Trémuson faisait partie de ces nombreuses communes où le foot, soutenu par la municipalité, était en toute puissante première ligne des activités sportives.

Mais la modeste commune de 2 260 âmes, n’aura pas échappé à une vague de fond, renforcée par la crise Covid, qui allait encourager la course à pied, et porter le running au plan national, sur un marché 2 fois plus gros que celui du foot (sources concordantes, USC, Xerfi, Sport-Up, enquêtes Ouest-France, AFP…) Phénoménal constat, qui révèle une forte et large adhésion multiforme ! Depuis ses origines, le trail procède d’une saine aspiration populaire, de terrain, avec des souplesses d’horaires, de modalités, d’affinités diverses, de retour aux sources ; il crée un vrai besoin, qui, malgré des dérives dues à sa massification très rapide (pbs écologiques, conduites à risques pour la santé, surenchère d’extrêmes, ego 2.0, commercialisations), ne participe pas du fonctionnement foot pro (Quatar, Mercato/salaires des joueurs, business/pratiques douteuses/précarité des petits clubs, calendriers saturés, pbs homophobie et racisme, violences urbaines incidentes, crise à la FIFA et réactions de l’UEFA, etc.) Le foot garde à sa base un très important rôle éducatif et social, mais le trail a globalement bien d’autres valeurs protectrices indéniables et résistantes. Avec l’engouement qu’il suscite concernant toutes des CSP, tous les milieux à la fois sociaux, et naturels voire urbains, le hors stade accède à une autre dimension, et conquiert même ceux qui étaient le plus attachés au stade : les footballeurs eux-mêmes ! (Essentiellement ceux du terrain au niveau départemental voire régional…) Le passionné de foot, Guirec Le Chevanton, Président du TDM (Trail des Mines de Trémuson) qui a su valoriser avec ses collaborateurs – quasi tous ex-footeux, et toujours addicts du foot pour la plupart ! – cette nouvelle dynamique de terrain, nous dévoile les coulisses de l’essor rapide d’un trail de proximité rayonnant désormais dans les communes environnantes, et bien au-delà… Un modèle de développement – un écosystème d’adhésion tous publics et de cohérence avec l’environnement, de partenariat local, de profond respect des coureurs – à rebours de certaines grosses usines à trail plaquées d’en haut, et qui posent de plus en plus questions… Une mutation faite avec intelligence et considération de toutes les altérités dans une authentique et fraternelle passion du sport ; une transition complémentaire assumée avec discernement entre foot et trail. Guirec est un fin analyste sportif, soucieux des ajustements efficients, impliqué sans compter, maniant l’art d’une diplomatie qui fédère au mieux tous les acteurs oeuvrant au TDM. Engagement bien plus compliqué et épuisant que celui requis pour faire un Ultra-Trail ! Là encore, réinvestir tout ce qu’il a appris sur les terrains de foot : « La jouer collectif, tout en assumant pleinement son poste, avec rigueur, expérience et convictions personnelles fondées, dévouement pour tous » !

Gadiamb.re avait déjà fait état du TDM en présentant ses nombreux atouts qui ont contribué à en faire un remarquable modèle aux portes du Chef-lieu des Côtes d’Armor, creux de la belle baie de Saint-Brieuc ; son aspect très nature se révèle un terrain de jeu particulièrement privilégié pour le trail, offrant à la fois des balcons sur de vastes vues et des chemins creux, avec ses vallées ensorcelantes, ruisseaux, rivière, étang, forêts, faunes et flores à foison ; les circuits alambiqués décrivant chacun une belle boucle, exigent de nombreuses relances sur des sols variés. De quoi combler le traileur ! L’ouverture de nouvelles portions de chemins, dénichés par Guirec, débroussaillés par système D, permet cette année de réduire encore plus les petites parties de route initiales, au profit d’un quasi « tout nature », en réinvestissant de nouveaux espaces abandonnés, jadis si vivants, comme l’amont de la vallée de Corbet, pour retrouver celui de la Ville Hamonet. Moins de voies de circulation, c’est aussi plus de sécurité, tout en facilitant le travail des bénévoles jalonneurs. Mais il s’agit aussi d’un parcours très riche au plan culturel et surtout historique, un espace façonné par les mineurs, les paysans, les meuniers, dont on retrouve de nombreuses traces et d’intéressants vestiges. Un envoûtant voyage spatiotemporel, qui revisite et fait revivre des espaces abandonnés comme le furent brutalement les activités minières d’enjeu mondial à leur époque… Le Trail des Mines aurait pu tout aussi bien s’appeler « Trail des Lavoirs », « des Moulins », des « Vallées », etc. Une épreuve de qualité ne s’improvise pas partout et n’importe comment : elle est avant tout liée au génie des lieux, comme à leurs relais humains. Elle en est portée ; elle le sublime. Et le TDM dispose des meilleurs filons naturels, et de belles ressources humaines, dont Guirec – l’ex capitaine dans le foot – est un acteur majeur, chevronné, au sein d’une sacrée équipe passionnée de trail ! Pour rappel :
https://www.gadiamb.re/le-bon-filon-du-trail-des-mines
https://www.gadiamb.re/mine-de-rien-le-trail-des-mines-fait-du-chemin
Outre l’installation de son meilleur ambassadeur à La Réunion, Stephen Dion, le Trail des Mines a aussi fait du chemin jusqu’au pays basque puisque Beñat Marmissolle himself y annonce que « Guirec et son équipe ont concocté une super journée de trail le 13 septembre, qui va régaler » les adeptes de la discipline… https://www.youtube.com/shorts/AWP8tYMeZAc Une belle reconnaissance bien méritée!

