements ! »

Temps cyclonique à Basse-Vallée / Foc-Foc / Plaine des Sables, pour ta mise sur orbite…
« Un sacré bordel », c’est vrai, mais j’aime assez me mouiller, au sens propre comme au sens figuré… J’étais avec Didier Telmar ; discuter nous a permis de penser à autre chose qu’à la météo… A un moment, il m’a dit : « là, on fait du vrai trail » ; je me suis dit : « c’est clair, personne ne nous a obligés à être là, profitons… ». Je savais que ça se calmerait, et qu’à 14h, je devrais être enfin bien au sec. Pas si surpris, donc, par cette météo ; en revanche, j’ai découvert cette rude montée jusque Foc Foc, que je n’avais pas reconnue…

« Tu manges cette ½ part de pizza et tu gagnes la course ! »

Martin Perrier, relégué à 1 heure derrière toi, revient à 20 minutes au Maïdo, puis à seulement 5 minutes sur Sans-Souci ; tu ne commences pas à en avoir, un souci ?
J’en reviens à mon coup de mou de Cilaos au Maïdo… Là-haut, je m’allonge, n’ayant quasi rien mangé depuis Cilaos : 10 chips à La Nouvelle, ½ verre de soupe vermicelles à Roche-Plate. Pris de nausées dès que j’essaie du sucré, et sans pouvoir vomir, je pense à l’abandon… Je parviendrai à me réalimenter grâce à Benjamin Postaire : « Tu manges cette ½ part de pizza et tu gagnes la course ! », qu’il me dit. Je la prends avec moi, la grignotant par petits morceaux au fil du chemin, cependant que Martin Perrier m’ayant rejoint, on court 5 minutes ensemble le temps de discuter un peu… Irait-on plus avant ensemble ? Non, car voilà que Martin tape soudain un sprint peu avant l’école ; et il arrive en réalité à Sans-Souci puis à Halte-Là devant moi – ce qui ne s’est pas vu sur le suivi Chrono Consult avec pointages au sortir des lieux – mais je le retrouve, les chaussures enlevées, à cette dernière base de vie… À mon tour de le distancer doucement après Halte-Là ; d’abord d’un petit 40 m. Puis Fabrice Payet, en tête de l’UTG sur bon rythme, me rejoint à Dos d’âne. Il m’inspire une nouvelle dynamique, la pizza m’ayant fait le meilleur effet. On court la belle crête ensemble ; je retrouve de très bonnes sensations. Je laisserai Fabrice, un excellent traileur et un super mec, s’envoler sur la RF Affouches.

Doublé par un sprint au bluff en plein milieu d’épreuve, le Robin des bois ne craque pas et finit par s’envoler en vainqueur !

Rester ainsi Focus pour ne pas faiblir, voire craquer mentalement…
Benjamin Postaire et sa femme Mélanie, outre tout leur soutien moral, m’ont vraiment donné la potion magique qu’il me fallait avec cette pizza qui a pu retaper mon système digestif à l’aide de salé.
Quand Martin Perrier me double, je me dis : « soit il est trop fort, soit il bluffe »… À Halte-Là, j’ai pu évaluer qu’il n’était sans doute pas aussi vaillant qu’il avait tenté de me le montrer… Ma femme saisit alors parfaitement l’enjeu et me dit de me mettre en mode robot, en mode dissocié ; je me ravitaille en 5 minutes et je repars avant Martin pour reprendre l’ascendant psychologique… Puis, Fabrice Payet m’inspire une nouvelle dynamique, la pizza et le sucre qui passe à nouveau, m’ont redonné des forces pour potentiellement finir fort…

