Formé chez lui à La Réunion, Yoël Armougom a rejoint le Stade Malherbe Caen à l’été 2016 après un essai d’un mois chez les « rouge et bleu ». Quatre ans plus tard, il fait partie des plus anciens de l’effectif professionnel avec Adama Mbengue et Jessy Deminguet.

  • La Réunion dans la peau 

« Je suis né à Saint-Denis, la capitale de La Réunion. Mes origines comptent beaucoup pour moi, j’ai vécu là-bas jusqu’à mes 17 ans et il y a encore toute ma famille. Nous sommes très famille et on profite beaucoup des choses de la vie, les repas durent longtemps et les Réunionnais aiment faire la fête. Il y a des joueurs qui ont eu des opportunités en métropole mais qui n’ont jamais réussi à se faire au style de vie, moi j’ai su faire des concessions. »

  • L’idole Ronaldinho

« Comme beaucoup de joueurs de mon âge, on se souvient surtout des Brésiliens. Moi celui qui m’a fait aimer le football c’est Ronaldinho. Après il y a des joueurs avec qui j’ai évolué à La Réunion qui ont participé à mon évolution comme Jérémy Anilha. Ce sont de bons joueurs qui n’ont pas spécialement percé mais qui ont su me donner les bons conseils pour faire du football mon métier. »

  • La désillusion à 15 ans

« J’ai commencé le football assez tard, je devais avoir 10 ans, c’est un ami de mon père qui lui a conseillé de m’inscrire dans le petit club du coin. Puis j’ai vite intégré le pôle espoir en 4e et 3e, beaucoup de joueurs ont eu des opportunités sauf moi et là j’ai vécu une année assez compliquée. Je suis retourné au lycée sur une schéma plus classique, je savais que j’avais le niveau mais je n’ai pas eu la chance de partir. »

  • Plusieurs essais en Europe à 17 ans 

« Mon père ne m’a jamais lâché, je savais que je voulais faire du football mon métier. C’est à ce moment qu’on a pris la décision d’aller faire des essais en métropole. J’ai eu l’opportunité d’en faire à Rennes, Nantes, Troyes mais aussi au Celtic Glasgow. C’est une expérience qui m’a beaucoup servi pour la suite, ce sont des méthodes de travail différentes selon les clubs mais ça a été un vrai déclic sur ma volonté de devenir footballeur. »

  • « Ne jamais rien lâcher »

« L’abnégation résume parfaitement ma carrière. Je n’ai jamais rien lâché alors que personne n’a crû en moi à la sortie du pôle espoirs mais avec du recul je pense que ça m’a servi. Aujourd’hui je suis le seul de cette génération à faire carrière et je le dois qu’à moi. Je me suis donné les moyens pour réussir, je voulais montrer à ma famille de quoi j’étais capable. C’est aussi grâce au Stade Malherbe Caen qui m’a donné une chance. »

  • Un contrat amateur pour débuter

« J’ai fait un essai d’un mois avec les U19 de Franck Dechaume à l’époque. J’ai sauté sur l’occasion quand le club m’a rappelé même si c’était un contrat amateur au départ. Six mois après, le club m’a donné l’occasion de signer un contrat stagiaire et j’ai pu évoluer en équipe réserve avec Grégory Proment. Ça a été assez vite puisqu’en 2016 je signais mon contrat amateur, en 2017 mon contrat stagiaire et en 2018 mon premier contrat professionnel. »

  • En professionnel du jour au lendemain 

« Je m’en souviens comme si c’était hier. Un jour le coach fait appel à moi à l’entraînement et il me fait comprendre qu’il faut que je me prépare puisque le lendemain je suis dans le groupe. Rémy Vercoutre m’avait dit « mange des pâtes petit et dors tôt », il devait savoir que j’allais être titulaire, c’était en Coupe de la Ligue à Lorient. Trois jours plus tard on joue contre Troyes en championnat et je suis entré en fin de rencontre. Un an et demi plus tôt, j’étais encore à La Réunion »

  • La famille, la famille, la famille…

« Je retourne à La Réunion dès que je peux. Le lendemain du dernier match de la saison, je suis déjà dans l’avion. Ma copine est aussi Réunionnaise et la famille c’est aussi important pour elle que pour moi. Dans la vie il faut toujours avoir des piliers, c’est très important. Je suis loin de mes parents et le fait d’avoir ma copine avec moi au quotidien c’est primordial. J’estime qu’il faut être bien mentalement pour être performant sur le terrain. »

  • Papa champion de France

« Mon père vient de l’athlétisme, il est Champion de France de triple saut. J’avais cette fibre-là de courir et me dépenser, je le suivais partout où il allait quand j’étais gamin. Il est venu très tôt en France pour sa carrière en étant à l’INSEP, donc ce que je peux vivre aujourd’hui, lui l’a traversé aussi. Ça me permet de garder une ligne de conduite et un certain professionnalisme, je n’hésite pas à lui demander des conseils sur la préparation physique, c’est son métier aujourd’hui.

  • L’échappatoire des jeux vidéos

« Quand j’ai eu mon premier appartement, je me suis acheté une console de jeu et ça me permet de penser à autre chose que le football. Ça me permet de pouvoir jouer avec mes amis qui sont à La Réunion. On partage cette passion avec les gars du groupe comme Jessy Deminguet, Steeve Yago ou encore Nicholas Gioacchini. Je joue aussi beaucoup avec Florian Thauvin qui comme moi est un fan de Fortnite. »

Source : Smcaen
Photo Pierre Marchal

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