Guirec Le Chevanton, homme d’action et de communication, Président du TDM
Les bons journaux bien connus de Bretagne, Ouest-France et le Télégramme, le sollicitent désormais dès juillet pour faire le point sur le Trail des Mines de la rentrée ; 1er Président de l’asso éponyme, Guirec Le Chevanton prépare ardemment la 6ème édition du TDM, qui connaît une croissance exponentielle… Né à Tréguier en 1978, (48 ans), les parents de Guirec étant venus travailler à St Brieuc, leur fils deviendra donc très tôt briochin, et leur emboîtera le pas dans la fonction publique en tant que contrôleur des Finances Publiques. Installé à Trémuson depuis 2013 au lieu-dit Les Herbotins, mitan d’une sacrée pente qui donne d’emblée le ton de ses propres séances de courses -, il a eu avec Guenaëlle deux filles, Léane, âgée de15 ans, et Stella, 10 ans. Il apprécie les sorties avec sa gentille chienne croisée Border-collie / Husky, Tixie, âgée de 4 ans, aux yeux bleus qui tirent un peu sur ceux de son maître, les deux ayant en commun une même énergie débordante… Guirec fut un pur footeux très assidu ; de 5 à 17 ans, au réputé Stade Briochin, puis de 17 à 40 ans, à l’A.S Ginglin-Cesson en tant que joueur mais également éducateur des jeunes (écoles de foot, encadrements des catégories jeunes, et seniors). Il a occupé les postes d’ailier droit de formation, à latéral droit, en finissant dans l’axe au poste de libéro et milieu défensif ; il fut capitaine, évoluant en Régional PH (Promotion d’Honneur), avec des apparitions en DSR (Division Supérieure Régionale). Déjà porté sur la communication – qu’il continue de développer avec brio dans le monde trail – il avait créé la suivie page facebook de Ginglin-Cesson, ayant été aussi secrétaire du club en 2014, y étant resté plusieurs années membre actif du bureau. À l’instar des Casquette Verte, Yoann Stuck, et consorts, Guirec fut un sacré fêtard, « sinon, j’aurais accédé à plus haut niveau », précise-t-il. Il affichait 90 kilos sur la balance avant de faire ses tous premiers pas dans le monde du trail… Ce n’était pas devant la machine à café avec un pote de taf, mais en rencontrant un certain Anthony Lemaitre, adepte de la course sur route, dans le cadre de l’APE (association des parents d’élèves) de Trémuson, et à la kermesse de fin d’année, tous deux ayant alors des enfants du même âge scolarisés. Une asso, « Courir à Trémuson », est créée en 2016 ; Guirec y adhère en 2017. Alternant encore quelques temps course à pied et foot, il laissera vite ce dernier de côté, se libérant pour multiplier les sorties de trail… Ayant d’abord accédé à des compétitions sur route dans les pas d’Anthony (10 km de la vallée du Goëlo de Ploufragan, semi marathon Loudéac-Pontivy, Corrida de Langueux, Taulé-Morlaix), il s’oriente sur des épreuves de trail (Glazig, Entre Dunes et Bouchots d’Hillion, Ménestrail de Moncoutour, Trail de St Donan, Trail du Rodo de Tréméloir), avant d’aller vers plus long (Traversée de la Baie de St Brieuc, Maxi Race 45 km en 2023, Brocéliande 54 km, et Templiers 81 km en 2024…) Un Président qui a mouillé les maillots sur tous les terrains, de foot comme de trail ! Mais le lourd investissement en tant que Président du TDM devient peu compatible avec le maintien d’une pratique au niveau atteint, et Guirec est astreint à se mettre en pause, avec notamment un petit souci au genou. « Souvenirs » du foot ? Continuant d’aller vaillamment au charbon, toute son énergie va désormais à l’organisation assidue du TDM, fort de sa propre expérience du trail. S’il doit faire provisoirement l’impasse sur sa participation aux compétitions – escomptant à terme un ressourcement, quand il passera le relais de la présidence -, il tient à ce que le Trail des Mines, solidement mis sur les rails, continue à faire du chemin en fédérant le meilleur de la course à pied dans la région ! Et des centaines de traileurs n’aspirent qu’à ça !