À Dos d’âne, tu as retrouvé ta large avance sur le 2ème. C’est vraiment toi qui as remis les gaz, ou bien c’est lui qui a clairement décroché ?
En réalité un peu les deux, il me semble. J’avais été chercher le top 10 Grand Raid sur cette portion en distançant Sylvain Camus et René Rovera ; je me suis dit : « Tu fais la même montée »… À l’inverse, Martin m’a confié après coup qu’il avait chaud et qu’il savait que c’était plié en me voyant arriver à Halte-Là… Mais toi, tu n’es pas branché sur le Live, tu n’es jamais complètement tranquille… C’est seulement au Domaine Fleurié que j’ai pensé vraiment : « C’est sans doute joué ! » … Je m’étais suffisamment refait la cerise pour être sur une belle dynamique jusque l’arrivée, même si j’avais forcément mal aux jambes avec les km et m D+ avalés.

Globalement, que penses-tu du profil de la course ? Verrais-tu des modifications à y apporter ?
J’aime les parcours raides et techniques, mais pour le coup, je ne rechigne pas sur les morceaux de route qui font plutôt du bien en voyant les kilomètres avancer et la moyenne augmenter… Dans le cœur de course, j’aurais vraiment préféré descendre par Le Bloc sur Cilaos, quitte à rallonger un peu dans le cirque. L’enchaînement des descentes depuis le sommet du Piton des Neiges est violent, malgré mes capacités de descendeur. Même si je peux aimer, par ailleurs, jouer dans le chemin des Anglais, cette fin de course n’y passant pas comme dans La Kalla que j’aime moins, était beaucoup mieux pour finir l’UT.

Quid de l’absence des élites, Antoine Guillon, Beñat Marmissolle, Claire Bannwarth ?
Franchement, j’aurais largement préféré qu’elles soient là… J’aurais aimé en particulier tenter de courir des bouts de chemin avec Antoine Guillon qui a de sacrées références. Evidemment Beñat Marmissolle aurait corsé l’émulation en tête de course… La victoire est toujours un concours de circonstances, Je préfère bien figurer avec de la concurrence, comme sur la Diagonale, quitte à ne pas être sur le podium scratch gagnant, mais en décrochant une belle place qui a alors toute sa valeur au plan international.

Que penses-tu de l’organisation en général ? Au plan opérationnel (avant course, suivi, balisage, état des sentes, ravitos, etc.) et humain (bénévoles, ambiance, fête finale, etc.)
– Côté balisage, pas grand-chose à mentionner, ça va ; faut dire que j’ai l’habitude du terrain ; ici, je ne suis pas perdu… Je n’ai jamais quitté le sentier même avec des hallucinations sur des portions que je ne connaissais pas, vers Saint-Bernard… L’état des sentes était aussi OK. J’ai eu beaucoup d’attentions à mon arrivée à La Redoute, des excuses appropriées ; on soigne l’image du premier quoiqu’il en soit, même si je n’étais pas le favori. J’ai été vraiment très bien accueilli et récompensé !
– On ne voit pas tout quand on à la tête dans le guidon, et j’avais pas mal de ravitos persos… Mais je me suis fait la réflexion de l’absence de lits de camp, de personnels médicaux identifiables, et de ravitos plus consistants type carrys, nécessaires pour la plupart des coureurs sur un tel chantier… Il y a des feux d’artifices, des chanteurs, des danseurs, c’est super, je n’ai jamais eu une si belle arrivée ; mais par ailleurs, quelques couacs de terrain. Par-delà les belles promesses en partie tenues, il serait opportun de persévérer à bosser sur des axes d’améliorations opérationnelles pour le confort des traileurs/ses en course. Ah, j’oublie : manque la tireuse de bière au stade !

Sentiments éprouvés au fil de la course ?
Dans le flow au départ ; un certain énervement à Hell-Bourg et après, quelques inquiétudes puis un sérieux doute au Maïdo avec une vague pensée à l’abandon, mais sans rien lâcher au fond ; ensuite, rien que de la sérénité, de la confiance, et un très gros Shot de chaleur humaine sur la fin !

