Les jeux olympiques 2020, qui se sont clôturés hier, ont démontré le formidable potentiel du sport Réunionnais. Trois médailles au total, dans des disciplines comme le volley, le handball ou le cyclisme. Le signe que notre département est grand pourvoyeur de sportifs de haut niveau, et pas seulement concernant le ballon rond. Cinq si l’on compte le rugby et le judo avec des Réunionnais n’ayant jamais ou très peu séjourné sur notre île.Phénomène à relativiser toutefois, car ces athlètes, aussi méritants soient-ils, ont quitté la Réunion il y a déjà quelques années.

Même si cela ne concerne pas les JO 2020, posons-nous une question simple pour clarifier le contexte : Dimitri Payet (encore étincelant ce dimanche face à Montpellier) aurait-il pu atteindre ce niveau en restant à L’Excelsior de Saint Joseph toute sa carrière ? Evidemment non, et personne ne le conteste. Bien sûr, les éducateurs réunionnais ont joué un grand rôle dans son éclosion, et une grande partie du mérite leur revient. Simplement, le diamant brut qu’était Dimitri a été poli à la Jonelière de Nantes.
C’est un peu le même schéma pour nos athlètes péi, qui nous rendent si fières au sortir de ces Jeux Olympiques.

Prenons l’exemple de Donavan Grondin. Pour ses premiers JO en cyclisme par équipe, le jeune réunionnais de 20 ans a décroché le bronze au terme d’une performance pleine de courage sur « l’Américaine ».
Oui mais voilà, le Saint-Leusien, après un passage par le CC Saint-Louis et ses brillants éducateurs, a très vite quitté son Ile natale pour le Pôle de Bourges en 2015. Il fait aujourd’hui le bonheur d’Arkéa-Samsic en Bretagne.

A 25 ans, Stephen Boyer est originaire du quartier de Saint-François à Saint-Denis. Lors de ces JO, il a décroché l’or avec l’Equipe de France de Volley. Même s’il a peu joué lors de la finale face à la Russie (3-2), c’est clairement l’un des plus talentueux chez les Bleus.
Stephen Boyer a débuté au Saint-Denis Olympique Volleyball connu pour la qualité de sa formation. A 15 ans, il a pris son envol pour le SA Mérignac et joue aujourd’hui au Qatar (AL-Arabi SC Doha).

Melvyn Richardson, dont on ne présente plus le papa, n’a lui jamais été licencié dans un club Réunionnais. Le handballeur de 24 ans est né dans les Bouches du Rhône, et a été formé à Chambéry. Il a lui aussi décroché l’or à Tokyo.
On retiendra sa Master Class en début de tournoi face à l’Argentine. On regrettera, en revanche, sans non-participation à la finale face au Danemark.

Tous ces athlètes (et nous n’oublions surtout pas Fanny Horta, Caroline Drouin ni Guillaume Chaine) font notre fierté et mettent la Réunion en l’er. Pour autant, n’est-ce pas un peu présomptueux que de parler de « succès pei » quand la plupart n’ont pas ou que très peu fait leurs classes sur notre Ile ? Bien sûr, il faut saluer l’énorme travail de nos dirigeants locaux pour la plupart bénévoles, qui donnent de leur temps pour permettre à ces jeunes talents d’exploser au plus haut niveau international. Evidemment, sans la Réunion, sans les Antilles, sans la Guyane, le sport français ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Mais l’ascension fulgurante de nos champions montre qu’un départ est salutaire, et qu’il est souvent le Sésame indispensable vers le succès.

Texte: Kevin Payet
Photo: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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