L’association Trail des Mines, une équipe de footeux…
Aux côtés du Président Guirec Le Chevanton, oeuvre le 1er vice-Président, Laurent Olivier – un autre sacré footeux, adjoint au Club Ginglin-Cesson qui monte en National 2… -, et en 2ème Vice-Président, Stephen Dion – chargé des inscriptions -, venant de la « petite reine » avec des parents qui en sont passionnés, le prénom Stephen ayant été d’ailleurs choisi en référence au champion cycliste bien connu, Stephen Roche. Il faut dire qu’avant le foot puis le trail, le cyclisme est un sport costarmoricain par excellence, qui a eu ses heures de gloire, avec notamment le « blaireau », Bernard Hinault, originaire d’une commune proche de Trémuson, Yffiniac, dont la fameuse côte en pente raide rappelle celle des Herbotins de Guirec… Des terrains qui façonnent les hommes forts ! À noter que l’aventurier Dion est parti vivre avec sa compagne également très sportive, sur l’île de La Réunion, où il s’est mis d’emblée dans le bain sur le très piquant Ultra-Marathon des Cirques qu’il a très bien géré, en bonne place, arborant le beau tee-shirt trémusonnais au sommet du caillou à 3070 m d’alti ! Et en dépit des 10 000 km qui le séparent désormais de Guirec, il reste un collaborateur très actif ! Sébastien Joubin – pratiquant aussi le foot et l’ultra trail – est trésorier, ayant comme adjoint Jean-Philippe Navière (également issu du foot, et qui a un très gros palmarès local dans le trail…) Martial Daniel est secrétaire (lui aussi issu du foot, Croix St Lambert), épaulé par son adjoint Gérald Navière, un rare gazier ne pratiquant pas le foot ! Fabrice Le Friec (encore un footeux, et adepte des longues distances en trail), est membre actif de l’asso, ainsi que Renan Even (venant du Cyclo).
Le TDM a essentiellement des soutiens privés, partenaires de cette belle équipe ; citons en Masters partenaires, Intermarché Trémuson, ATS pompes à chaleur, Aäsgard, entreprise scandinave de poêles à granulés et bois, implantée sur Trégueux, etc. (De quoi réchauffer les traileurs après qu’ils aient couru par un climat parfois rude ; le TDM 2025 fut d’ailleurs assez arrosé et frais…)