Pas de bobos ? Comment se passe ta récup’ ?
Mes pieds ont souffert avec l’eau de la montée initiale, et l’humidité ensuite ; ils se sont retrouvés quelque peu crevassés, mais sans gravité. Autre conséquence de ces conditions climatiques : des boutons d’irritation sur les cuisses qui m’ont bien brûlé… J’ai eu quelques légères hallucinations sur la fin : des trucs qui bougent tels des bonhommes géants qui semblaient se déplacer de loin, ou une carcasse de voiture qui devient une tortue géante. Mais avec un fond de lucidité qui ne m’a pas fait défaut, je finissais toujours par relativiser ces premières perceptions, réinterprétant les réalités : « OK, c’est pas ça ! ». La récup’ se passe très bien. Juste 20 minutes de footing cette semaine ; apprécier, fêter, manger n’importe quoi, se relâcher…

Être ingénieur agro, ça aide à faire du trail ?
Ça me donne peut-être une appréhension plus scientifique du trail : la connaissance des mécanismes physiologiques et métaboliques du corps, des problématiques de l’alimentation ; les capacités de faire un tas de calculs dans la tête… Mais j’ai aussi une approche plus spirituelle par-delà l’évaluation de l’expérience, qui se développe avec les heures passées sur le terrain, et qui semble me faire davantage progresser…

Ce grandiose périple broie. Il faut être prêt et humble…

Avec une telle victoire sur un format XXL, te sens-tu vraiment devenu un extraterrestre ? Tu pars t’installer à Chamonix ou à Boulder aux States ?
Dans ce mode performatif que j’affectionne, je reste ouvert à l’éventualité de bosser plus dans le domaine du sport. Aujourd’hui, j’ai besoin d’être proche de la montagne ; et ma femme, elle, de la mer… Le trail, j’adore, mais à condition d’être heureux en couple, heureux socialement… Cette fin d’année, nous partons faire une parenthèse de 2 ans à Avignon – j’ai de la famille à Arles – en lien avec une séquence professionnelle pour ma femme. Mais toujours lié à La Réunion, c’est certain ! J’aime les aventures en nature, mais aussi les confortables cocons. J’ai un petit faible pour les Pyrénées, côté Gavarnie notamment, et j’ai comme une petite histoire entre le GRP et La Réunion : va et vient sur la base de dossards gagnés avec les podiums…

Recommanderais-tu cette épreuve à des coureurs ? Le cas échéant, quels conseils leur donner ?
Oui, d’abord parce que le parcours est vraiment magnifique, grandiose ! Je conseille une préparation à la mesure du chantier, et de bien réaliser que La Réunion, ce n’est pas que des cocotiers ! L’UT te secoue le cocotier ! Ce périple broie. Il faut être prêt et humble…

Prêt pour te remettre sur du XXL, et pourquoi pas investir d’autres espaces de la même façon ?
Le XXXL Tor des Géants 700 K ? Et pourquoi pas ? J’aime à articuler voyage et course à pied. Ces longs périples en course constituent le meilleur moyen de découvrir une région, comme le monde.

Les prochaines courses que tu aimerais cocher ?
L’Ultra Trail du Beaufortain dans les Alpes
Le Restonica trail en Corse
L’infernal trail des Vosges 200K
L’Ultra Trail Mont Fuji au Japon

Interview de Daniel Guyot
Photos de Robin Coinus et Daniel Guyot

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Daniel Guyot
Daniel Guyot est le recordman absolu en termes de Diagonales achevées. En trente ans de grandes traversées depuis la Marche des Cimes, il est le trailer le plus assidu. A 60 ans, Daniel Guyot aura passé la moitié de son existence à courir après celle qui affole son palpitant depuis trois décennies. Une certaine Dame Diagonale. L'histoire de La Réunion étant intimement liée à celle de la Bretagne depuis les origines, il n'est finalement pas si étonnant que ça qu'un Breton le soit également à celles du Grand Raid.

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