Au collège de Trois-Bassins, l’atelier pédagogique « prévention, violence et harcèlement » rencontre un franc succès. Autour de Cédric Certenais, professeur d’EPS, des élèves apprennent, notamment, quelques bases du MMA (Mixed Martial Arts) tourné vers la self-défense et le respect mutuel. Enrichissant.

Salut et respect. Six élèves de 6e du collège de Trois-Bassins entament la dernière séance de l’année scolaire au sein de l’atelier « prévention, violence et harcèlement » animé depuis plus d’un an par Cédric Certenais, professeur d’EPS depuis une dizaine d’années au sein de ce petit établissement des hauts de l’Ouest et titulaire d’un brevet d’Etat 2e degré de judo et jiu-jitsu.

La particularité de cet atelier bi-hebdomadaire?  L’enseignement dispensé. Passé les quelques exercices d’assouplissement initiaux empruntés au yoga, les marmailles enfilent rapidement les mitaines propres au MMA (Mixed Martial Arts), toujours interdit de compétition en France mais désormais décliné à un public toujours plus nombreux par des éducateurs certifiés. Et entament des percussions (uppercuts, directs, crochets…), des projections et des soumissions (clés de bras,…) empruntées à des disciplines aussi variées  que la boxe anglaise, la lutte, le jiu-jitsu ou le pancrace.

Cédric Certenais répète à l’envi ses consignes. Afin que ses élèves, pas forcément en échec scolaire mais souvent un peu « turbulents », les « impriment ». « Un, je m’assoie à côté de son épaule ; deux, je capte son coude à l’intérieur de mes genoux serrés ; trois, je veille à ce que son pouce pointe vers le haut. » Par ateliers de deux, les collégiens répètent les gammes. « Nous poursuivons une cohérence éducative, analyse le prof d’EPS. Tout d’abord, l’objectif est d’agir dans le respect des lois et des personnes. Ensuite, on essaie, par ces exercices de self-défense, de donner les outils pour réagir efficacement en face d’une situation de stress physique ou psychologique. Tout en sachant évaluer la dangerosité et l’urgence de cette situation. »

Au final, l’objectif est de « pacifier l’espace scolaire » – qui n’est toutefois pas spécialement anxiogène à Trois-Bassins–-, de recréer du lien social, lutter contre les incivilités, diminuer les tensions, gérer les conflits et restaurer l’estime de soi. « Lorsque Cédric m’a proposé cet atelier, j’ai aussitôt approuvé, explique Serge Borderes, principal du collège. D’abord parce que c’était Cédric, une personne en qui j’ai une totale confiance. Ensuite parce que son approche de la gestion de la violence m’intéressait. L’atelier s’applique à deux types d’élèves, ceux qui sont en décrochage ou qui manifestent des signes de véhémence trop marqués, et ceux qui, au contraire, sont trop timides, trop introvertis. »

Canaliser les premiers, rendre confiance aux seconds, tels sont les buts de cet atelier. « Nous allons effectuer un premier bilan après un peu plus d’une année scolaire d’expérimentation, termine Serge Borderes. J’aimerais en tout cas que l’équipe pédagogique poursuive dans cette voie. » A voir l’entrain et l’implication que les marmailles montrent lors de ces intercours, il n’est guère permis d’en douter.

Texte: Jean Baptiste Cadet
Photos: Pierre Marchal

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Installé à la Réunion depuis 28 ans. Après avoir exercé onze ans comme journaliste au Quotidien de la Réunion, puis fondateur d’une agence photographique MozaikImages regroupant 95 auteurs dans l’océan Indien mais aussi au Japon et en Australie, Pierre Marchal a opté en 2005 pour une activité free lance lui permettant de se consacrer à son sujet de prédilection : l’être humain.

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