Un essor fulgurant en seulement 5 éditions
Trémuson incarne la transition – assez rapide, elle aussi – depuis la fin du 20ème siècle, entre une paysannerie active et un quartier résidentiel périurbain du Chef-lieu, St-Brieuc, et où les employés du tertiaire désormais très largement majoritaires, ont envie de bouger. C’est donc d’un besoin né du terrain, et de cette petite association « Courir à Trémuson » créée en 2016, que tout a commencé dans une passion partagée, avant que naisse, à terme, le fameux Trail des Mines, ouvrant de nouveaux horizons… Un cas d’école…
2019 : 1ère édition officielle du TDM proposant deux épreuves, 10 km et 20 km.
2020 : crise Covid ; la manifestation sportive en herbe, doit alors être annulée, comme tant d’autres…
2021 : un trail OFF est mis en place sous la forme d’un circuit balisé de 10 km qui reste ouvert durant 10 jours ; les coureurs mettent la preuve de leur participation (avec photos) sur une page facebook dédiée ; une buvette et des animations musicales fédèrent les participants, le dimanche.
2022 : 2ème véritable édition ; une reprise après 2 années blanches, qui réunit néanmoins 286 inscrits sur les 10 et 20 km. La relance risquée après une telle cassure, le TDM ayant été à peine mis sur les rails, s’avère très positive !
2023 : 3ème édition qui s’étoffe sérieusement avec 354 inscrits. Anthony Lemaitre propose son remplacement à la Présidence de « Courir à Trémuson » pour convenances personnelles. Guirec, administrateur avec lui de la page du Net dédiée à l’asso, propose une co-présidence ; mais finalement, ce sont 2 entités distinctes qui résultent de l’AG : création du TDM avec Guirec Président, Anthony Lemaitre restant Président de l’asso initiale « Courir à Trémuson », déchargée de l’organisation du TDM. Et c’est là, qu’avec Guirec aux manettes, et ses collaborateurs, le TDM change de dimensions…
2024 : 4ème édition ; le TDM, sous la houlette d’une 1ère présidence de Guirec qui met le paquet sur une bonne com’ dans un contexte d’enthousiasme général, propose, alors 3 épreuves – 8, 14, et 26 km – qui vont cartonner, avec 500 participants (+150 au regard de l’année précédente). Belle dynamique !
2025 : 5ème édition (2ème présidence de Guirec) ; sur les 8, 14 et cette fois 28 km, les demandes d’inscriptions continuent de s’affoler ! Une gratuite course des Minots – déclinée en 2 formats, 750 m et 1 500 m -, by Aäsgard, réunit d’emblée 100 enfants. Le public concerné s’élargit, l’impact du TDM progresse fortement.
2026 : Le 6ème TDM s’annonce sous les meilleurs augures ; le grand format, réduit de 4 km pour se faire moins sélectif et adapter l’essor du « sub-ultra » aux pratiques locales, faisait déjà quasi le plein dès début août, « 24 km by Intermarché » (615 m D+), qui ouvrira le bal à 9 h 30 le dimanche 13 septembre près de la salle des sports de Tirel ; la plateforme Klikego affichait des taux de remplissages proches du complet également pour le 15 km by Cimeo (370 m D+), et le 8 km by Groupe Vert (150 m D+), départs respectivement à 10 h et 10 h 15 ; désormais, c’est carton plein ! (Sauf pour le format Minots 1.5 km) ; une bourse aux dossards sur Klikego permet de pallier les rituels 10% de défections… « L’an passé, du fait des contraintes médicales réglementaires, la jauge était à 500 ; cette année, avec le staff médical requis pour aller au-delà, si on intègre les Minots, on sera au double de participants, soit de l’ordre du millier ! » À l’échelle de la population trémusonnaise, et si l’on ajoute les accompagnateurs, familles, etc., c’est une affluence énorme pour la petite commune ! Une manifestation qui, toute proportion gardée, évoque les grands matchs de foot à Guingamp, ville de seulement 7 110 habitants qui a pu accueillir au stade du Roudourou, près de 20 000 spectateurs, sans compter les supporters hors stade…

« On reste pourtant tributaire du calendrier ; la rentrée de septembre n’est peut-être pas le meilleur moment pour le TDM ; il y a les grosses orgas, Côtes d’émeraude (championnat de Bretagne Trail long & court) et Brocéliande ; il faut respecter les 25 km de couronne ; on doit composer avec les contraintes. » Mais avec la fête du TDM, c’est une bonne occasion de rendre moins morose la rentrée sociale ! Observons que les tarifs d’inscriptions 2026 restent modérés pour de très bonnes prestations offertes : 16 € pour le 24 km, 13 € pour le 15 km, 9 € pour le format d’initiation, gratuit pour tous les Minots. Le contrôleur F.P. ne taxe pas les traileurs ! Ce n’est pas à La Réunion qu’on bénéficierait de tels tarifs ! Et quelles autres courses des Côtes d’Armor mettent à disposition, comme le TDM, des stands de massages pour tous par des professionnels au top, concernant ce genre de formats courts ?

À noter que des figures de proue ont pu contribuer à faire rayonner le TDM :
« Côté hommes, Guillaume le Floch, Florent Olivier, Maël Kerneïs, l’indestructible Sylvain Morin (comme le nôtre à La Réunion, Fred !), Antoine Le Coq, Steeve Houssier…
Chez les féminines, Mélanie Toisoul – Prof des écoles qui collectionne les victoires dans la région -, Margie Kermabon, Sandrine Hery… », liste non exhaustive, souligne Guirec.
De même qu’il n’y a pas encore de femme dans le bureau TDM, de même, les effectifs féminins restent plutôt réduits sur les épreuves – Guirec le déplore – ; peut-être, là encore, les effets d’une pratique assez machiste du foot qui devra céder le pas à la transition vers un trail plus inclusif…
« Outre des récompenses généreuses, le TDM offre 6 dossards pour le trail de nos amis de Plaintel Aventure, attribués aux vainqueurs Homme et Femme des 8 km, 15 km, et 24 km ; 4 autres dossards sont mis en lots de tombola pour participer à une distance au choix du Grand Trail de Plaintel Aventure le 11 novembre », précise Guirec.

Stratégies, bilan et objectifs du TDM et de son Président Guirec
Cette singulière réussite du TDM tient évidemment au contexte général d’engouement pour le trail, qui perdure, mais aussi à des orientations avisées du Président et de ses collaborateurs :
– Il tient particulièrement à cœur à Guirec de faire avant tout du TDM, « une fête municipale impliquant d’abord les trémusonnais dans une dynamique fédératrice et inspirante pour l’extérieur », résume-t-il. « Ça fait plaisir de commencer à voir dans les chemins du coin, des trémusonnais s’entraîner pour le TDM »…
– Tirant les leçons de chaque édition, des ajustements sont apportés par des propositions pour s’adapter de manière équilibrée et cohérente à tous les publics. Rien n’est laissé au hasard… Tout ce qui s’avère perfectible fait l’objet de remédiations étudiées et ajustées au mieux avec pertinence.
– « Les coureurs du dimanche des communes environnantes, découvrent le monde de la compèt’ juste à côté de chez eux, s’y initient dans des épreuves au choix à taille humaine, sans trop de contraintes de déplacements longs, sans besoin d’organisation complexe, et sans devoir plonger d’emblée dans le bain d’épreuves plus massives qui peuvent faire peur… »
– « Il s’en suit une forme de conviviale émulation de proximité, rassurante et enjouée, des opportunités d’une initiation probante qui peut conduire plus loin. »
– « Les horaires des courses sont prévus compatibles avec une participation familiale ; en effet, les parents comme leurs enfants peuvent courir sur des formats aux horaires décalés, en bénéficiant d’encouragements mutuels. »
« Je n’ai vraiment pas du tout envie d’être Président à vie ! », me lance enfin Guirec avec une conviction amusée. « Il me faut surtout rester disponible pour ma famille qui compte plus que tout. Cette présidence représente une très grosse implication ; j’ai parfois le sentiment d’être un peu trop au four et au moulin. Il convient de trouver un juste équilibre entre travail, famille, et loisirs dont le sport ; préserver une vie personnelle, et ne pas s’épuiser. En tant que traileur, c’est jouable ; en tant qu’organisateur de trail, beaucoup moins. J’aspire à ce qu’à terme, je puisse passer le relais dans de bonnes conditions, à de bonnes personnes, à moins de trouver à s’entendre au mieux sur un mode de fonctionnement moins chronophage… Peut-être conviendra-t-il de fusionner finalement les 2 assos « Courir à Trémuson » et « TDM » pour en revenir à une seule entité qui permette de mutualiser les moyens matériels et humains ? »

Le TDM, modèle d’un sport de proximité réussi, mais un modèle économique local non assuré…
Après l’ère du foot dominant, la transition sportive dans le trail reste encore quelque peu aléatoire, et dépend du soutien des politiques sportives locales. Nombre de communes françaises ont déjà pris la mesure d’un essor de la course à pied issue du terrain, en faisant des leviers sociétaux prometteurs (insertion des jeunes, santé publique, réduction des tensions urbaines, etc.), sans compter les enjeux économiques. Les valeurs passées du tout-puissant football sont un peu entachées par les salaires faramineux des élites, un modèle économique de plus en plus douteux, des tensions de terrains, des remous au niveau des plus hautes instances, un décalage entre la pratique réelle et le vécu du jeu chez les supporters… Nombre de régions apportent déjà un soutien institutionnel fort à l’essor de la course à pied, à l’évidence plus vertueuse. Le néo-réunionnais de Trémuson, Stephen Dion, peut en témoigner : de tous bords politiques, les 24 communes de La Réunion, font figures de proue ; la maire de la capitale Saint-Denis, Éricka Bareigts (ex Ministre des Outre-mer), outre sa mise en place d’un singulier « Dispositif Seniors » qui ouvre quasi gratuitement à toutes les disciplines sportives (de la marche nordique au golf, en passant par le tai-chi, les sports d’eau, etc.), œuvre très activement aussi à la pratique du sport par la jeunesse ; discutant longuement avec elle à l’accueil des héros internationaux du dernier Ultra-Terrestre 227 km by UTOI, j’ai pris plus encore la mesure de son intérêt majeur pour le trail. Les Côtes d’Armor, d’où vient un gros bastion de traileurs sur La Diagonale des Fous, connaissent paradoxalement une situation mitigée dans le soutien institutionnel du trail. Certaines mairies proposent carrément des courses toutes municipales, quand d’autres restent sur la touche du foot… C’est encore, pour l’instant, plutôt le cas de Trémuson qui dispose pourtant d’un spot très privilégié avec ses vallées et vieilles sentes bocagères, ainsi que d’une volonté locale d’exception avec les 2 jeunes assos de courses à pied hyper impliquées ; une ancienne initiative d’indication de circuits pédestres est tombée en déshérence ; et c’est par des initiatives privées que des sentes sont débroussaillées. Il faudra compter sur la relève de la jeunesse pour installer durablement et structurellement le trail ; des communes environnantes ont des clubs d’athlétisme pour initier les enfants : SBA St Brieuc, TLA Trégueux, AL Ploufragan Athlétisme de même code postal, sans pourtant avoir les atouts pédagogiques du trail sur Trémuson… Un maître d’école est parti à la retraite, qui en avait pleinement conscience en exploitant cet environnement au bénéfice des élèves. J’ai pu discuter avec parents et enfants qui, délaissant leurs portables, font état de leur bonheur, inspirés par ce maître, à pratiquer dans les vallées une forme de « scoutisme laïque » ; une bonne base pour le trail… Ça reste des initiatives individuelles. Guirec a su établir une solide passerelle avec l’école de Trémuson, sur la base des formats pour enfants (« Trail de Minots », 1.5 km, pour nés en 2016 et 17, et « Course des Minots », 750 m, pour nés entre 2018 et 20) ; en marge de la socialisation par les « sports co » dont le foot, les vallées de Trémuson offrent de fort belles et rares opportunités pour des projets pédagogiques transdisciplinaires (dont EPS, SVT, Histoire-Géo, Land Art, etc.) et partenariaux, favorisant une éducation à l’environnement ; permettant des reconnexions salutaires à la nature, – occasions de pauses numériques, d’acquérir d’importants compléments à la culture urbaine – ; associant le poétique au prosaïque. Les sympathiques gaziers du TDM en ont ouvert la voie… Mais rien n’est acquis. Comme si le foot et le trail semblaient se jouer l’un de l’autre, l’Espagne vient de gagner la coupe du monde de foot, au moment même où le plus grand traileur de la planète, l’espagnol Kilian Jornet, met un genou à terre… Il conviendra que les 2 disciplines sportives trouvent respectivement leurs meilleures places dans un bon équilibre, par des pratiques saines, bien encadrées et soutenues avec discernement. Guirec et l’asso TDM y ont sacrément donné ; les fondations sont là, construites solidement avec célérité ; le monument a pris de l’ampleur ! Il faudrait des moyens, des soutiens, pour accompagner au mieux la suite.

Foot et Trail, 2 grands collectifs à l’oeuvre dans une dynamique de politique sportive opérante
Le futur se dessine par les parcours de trail entre les stades… Le TDM relie, – ralliant tous les sportifs – celui de Tirel jadis dédié au foot, où sont donnés les départs et où sont jugées les arrivées des courses. Le département des Côtes d’Armor se distingue tant dans le foot par la grande histoire atypique d’En avant Guingamp (vainqueur de la Coupe Intertoto en 1996, celles de France 2009 – en ligue 2 ! – et 2014), que dans le trail, car non seulement de nombreuses pointures locales ont brillé loin, sur la Diagonale des Fous, mais, juste devant celui de La Réunion, le calendrier costarmoricain est le plus fourni en trails, de tous ceux de France ! Y est donné l’exemple d’une parfaite cohabitation Trail/Foot ; il ne s’agit donc aucunement d’y opposer les 2 disciplines ; entraînement foncier et jeux s’articulent au mieux. Au plan national, le Mont-blanc arbitre l’endurance en ultra-trail, haut lieu du hors stade, cependant que l’arbitre du terrain de foot circonscrit au stade, anime le jeu d’une intense résistance. Les deux disciplines ont une histoire, une dynamique, un modèle économique, et une pratique, bien différents à leurs bases ; mais ils finissent par se rejoindre aujourd’hui dans la formation de collectifs sportifs, ayant une interaction selon le bel exemple de terrain sur Trémuson… Le trail devient même, en marge du foot, une autre forme de collectif autrement plus populaire, encore moins tourné vers le spectacle – le live UTMB remplit moins les canapés et bars qu’un grand match de foot…-, et sollicitant l’engagement citoyen de tous, (des bénévoles aux coureurs en passant par tous les acteurs autour de l’orga). Il constitue un mouvement d’intérêt sociopolitique dont ont pris conscience la plupart des diverses instances publiques. Force est en effet de constater que le trail n’est plus un sport individuel, – des Teams structurées, à toute la « communauté trail », en passant par un caléidoscope de groupes et liens divers – mais constitue un collectif participatif, inclusif, cohérent, et plutôt sain. Dans « Sport Power – Le sport : nouvel atout géopolitique pour les villes françaises ? », éditions Autrement, 2024, Lukas Albin pose les enjeux du développement par les instances municipales, des villages aux cités, d’un « soft power » sportif. Sur La Réunion, notre capitale en particulier, et toutes les communes lui emboîtant fortement le pas – nous ne pouvons rester sur la touche avec une population jeune et croissante -, font désormais beaucoup pour donner une place de plus en plus importante au trail parmi toutes les autres activités culturelles et sportives. Nul doute que Trémuson saura à terme valoriser, relayer de façon affirmée et pérenne, l’immense travail fait – reconnu par de grands traileurs comme l’élite Beñat, et tant d’autres – par Guirec Le Chevanton et son équipe, en faveur d’une pratique positive d’un trail qui donne à la commune un sacré supplément d’âme en reliant son passé de travailleurs de la terre avec un destin tertiaire périurbain. Grand Bravo à Guirec et son équipe – on doit mesurer à quel point ils sont sacrément allés au charbon pour monter ce monumental modèle abouti de la course nature ! – d’avoir fait du TDM un imposant phare local du trail – contre-pied radical à l’univers historique sombre des Mines ! -, comme à tous ces lumineux coureurs qui leur font massivement confiance sans craindre le moindre écueil, et à juste titre… Vive le Trail de Mines by Trémuson, le 13 septembre 2026 ! Il n’est pas que Stephen Dion, Arnaud Moisan, etc., Mireille Vélia et moi – nous ferons la veille le 1er « Trail des Chouchous », 26 km et 1 480 m D+, en solidarité -, à en rêver depuis La Réunion ! Clin d’œil à l’illustre Kymaï Martin, un habitué de notre Diag’, qui va encore mettre l’ambiance, avec toujours des surprises de folie, sur le TDM… « Le plaisir avant tout !», conclut Guirec.

Si le TDM est réputé très animé par sa Fan Zone et l’accueil convivial par les bénévoles, outre la couverture de presse, il trouve aussi des échos dans les radios COB’FM (avec Gael le Manhec) https://cobfmpodcast.fr/2026/09/08/acds-4-01-lemission-du-07-09-2026 , et Radio Activ’ (avec Yao Bandeira, qui courra cette 6ème édition).

Texte et photos de Daniel Guyot

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Daniel Guyot
Daniel Guyot est le recordman absolu en termes de Diagonales achevées. En trente ans de grandes traversées depuis la Marche des Cimes, il est le trailer le plus assidu. A 60 ans, Daniel Guyot aura passé la moitié de son existence à courir après celle qui affole son palpitant depuis trois décennies. Une certaine Dame Diagonale. L'histoire de La Réunion étant intimement liée à celle de la Bretagne depuis les origines, il n'est finalement pas si étonnant que ça qu'un Breton le soit également à celles du Grand Raid.

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